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Retour sur un Capr’Inov technique, convivial et international

Le salon caprin Capr’Inov de Niort a accueilli toute la filière caprine les 22 et 23 novembre 2023 pour vivre un moment convivial et technique avec du matériel, des rencontres et des partages de connaissances. Retour sur les temps fort de l’édition 2023.

Le salon Capr’Inov a fermé ses portes fin novembre à Niort (Deux-Sèvres) et, une fois de plus, le sourire était sur toutes les lèvres. Selon les organisateurs, 8 000 visiteurs ont pu découvrir les services et produits présentés par les 201 exposants et marques. Après les années Covid-19, c’était le retour des étrangers. Le salon Capr’Inov s’affichait même comme le premier salon mondial de la filière caprine. Avec pas moins de 27 nationalités recensées, le salon et l’expertise caprine française ont su attirer les visiteurs internationaux de tous les continents. Le club international a ainsi pu accueillir des délégations venues de Suisse, Belgique, Canada, Espagne, Pays-Bas, Italie, Autriche, Ukraine, Liban, Israël, Arabie saoudite, Pakistan, Chine, Ouzbékistan, États-Unis, Mexique, Chili et d’ailleurs.

Mais si les visiteurs étaient nombreux, les chèvres étaient, elles, moins nombreuses à cause de la maladie hémorragique épizootique (MHE). Seules quelques chèvres de réforme ont été tolérées par les autorités vétérinaires. « C’est dommage car rien ne remplace la présence d’animaux, notamment pour les présentations génétiques, regrette Samuel Hérault, le président de Capr’Inov. Mais cela nous était impossible de faire prendre des risques aux éleveurs que moi-même je ne prendrais pas sur mon exploitation. »

Des conférences techniques et un focus sur la traite

Lors de l’inauguration, les officiels ont déambulé lentement à travers les 15 000 m² d’exposition, évoquant ici ou là les enjeux de l’installation, de l’alimentation ou encore du stockage de l’eau. Emmanuelle Dubée, la préfète des Deux-Sèvres, a notamment salué la jeunesse, l’excellence et l’innovation de la filière caprine. « Cette filière est regardée avec beaucoup d’attraits, s’est félicité Mickaël Lamy, le président de l’Anicap [association nationale interprofessionnelle caprine]. Le travail collectif a permis de garder une dynamique positive pour les jeunes. » Arnaud Rousseau, président de la FNSEA s’est dit aussi dit surpris d’une telle dynamique et de la place des jeunes dans cette petite filière. « Ce n’est pas si courant en élevage. Et je n’ai entendu personne se plaindre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème mais j’ai surtout vu des innovations, des projets et de la jeunesse. »

Une belle vitrine de la filière caprine française

Nouveauté de l’édition 2023, l’espace Capr’I Traite animé par l’Institut de l’élevage a permis aux éleveurs et techniciens d’avoir des informations sur les dernières recherches autour de la traite des chèvres. La démonstration du scanner du programme CapriMam3D a ainsi montré de nouvelles pistes pour évaluer la conformation des mamelles. Lors d’échanges informels ou de présentations rythmées, les experts de la traite ont pu rappeler quelques préconisations sur le nettoyage de la machine à traire ou l’intérêt des contrôles réguliers. Ces présentations techniques se retrouvaient aussi lors des 34 conférences, suivies par plus de 650 participants, ou lors des courts points d’informations de l’espace Capr’I Tech. Les visiteurs ont également pu assister à 14 débats sur le plateau de télévision.

Compétition bon enfant autour des techniques caprines

Avant cela, quatre visites étaient proposées le mardi 21 novembre dans la Vienne et les Deux-Sèvres. L’occasion de voir de nouvelles installations et de nouveaux équipements. De la chèvre poitevine au robot d’alimentation, une grande diversité d’élevages a pu être découvert par 700 éleveurs, visiteurs internationaux ou étudiants.

Car les jeunes en formation étaient aussi présents en nombre à Capr’Inov, un millier selon les organisateurs. Ils étaient notamment visibles lors des deux jours du Capr’I Cup, le challenge caprin dédié aux jeunes en formation agricole. Près de 60 étudiants, âgés de 15 à 25 ans et venant de tous les coins de la France, ont pris part à cette compétition alternant épreuves théoriques et pratiques. Le programme comprenait six épreuves : le concours de photo, une présentation d’animaux et d’élevage, la traite, l’appréciation de fromages, le pointage des chèvres et, pour les finalistes, un quiz couvrant tous les aspects de la filière caprine. Au-delà de la compétition, l’événement a également offert des moments conviviaux, des rencontres inter-établissements et un apprentissage ludique. Le moment palpitant du quiz entre les finalistes a déclenché une explosion d’enthousiasme. Chaque réponse correcte était saluée par des hurlements d’approbation des équipes. Les étudiants ont démontré leur expertise approfondie de la filière caprine en fournissant presque toujours les bonnes réponses.

