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« Chez Maïsadour, nous avons un programme de soutien ambitieux de 7,5 millions d’euros pour la filière volailles»

Daniel Peyraube, président de la coopérative Maïsadour revient sur la stratégie de relance de la filière volailles dans le Sud-Ouest. 

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Daniel Peyraube, président de Maïsadour.
© E. Le Corre

Pourquoi un plan de relance pour produire 8 millions de volailles dans trois ans ?

Notre filière volailles compte presque 700 éleveurs. Majoritairement, nous produisons du label mais nous avons un abattoir très moderne dans le Gers pour le poulet du quotidien. Il y a un public pour ce segment de marché. Mais depuis le covid, l’inflation sur le coût des bâtiments neuf est très importante. Un bâtiment de 400 m² neuf qui valait 80 000 à 90 000 euros, aujourd’hui vaut 150 000 euros, et une cabane mobile à 8 000 à 9 000 euros, est passée entre 12 000 et 14 000 euros. Nous avons identifié qu’il fallait accompagner les producteurs pour pouvoir supporter cette augmentation. Le plan a été lancé il y a un an, et s’est accéléré il y a trois, quatre mois.

Quels soutiens proposez-vous à vos éleveurs ?

Nous avons mis en place un programme d’investissement ambitieux de 7,5 millions d’euros sur trois ans pour accompagner la création de bâtiments. Par exemple, cela permet de diviser par deux le coût d’un bâtiment mobile et représente un apport de 60 000 euros pour un bâtiment de 400 m² Label rouge. Sur un 1350 m², cela peut aller jusqu’à 250 000 euros d’aides. Avec ce type de bâtiment, il est produit du poulet du quotidien. C’est un apport qui se répartit entre une aide directe à l’installation et une partie étalée sur dix ans. C’est nécessaire pour encourager la création et accompagner les éleveurs. Les banques sont malheureusement plus frileuses aujourd’hui, nous organisons des rendez-vous avec elles et les équipes défendent les projets avec nos adhérents.

À qui s’adresse ce plan de relance ?

Ce plan s’adresse à tous les éleveurs, aussi bien des jeunes que des agriculteurs qui veulent développer leurs activités. Dans le Sud-Ouest, nous sommes très attachés aux valeurs patrimoniales et familiales ! Il y a donc des retours tardifs sur les exploitations et là, il y a de vraies opportunités.

Où en êtes-vous ?

Quelques bâtiments ont vu le jour mais cela démarre. Nous avons demandé aux services de l’État de nous faciliter les démarches administratives, à savoir des réponses rapides sur la faisabilité technique lors de la demande du permis de construire. Il nous faudrait une quinzaine de producteurs en bâtiment standard ; une dizaine en cabane mobile et une petite vingtaine en bâtiment de 400 m².

Quelles autres démarches avez-vous mis en place  ? 

Depuis 2023, nous avons mis en place la démarche « reprise-transmission », rénové des bâtiments et travaillé avec des repreneurs. 37 bâtiments ont déjà été repris. Nous projetons de créer un groupe d’échanges de jeunes femmes adhérentes. Dans le sud-ouest, les femmes sont très présentes dans le milieu agricole, notamment dans l’élevage. Selon moi, il y a un chemin de crête un peu étroit à travailler pour rendre le métier plus accessible et plus intéressant aux femmes. 

Quel est le chiffre d’affaires (CA) de la coopérative et où en est le projet de fusion avec Euralis ? 

Nous avons stabilisé notre chiffre d’affaires après les baisses de production importantes pendant la crise aviaire. Aujourd’hui, le CA est de 1,385 milliards d’euros. Le projet de rapprochement avec Euralis est de créer une coopérative dans le Sud-Ouest qui répond aux enjeux de changement climatique, de modernité des élevages, de décarbonation et aux attentes des producteurs et du consommateur. Avec son président, nous sommes habités par la même ambition pour le territoire. Là, nous sommes en attente de la réponse de l’Autorité de la concurrence. Dès que nous aurons l’accord, au 1er semestre 2026 je pense, nous pourrons construire le schéma et rapidement avancer pour un rapprochement courant 2026. Cela fait un an que nous travaillons sur le projet pour optimiser l’organisation des circuits de collecte, de distribution d’aliments, d’intervention des techniciens… On renforce et on conforte ainsi notre modèle de filières de production végétal et animal. 

Propos recueillis par E. Le Corre

Curriculum

Administrateur de la coopérative Maïsadour depuis 2013, Daniel Peyraube, 54 ans, a pris la présidence du conseil d’administration en 2022. Installé avec sa fille et un salarié, il élève des poulets et des canards à Castaignos- Souslens dans les Landes. L’exploitation produit du maïs (alimentation et semence).

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