Trois phases de séchage pour faire du foin
L’herbe coupée va rapidement perdre son eau les premiers jours puis le séchage va ralentir. Soleil, interventions raisonnées et aération permettent d’optimiser l’évaporation de l’eau pour faire un foin sec.
L’herbe coupée va rapidement perdre son eau les premiers jours puis le séchage va ralentir. Soleil, interventions raisonnées et aération permettent d’optimiser l’évaporation de l’eau pour faire un foin sec.
L’objectif du séchage est d’atteindre, en un minimum de temps, 85 % de matière sèche (MS) pour faire du foin. Selon le rendement et les conditions météorologiques, il faut entre trois à six jours pour faire un bon foin.
1 - Séchage rapide après la fauche
Durant la première phase de séchage, qui permet de passer de 20 % de MS environ lors de la fauche à 45-50 % MS, la perte d’eau est très rapide et se fait essentiellement via les stomates des feuilles encore ouverts. Ces stomates sont les organes où s’effectuent les échanges gazeux avec l’atmosphère. Parmi ces gaz, on retrouve la vapeur d’eau. Faucher le fourrage dès la disparition de la rosée permet de profiter d’une exposition maximale aux rayons du soleil dès le premier jour.
Pour tirer profit au maximum de cette phase rapide, il importe de répartir le fourrage sur une surface importante grâce à des faucheuses rotatives classiques à plat ou conditionneuses munies de système d’éparpillement large. En cas d’utilisation de faucheuses conditionneuses laissant un andain étroit, le fanage sitôt après la fauche permet de maximiser la surface d’exposition.
2- Moins de perte d’eau par les tiges
La dessiccation ralentit durant la deuxième phase de séchage où l’on passe progressivement de 45-50 % de MS à 65-70 %. Les stomates des feuilles étant fermés, l’eau doit maintenant traverser la cuticule cireuse pour s’évaporer des feuilles. L’eau contenue dans les tiges est également difficile à évacuer car elle doit traverser des tissus épais qui freinent son évaporation. C’est à partir de 40-45 % MS que l’effet positif du conditionnement (rouleaux ou fléaux) s’exerce. En ayant plié, écrasé et frotté les tiges, le conditionnement facilite l’évacuation de l’eau. En fin de deuxième phase, l’aération du fourrage permet de faire circuler l’air et accélère le séchage.
En séchant 1,5 à 2 fois plus vite que les tiges, les feuilles de légumineuses deviennent cassantes. Il est alors primordial de positionner les interventions mécaniques (fanage, andainage) lors de période de réhumification par la rosée (matin ou soir).
3 - Aérer les andains
La vitesse de dessiccation lors de la troisième phase est la plus lente et dépend de l’aération de l’andain ainsi que de l’éventuel conditionnement lors de la fauche. L’eau résiduelle est retenue dans la plante par des forces dites hygroscopiques où les sucres et les protéines retiennent l’eau. Par ailleurs, lorsque le sol est humide, il peut réhumidifier le fourrage par le dessous. En ayant respecté une hauteur de fauche d’au moins six- sept centimètres, l’andainage permet alors de regrouper le fourrage pour l’aérer et l’isoler du sol. Si les conditions de séchage sont peu favorables, privilégier le pré-andainage en constituant d’abord les petits andains et en les regroupant au dernier moment avant le pressage.
Faner pour optimiser le séchage du fourrage
Le fanage est à optimiser en fonction de la quantité de fourrage fauché et des conditions météorologiques. Il peut s’avérer inutile en cas de rendements faibles et avec des conditions de séchage du foin excellentes. Dans les autres situations, le fanage doit intervenir dès lors qu’il existe une différence notable de teneur en MS entre le haut de la couche de fourrage et celui proche du sol. Son rôle est d’accélérer et d’homogénéiser la teneur en matière sèche du fourrage.