Un salon pour penser à transmettre et s’installer

L’équipe victorieuse de la Capr’I Cup est l’équipe Chèvre Mèl' du lycée Jacques Bujault à Melle, dans les Deux-Sèvres. Erell, membre de l’équipe triomphante, partage sa joie en déclarant : « Cette victoire est un vrai soulagement. Nous sommes très contents d’avoir pu participer et encore plus d’avoir gagné. Nous motiverons sans hésitation les prochaines promotions à s’inscrire ! » Sur la deuxième place du podium, une équipe de Melle également, l’équipe Capr’Ichaub du CFA Terres et Paysages. Elle était suivie par Les Cabris du Lot d’AnimaPôle, le CFA du Lot, et par encore deux autres équipes de Melle, Capr’ilicious et Les Chevriers mellois.

Gageons que l’enthousiasme perdure car l’installation et la transmission sont les défis mis en avant cette année. Sur le pôle #Eleveurcaprindemain, les jeunes agriculteurs ont ainsi pu témoigner de leurs parcours. Pour eux, pas question de commencer seuls. « Nous sommes quatre associés pour plusieurs productions, explique Aymeric Gerbaud, installé en Vendée en 2012 avec 800 chèvres dans un Gaec familial. Chaque saison a ses activités et ses pics de travail. À plusieurs, on s’organise pour prendre des vacances et un week-end sur deux d’astreinte. » Même chose chez Lorine Manceau, 28 ans en Gaec avec son père et trois salariés pour élever 700 chèvres en Deux-Sèvres : « Si on s’installe seule, c’est tous les jours, toute l’année, matin et soir. L’élevage de chèvres est très chronophage. Je pense qu’il faut être au moins deux pour pouvoir continuer à s’informer, à s’ouvrir, à ne pas s’enfermer dans sa ferme. On a beau être passionné, la passion, cela ne fait pas tout. Il faut pouvoir se protéger pour se maintenir dans la durée. »

Rendez-vous les 26 et 27 novembre 2025 pour la dixième édition !

Les laiteries encouragent l’enrichissement du milieu

Les laiteries ont profité de Cap’Inov pour encourager leurs éleveurs livreurs de lait à développer le bien-être animal des chèvres à travers une série de bonnes pratiques dont l’enrichissement du milieu. Ainsi, la coopérative Agrial propose à ses 600 producteurs de lait de chèvre Soignon de s’équiper d’un arbre à chèvres ou de capri’jeux pour que les chèvres puissent davantage jouer, grimper, explorer et ainsi mieux exprimer leurs comportements. Lactalis, lui, lançait sa démarche RSE appelée Culture lait pour inciter les organisations de producteurs et les éleveurs de chèvre à développer à leur niveau le bien-être animal et l’environnement. Pour cela, les éleveurs seront appelés à réaliser un diagnostic et à s’engager dans la démarche de progrès. Des ballons de football à laisser aux chevrettes ont ainsi été distribués aux éleveurs se lançant dans la démarche.

Moisson de médailles pour les fromages de chèvres et les produits à base de viande caprine

Lors de la quatrième édition des concours internationaux de fromages de chèvre et de viande caprine de Capr’Inov 2023, les jurés ont décerné 148 médailles pour les fromages et produits laitiers caprins et 19 médailles pour les produits transformés de viande caprine. Le grand prix du jury du concours de fromages revient à l’EARL La Vallée du Loup de Thouarsais-Bouildroux en Vendée pour sa faisselle chèvre oya. Pour les produits transformés de viande caprine, le grand prix du jury revient au Gaec des Trois Chemins mayennais (Mayenne) et ses rillettes de chèvre. Le prix spécial Jeune producteur a été attribué aux Biquettes au gré des vents (Maine-et-Loire) pour ses ronds-frais, yaourts et faisselles. Et le prix spécial International revient au Suisse Nicolas Crottaz de la Capricieuse pour son fromage frais à la figue, son flan vanille caramel au lait de chèvre et sa bûche nature.

Les résultats complets sont à retrouver sur caprinov.fr et reussir.fr/chevre

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