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Courants parasites : un prototype embarqué sur vache laitière permet de mesurer en continu les courants perçus par l’animal

Les méthodes actuelles de diagnostic électrique, en élevage, ne permettent des mesures qu’à un instant t. C’est pourquoi un groupe de travail a mis en place un prototype pour enregistrer les courants reçus par les vaches laitières en continu.

<em class="placeholder">vache équipée pour mesure de courant électrique continu</em>
Ce test relève du niveau 3 du diagnostic électrique : « Équiper les animaux est un travail conséquent et encore très coûteux, qui n’est adapté qu’aux élevages pour lesquels les mesures antérieures n’ont pas apporté de solution », prévient Philippe Roussel.
© P. Roussel

Comment mesurer les courants électriques en continu sur les animaux ? C’est la question à laquelle les instituts techniques essaient de répondre. Depuis 2022, Idele, le Cniel, l’Université de Limoges, l’institut de recherche Xlim, sous l’égide de la Confédération nationale de l’élevage, ont pensé et réalisé un prototype embarqué sur vache laitière qui permet de mesurer en continu les courants perçus par l’animal. Le test est réalisé à la ferme expérimentale des Trinottières, dans les Pays de la Loire.

« Il s’agit d’un boîtier placé sur la vache, relié à des électrodes pour mesurer le courant continu. Une bobine, elle aussi reliée au boîtier, capte le courant alternatif. Le boîtier nous permet de récupérer les informations : nous pouvons dire à la microseconde quel type de courant reçoit la vache et à quel endroit de l’exploitation, car le boîtier est équipé d’un GPS », décrit Philippe Roussel, d’Idele.

« Nous récupérons des courbes de courants : nous voyons quand l’animal passe à proximité d’une clôture ou entre dans la salle de traite par exemple. Nous repérons les pics de courant électrique. » La suite du travail consistera à relier ces informations avec les événements observés en élevage. « Nous manquons de données sur les seuils de sensibilité des animaux : nous observons des choses mais nous ne savons pas dire si c’est un problème pour les animaux ou pas. » Car, rappelle Philippe Roussel, « il n’existe pas de comportements spécifiques des animaux liés à des problèmes d’exposition à des courants parasites ».

« Ce n’est pas un test de routine »

Ce test relève du niveau 3 du diagnostic électrique : « Ce n’est pas quelque chose que l’on utilisera en routine. Équiper les animaux est un travail conséquent et encore très coûteux, qui n’est adapté qu’aux élevages pour lesquels les mesures antérieures n’ont pas apporté de solution. »

Toujours pas de lien scientifique entre les comportements anormaux et les courants parasites

En parallèle, un étudiant de l’Université de Caen a rédigé un mémoire sur l’identification des troubles comportementaux en élevages bovins laitiers causés par les courants parasites. Il s’est appuyé sur la littérature professionnelle et scientifique pour construire un éthogramme identifiant les comportements anormaux revenant le plus souvent en cas de suspicion de courants parasites. Il a ensuite réalisé une série d’observations – dans une douzaine d’élevages, dans la salle de traite, aux abreuvoirs, dans l’aire de couchage – sur des animaux dont les comportements anormaux sont avérés, avec ou sans suspicion de courants parasites. Des entretiens ont été conduits avec des éleveurs.

Les résultats terrain n’ont cependant pas permis de se prononcer sur des différences significatives entre des élevages soumis à des courants parasites, ou non. Et de conclure : « On ne peut donc pas affirmer que les comportements anormaux observés sont provoqués et/ou amplifiés par les courants parasites ». L’étude rappelle tout de même l’existence de biais dans les travaux de recherche, notamment le faible nombre d’élevages et de données.

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