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Problème respiratoire chez une chèvre ? Et si c’était une tumeur nasale

Encore trop méconnues, les tumeurs nasales sont provoquées par un virus et entraînent la mort des chèvres atteintes. Pour limiter leur impact, il faut apprendre à reconnaître les symptômes.

<em class="placeholder">Chèvre avec tumeur nasale</em>
Les chèvres peuvent présenter une déformation de la face ou du crâne quand la tumeur se développe.
© N. Damas

Les tumeurs nasales sont provoquées par un rétrovirus, l’ENTV (Enzootic Nasal Tumor Virus). Présent chez les chèvres comme chez les moutons, ce virus est responsable du développement de tumeurs cancéreuses dans les cavités nasales, qui obstruent peu à peu les voies respiratoires des animaux infectés. À ce jour, aucun traitement n’existe. Seule une détection précoce permet d’en limiter les effets dans un troupeau. En tant qu’éleveur, mieux la connaître permet de mieux la repérer.

Lire aussi : « Le chèvre était en détresse respiratoire malgré des poumons roses bébé »

Si cette maladie est peu évoquée en élevage, ce n’est pas parce qu’elle est rare, c’est surtout qu’elle est sous-diagnostiquée. En 2019, une étude conduite par l’Omacap et l’Inrae de Lyon a révélé que 5 % des chèvres de réforme étaient porteuses du virus, sans pour autant présenter de signes cliniques. Les cas peuvent apparaître de manière sporadique, touchant un ou deux animaux par an, ou bien sous forme épizootique, avec plusieurs cas simultanés.

Les signes cliniques de l’infection

Le développement tumoral est lent et progressif. Dans un premier temps, l’éleveur peut noter un essoufflement inhabituel, un ronflement, voire un bruit respiratoire accentué. Un écoulement nasal continu, mousseux, blanchâtre mais non purulent est également un signe d’alerte. Ces symptômes peuvent persister malgré des traitements antibiotiques ou antiparasitaires, sans fièvre associée.

Plus tard, lorsque la tumeur occupe une place importante dans les cavités nasales, elle peut provoquer des déformations visibles de la face ou du crâne, parfois au niveau de l’œil. L’animal maigrit alors rapidement et meurt en quelques semaines. Un test simple peut orienter le diagnostic : en obstruant manuellement une narine après l’autre, une gêne marquée à l’expiration d’un seul côté est souvent révélatrice.

Une maladie virale, sans test simple ni traitement

La transmission du virus se fait par voie aérienne, entre animaux, par les sécrétions nasales. Comme d’autres rétrovirus, une contamination par le colostrum, le lait ou même in utero est également suspectée.

Il n’existe actuellement ni test sérologique fiable (car les animaux ne produisent pas d’anticorps détectables), ni traitement curatif. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’autopsie et, si nécessaire, une analyse histologique pour confirmer la nature cancéreuse de la masse détectée.

Dans les élevages atteints, il est indispensable d’isoler et de réformer rapidement les animaux présentant des signes évocateurs. Il est également recommandé de ne pas conserver la descendance des chèvres malades, ni d’utiliser ces lignées pour la reproduction.

Limiter l’introduction du virus dans le troupeau

Les tumeurs nasales viennent s’ajouter à la longue liste des maladies qui s’achètent. La prévention repose avant tout sur la vigilance à l’introduction d’animaux. Limiter les achats, surtout en dehors de circuits maîtrisés, est essentiel. Si des introductions sont nécessaires, il est conseillé de réduire le nombre d’élevages fournisseurs (et de rester fidèle à un même éleveur si possible), de questionner le vendeur sur l’état sanitaire du troupeau, en particulier sur les signes respiratoires chroniques ou des cas de mortalité inexpliqués, et d’isoler et d’observer attentivement les nouveaux animaux pendant quelques semaines.

Ces mesures de biosécurité permettent de limiter les risques non seulement pour cette maladie, mais également pour bien d’autres agents pathogènes. Les éleveurs sont les premiers maillons de la surveillance. En cas de suspicion, il est indispensable de consulter un vétérinaire pour confirmer le diagnostic et mettre en œuvre les mesures nécessaires.

Coté web

Deux fiches pour repérer les symptômes

<em class="placeholder">Fiche sur les tumeurs nasales pour les vétérinaires</em>
<em class="placeholder">Fiche sur les tumeurs nasales pour les éleveurs de chèvres</em>

Le comité de liaison sanitaire de l’Anicap et GDS France viennent d’éditer deux fiches sur les tumeurs nasales ou cancer des sinus chez la chèvre. L’une montre les symptômes aux éleveurs et l’autre s’adresse aux vétérinaires. Les deux fiches sont à télécharger sur idele.fr/…/tumeurs-nasales-chez-la-chevre-une-maladie-a-mieux-reconnaitre

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