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Réussir son désaisonnement lumineux

Le traitement lumineux est un bon moyen pour induire une activité sexuelle et une production à contre-saison. Sa réussite nécessite un minimum de rigueur dans la mise en œuvre du programme.

Les boucs aussi sont saisonnés et doivent subir les traitements lumineux pour entrer en activité sexuelle à contre-saison © D. Hardy
Les boucs aussi sont saisonnés et doivent subir les traitements lumineux pour entrer en activité sexuelle à contre-saison
© D. Hardy

L’activité sexuelle des chèvres est liée à la photopériode : la glande pinéale secrète la nuit de la mélatonine. Plus la nuit est longue, plus la sécrétion de mélatonine est importante et c’est ce qui induit l’entrée en activité sexuelle. Les programmes lumineux conçus pour induire une activité sexuelle hors saison consistent donc à simuler, par un éclairage artificiel, l’alternance de jours longs puis courts. Les programmes lumineux classiques alternent 90 jours longs et 60 jours courts. Une certaine rigueur est nécessaire pour assurer la réussite de sa reproduction.

Respecter la durée et l’intensité de l’éclairage

En jours longs, la durée préconisée est de 16 heures de lumière, continue ou sous formes de flashs. Le respect de cette durée est important afin de bien simuler auprès de la chèvre un jour long et diminuer sa sécrétion de mélatonine. Par contre, inutile de dépasser cette durée et un jour long de plus de 16 heures sera moins efficace. L’intensité, préconisée de 200 lux au niveau des yeux de l’animal est tout aussi importante. « Plus on s’éloigne de cette intensité, plus on prend le risque que certains animaux ne la perçoivent pas, chaque individu ayant une réaction qui lui est propre » explique Alice Fatet, de l’Inra.

Simuler de vrais jours courts

La durée idéale d’éclairage en jour court serait de huit heures seulement. Concrètement, compte tenu des contraintes des activités à réaliser en élevage, il est difficile de respecter cet idéal. Mais il ne faut absolument pas dépasser douze heures. Attention à bien comptabiliser le temps passé par l’éleveur qui revient le soir repousser le foin, ou la nuit pour surveiller des mises bas. Cela augmente la durée du jour pour l’animal et diminue donc la sécrétion de mélatonine. « Comme les éleveurs se lèvent tous les matins à 6 heures pour traire et reviennent parfois repousser le foin à 22 heures, on a gommé toutes différences entre saisons et beaucoup de troupeaux sont en état photo-réfractaire. Ainsi, certains éleveurs arrivent à les faire entrer en reproduction en août. Mais sans préparation, on n’est jamais à l’abri d’un échec ».

Ne pas confondre jours courts et moins lumineux

Si la durée naturelle du jour additionnée des temps de présence avec lumière en bergerie dépasse douze heures, rien ne sert de chercher à obstruer les fenêtres et ouvertures de la chèvrerie. En effet, il y aura toujours des rais de lumières à passer. De plus, cela peut s’avérer dangereux pour la circulation de l’air. Dans ce cas, la seule solution est de mettre aux chèvres des implants de mélatonine.

Ne pas oublier les boucs

Il ne faut pas oublier que les boucs aussi sont saisonnés et doivent subir les traitements lumineux pour entrer en activité sexuelle à contre-saison. En avance de saison, l’effet bouc pourra être utilisé pour déclencher les chaleurs. À contre-saison, il ne suffira pas à induire l’entrée en activité sexuelle des chèvres mais pourra être utilisé en complément du traitement lumineux pour grouper les chaleurs.

dico

En saison sexuelle (de novembre à février), les femelles présentent des ovulations spontanées cycliques et régulières et des comportements de chaleur. Les chèvres sont vraiment entrées en saison sexuelle quand le troupeau tout entier (plus de 90 % des chèvres) présente des cycles. La période de repos sexuel démarre en avril quand moins de 10 % des chèvres présentent des chaleurs.

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