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Jos Tolboom, président de la section caprine de LTO, le syndicat des agriculteurs néerlandais
Crise aux Pays-Bas : comment des éleveurs de chèvres réduisent leurs émissions d'azote ?

Jos Tolboom, président de la section caprine de LTO, le syndicat des agriculteurs néerlandais
Jos Tolboom, président de la section caprine de LTO, le syndicat des agriculteurs néerlandais
© DR

« Les manifestations des deux derniers mois ont pour cause la loi azote présentée par le gouvernement le 10 juin dernier. Sa proposition inclut une carte du pays indiquant les objectifs de réduction des émissions d’azote par secteur. Certains vont jusqu’à 95 %, et des régions entières doivent atteindre 70 % de baisse. Selon nos dirigeants, l’enjeu est d’atteindre une diminution moyenne de 50 % à l’échelle du pays en 2030. C’est tout simplement infaisable et cela aurait des conséquences désastreuses, non seulement sur l’agriculture, mais aussi sur la vie économique et sociale des territoires ruraux des Pays-Bas.

Il y a deux semaines, le gouvernement a apporté des détails supplémentaires, et bien qu’il propose des ouvertures, il ne répond pas aux problèmes de fond. Nous sommes toujours dans une impasse au niveau national.

Objectifs impossibles à atteindre

À LTO, nous essayons de faire part de la colère et du désespoir des agriculteurs néerlandais, mais aussi des enjeux de cette politique. Selon nous, un changement de réglementation est crucial, mais l’objectif de réduction des émissions de 50 % d’ici 2030 est impossible. Et les moyens imposés pour y parvenir doivent être à la hauteur des ambitions. Le gouvernement se focalise trop sur la réduction de l’élevage aux Pays-Bas et l’expropriation d’éleveurs, au lieu de regarder de plus près les opportunités offertes par les innovations et l’agriculture durable.

Le gouvernement au niveau national a pris une direction radicale en dépit de nos nombreuses propositions détaillées, mais aussi de l’avis des parties prenantes d’autres secteurs économiques et d’ONG. Ces propositions permettraient d’atteindre une réduction des émissions de 40 % d’ici 2030, avec une approche terrain réaliste.

Il existe par exemple des systèmes d’élevage différents (extensification, plus de pâturage, alimentation…), des bâtiments innovants, dont certains apportent une réduction de 70 % des émissions d’azote. Malheureusement, nous n’avons ni les lois ni les moyens financiers adaptés pour innover et répondre aux enjeux environnementaux et climatiques.

Des bâtiments innovants

De nombreux éleveurs néerlandais sont prêts à investir dans des bâtiments et des systèmes qui réduisent les émissions d’azote, mais aussi l’ensemble des gaz à effet de serre. Ceux qui ont des aires paillées curent plus souvent ou ajoutent des bactéries à la litière. D’autres testent des bâtiments novateurs, sans paille, pour séparer et enlever rapidement urine et fèces. Les scientifiques estiment qu’une réduction de deux tiers des émissions d’ammoniac et de méthane sur les exploitations caprines est possible.

Les fonds limités disponibles pour la recherche restreignent aussi les progrès sur différentes initiatives. Le problème est que nous ne connaissons pas les émissions actuelles moyennes d’ammoniac ou de méthane d’un élevage caprin aux Pays-Bas. Des recherches ont été faites il y a plusieurs années par l’université de Wageningen, mais les résultats ne sont pas encore publiés.

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