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Objectif toison homogène atteint !

En Ardèche, Isabelle et Pascal Gouache ont minutieusement conduit et sélectionné leurs chèvres angoras depuis 34 ans pour obtenir des toisons de qualité et très homogènes.

Après un quart d’heure de route étroite et tortueuse qui pourrait décourager les moins motivés, la vue est imprenable. Le lieu de vie et l’exploitation d’Isabelle et Pascal Gouache domine les monts et vallées alentour. À 720 mètres d’altitude, au cœur de l’Ardèche et à une heure et quart à l’ouest de Valence (Drôme), le couple s’est installé en 1988 pour élever des chèvres angoras. Isabelle et son mari ont été moteurs dans l’amélioration génétique et la structuration de la production de mohair en France. L’éleveuse s’est rendue elle-même au Texas pour choisir les animaux qui constitueront en partie la base des troupeaux français d’aujourd’hui. Très intéressé par la génétique, Pascal Gouache, d’ailleurs président de la section angora de Capgenes, a orienté la sélection de son troupeau pour obtenir des toisons les plus homogènes possible, autant au niveau des performances qu’à celui de l’apparence. « Depuis quelques années, je suis arrivé à mon objectif et je suis satisfait à 100 % de mon troupeau », apprécie l’éleveur de 62 ans. Jusqu’en 2000, il sélectionnait ses animaux sur le style de fibre et son homogénéité. À partir de cette date, il a commencé à chercher du poids de toison et a gardé ses chèvres les plus productives. Pascal Gouache se décrit comme sélectionneur, mais pas dans un objectif commercial. Il repère dès la naissance les petits mâles prometteurs de bonne ascendance. Le choix doit être bien réfléchi car la castration des mâles se fait dès la naissance. Dès 1987, Pascal Gouache entreprend un gros travail de sélection avec Capgenes où il est très rapidement adhérent. En tout, 48 mâles reproducteurs se sont succédé sur l’exploitation, pour un temps de présence moyen de trois ans.

Une conduite basée sur le pâturage

La conduite du troupeau est précise et Pascal a su adapter ses pratiques à son environnement. « Quand nous nous sommes installés, j’avais pour ambition que le troupeau soit complètement à l’herbe et se passe de complémentation, se remémore l’éleveur. La végétation s’est avérée trop pauvre pour que les chèvres expriment pleinement leur potentiel. » Le système d’élevage est donc toujours basé sur du pâturage sur parcours mais les 90 animaux que compte l’élevage reçoivent une complémentation en granulés à 17 % de protéines sans OGM. « Ça a été difficile pour nous de trouver un fournisseur de luzerne et de paille qui veuille bien venir jusque chez nous. C’est pourtant essentiel car nous distribuons du fourrage dès que les chèvres sont à l’intérieur, soit tout l’hiver », explique Pascal Gouache. Car l’herbe apporte ce qu’il faut jusqu’en mai, ensuite le pâturage favorise surtout la rumination, l’herbe perd en qualité nutritionnelle. Tous les animaux adultes passent l’été dehors, exception faite des mâles entiers. Les jeunes passent leur première année dans la chèvrerie et le troupeau rentre tous les soirs au bâtiment. « Il y a beaucoup de sangliers dans les parages et ils cassent les clôtures. Avant, les chèvres restaient dehors la nuit, mais certaines se sont enfuies. Maintenant je les compte tous les jours en les rentrant », développe l’éleveur.

Une belle entreprise à reprendre

Isabelle et Pascal Gouache produisent et transforment chaque année entre 300 et 350 kg de laine, très bien classée niveau qualité. Jusqu’en 2008, la vente se faisait essentiellement sur la ferme et les salons. Aujourd’hui la vente à la ferme est anecdotique, bien que l’exploitation soit dotée d’une boutique bien fournie et la force de vente se concentre sur les huit salons fréquentés dans l’année. Isabelle se charge de la partie vente, elle qui dessine les modèles de vêtements et accessoires et sous-traite la fabrication à des tricoteuses. L’heure de la retraite approche à grands pas pour le couple, mais ils sont confiants pour trouver un repreneur. « Notre exploitation tourne bien, le troupeau est très performant et avec nos 30 ans d’expérience de vente, nous avons un carnet d’adresses et un réseau de commercialisation qui facilitera beaucoup l’installation de notre successeur », affirme Isabelle Gouache.

Des rations bien calibrées pour de belles toisons

Le troupeau d’Isabelle et Pascal Gouache compte 51 femelles de moins de cinq ans, dont 17 chevrettes d’un an, 33 mâles castrés, 7 mâles entiers dont 2 reproducteurs actifs. Les mâles castrés et les femelles sont conduits en deux lots car la complémentation n’est pas la même. Les chevrettes en bâtiment reçoivent du foin de luzerne et 400 g de concentrés de même que les femelles en fin de gestation et les femelles en début de lactation sont à 500 g de concentrés. Les mâles castrés, eux, reçoivent 300 g. Les rations du troupeau comprennent une complémentation minérale riche en zinc et les animaux ont accès à une pierre à lécher. L’éleveur a noté une carence en sélénium et fait donc une injection systématique à chaque naissance.

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