Aller au contenu principal

Un demi-million d’emplois grâce à l’élevage de ruminants

Porteurs de sens et ancrés dans les territoires, les métiers de l’élevage de ruminants peinent pourtant à attirer. Un enjeu crucial pour assurer la relève et maintenir l’emploi dans la filière.

En 2020, l’élevage de ruminants représentait près de 500 000 équivalents temps plein (ETP), en incluant les emplois directs sur les fermes et les emplois indirects liés aux activités en amont et en aval. Mais cette force de travail est aujourd’hui fragilisée. D’ici 2027, la moitié des éleveurs en activité en 2018 auront pris leur retraite, sans que les nouvelles installations ne suffisent à compenser ces départs. Entre 2010 et 2020, les exploitations avec atelier d’élevage de ruminants ont reculé de 24 %, contre seulement 9 % pour les fermes sans herbivores. Sur la même période, les ETP en élevage ont chuté de 20 %.

Un secteur qui peine à séduire

Travailler en élevage, c’est exercer un métier porteur de sens, en lien avec la nature, les animaux et rythmé par les saisons. Autant d’éléments qui sont sources de vocations. Mais sur le terrain, la réalité peut vite refroidir : faible reconnaissance, revenus modestes, conditions de travail exigeantes, parcours d’installation long et coûteux. Autant de freins à l’attractivité du métier.

Les femmes restent peu présentes dans le secteur, avec seulement 5,6 % des filles d’agriculteurs qui choisissent de devenir agricultrices. Certaines filières montrent toutefois des dynamiques plus encourageantes. En caprin fromager par exemple, la parité est atteinte chez les nouveaux installés.

L’attractivité varie aussi selon les productions. Les taux de remplacement sont bien meilleurs en caprin (106 %) qu’en bovin lait (45 %). Le caprin est plus accessible pour les porteurs de projets hors cadre familial – animaux de plus petite taille, investissements plus légers. Mais ces profils, souvent en reconversion, doivent surmonter de nombreux freins – difficulté à trouver un stage, accéder aux financements – qui peuvent fragiliser leur parcours et conduire à des carrières plus courtes.

Un vivier d’emplois salariés à valoriser

Face au manque de main-d’œuvre, les exploitations cherchent de plus en plus de salariés. Ces dix dernières années, le recours aux salariés permanents et occasionnels a augmenté. Cependant, l’emploi familial reste dominant et les éleveurs peinent à recruter, faut de moyens financiers suffisants pour offrir des salaires attractifs et face la concurrence d’autres secteurs. La sous-traitance et le salariat partagé (groupements d’employeurs, services de remplacement, Cuma) se développent et contribuent à l’effort.

Le secteur attire pourtant une main-d’œuvre jeune, avec 43 % des salariés en élevage âgés de 30 ans ou moins. Le salariat peut aussi être un tremplin vers l’installation, puisque 6,9 % des salariés et 15 % des apprentis en poste en 2010 se sont installés depuis. Les porteurs de projet hors cadre familial, en quête de sens ou de reconversion, y trouvent aussi un point d’entrée. Depuis 2010, ils représentent 28 % des installations en élevage, et même plus de 50 % en caprin fromager.

Une filière qui fait vivre les territoires

Dans les zones d’élevage (montagnes, zones défavorisées etc.) où les opportunités d’emplois sont plus faibles qu’en milieu urbain ou touristique, l’élevage joue un rôle clé dans l’économie locale. L’activité des fermes conditionne celle de toute une chaîne en aval (collecte, fromagerie, logistique, services, commerce, formation etc.).

Préserver ces emplois, c’est aussi rendre service à la société. L’élevage fournit des protéines de qualité, entretient les paysages, préserve les savoir-faire et participe au dynamisme des territoires ruraux. Autant de raisons de soutenir et renforcer son attractivité pour garantir son avenir.

Chiffres clés

L’élevage de ruminants correspond à :
37 % des exploitations françaises
43 % des chefs d’exploitations
50 % des ETP familiaux

Côté web

Les services rendus par l’élevage

<em class="placeholder">Fiche sur l&#039;emploi et l&#039;élevage de ruminants</em>

La Confédération nationale de l’élevage a mis en ligne 22 fiches présentant les services rendus par l’élevage ruminant sur cne-elevagesruminants.fr.

Les plus lus

Chèvres du Rove en Paca
Chèvre du Rove : les éleveurs appelés à participer au recensement 2026
Afin de suivre l’évolution des effectifs de la chèvre du Rove et de préserver sa diversité génétique, un nouveau recensement des…
<em class="placeholder">Camille Planson présente l&#039;application Ubiq devant ses chèvres</em>
Avec Ubiq, les données des chèvres sur son Smartphone
En Vendée, Camille Planson et Juliette Herbreteau ont testé la nouvelle application mobile des contrôles laitiers caprins. En…
<em class="placeholder">Gardiennage des chèvres</em>
Au Petit Jabron, des banons à partir des parcours et des chèvres provençales
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Gaec Le Petit Jabron élève 270 chèvres en système pastoral pour fabriquer du banon et d’…
Chien de protection au milieu des chèvres
Des outils pour sensibiliser au partage de l'espace pastoral
Pasto Kézako propose des contenus libre d'accès pour accompagner la cohabitation entre activités de loisirs et pastoralisme.
<em class="placeholder">Séchoir à foin</em>
En Saône-et-Loire, le petit séchoir qui booste la qualité du foin
Même si Jean-François Bouillot privilégie le pâturage, son séchoir à foin change la donne pour l’alimentation des 50 chèvres. Ce…
<em class="placeholder">Séchage en grange</em>
Sécuriser la qualité avec le foin ventilé
Face aux aléas climatiques qui peuvent compliquer la fenaison, le séchage en grange offre une alternative pour produire un foin…
Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 86,70€/an TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Réussir Chèvre
Consultez les revues Réussir Chèvre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Chèvre