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Filière caprine
Maîtriser la collecte reste l´objectif majeur

Les dossiers économiques et syndicaux ont dominé les débats de l´assemblée générale de la Fnec avec pour thèmes majeurs le rétablissement des grands équilibres de la filière, les prix du lait et la réglementation tremblante.


« La filière caprine possède des atouts qu´elle doit mettre en avant dans cette période économiquement difficile pour l´agriculture et caractérisée par une ambiance de crise. Son image de filière respectueuse de l´environnement, à taille humaine et soucieuse du bien-être animal, fait que notre filière chèvre n´a aucune raison de sombrer dans la déprime générale du monde agricole » a déclaré le président Kacem Boussouar devant les délégués de toutes les régions, rassemblés lors de l´assemblée générale de la Fnec, à Paris, le 4 mars dernier. Et pourtant, les sujets d´inquiétudes se sont accumulés en 2003 : menaces sur le prix du lait, risques de surproduction, réforme de la Pac, troupeaux abattus dans le cadre de la police sanitaire de la tremblante, canicule estivale, inondations dans certaines régions, dont ont souffert bon nombre d´éleveurs de chèvre.

Les équilibres économiques de la filière semblent à nouveau menacés avec une progression de la collecte de lait qui a atteint 6,8 % en 2003 (soit plus 25 millions de litres) donc sans effets apparents de la canicule de l´été dernier. Avec 395 millions de litres, c´est un nouveau record portant à 20 % la croissance des volumes sur les trois dernières années, soit un apport de 66 millions de litres supplémentaires à l´industrie.
Parallèlement, les fabrications industrielles de fromages n´ont progressé que de 2,9 %.
Le décalage étant partiellement compensé par la baisse de 15 % des importations (l´équivalent de 9 millions de litres), ce qui correspond aux engagements pris par les entreprises laitières, globalement c´est donc par 16 millions de litres que se solde la progression des volumes de lait transformés industriellement pour la campagne 2003.

Crainte d´un « effet domino » sur les prix
Face à cette conjoncture, le prix moyen du lait a stagné avec 507 euros/1000 litres soit 2 euros de plus qu´en 2002.
Le débat sur la situation du marché fait apparaître la nécessité urgente de maîtriser les approvisionnements en lait en 2004, ceci afin de maintenir le prix du lait à la production, surtout dans un contexte de baisse sensible du prix du lait de vache du fait de la réforme de la Pac.

« C´est une bonne situation, car votre prix du lait de chèvre s´est maintenu, alors qu´il chute en lait de vache ». Cette remarque d´un participant a suscité des réactions des délégués exprimant leur crainte d´un « effet domino ». La baisse du prix du lait de vache entraînant mécaniquement une baisse de celui de chèvre, même si la conjoncture spécifique du marché caprin ne le justifie pas. « Les études montrent qu´une baisse de 10 centimes d´euro sur le lait de chèvre mettrait en difficulté 20 % des exploitations laitières caprines » a rappelé un participant, ajoutant que le syndicalisme caprin autrefois technique devait devenir plus revendicatif « non seulement face à quelques entreprises de transformation, mais aussi contre certaines pratiques de la grande distribution ».
Il a été également souligné que la solidarité des éleveurs de chèvres devait jouer au plan européen « si les éleveurs caprins espagnols ou néerlandais sont nos concurrents, ils sont également nos collègues, et nous devons être solidaires lorsqu´ils connaissent des difficultés, comme c´est actuellement le cas aux Pays-Bas ».

Tremblante : contre l´abattage total
Sujet sensible qui mobilise fortement les éleveurs, la règle imposant l´abattage de la totalité du troupeau dès qu´un animal est confirmé atteint de tremblante est vivement contesté. La majorité de la douzaine de foyers décelés à ce jour, ayant entraîné l´abattage de tous les caprins des exploitations concernées, montre souvent qu´un seul animal était atteint de tremblante. La Fnec conteste cette disposition et exige l´abandon de l´abattage total dès le premier cas. Les tests réalisés sur tous les animaux âgés de plus de 12 mois dans les élevages abattus ont rarement montré des cas supplémentaires dans un même troupeau.
Le principe de précaution appliqué au titre de la police sanitaire apparaît donc excessif, c´est pourquoi la Fnec souhaite qu´un système de surveillance des troupeaux avec tests sur animaux vivants (biopsies d´amygdales) soit expérimenté. Ces tests sur animaux vivants étant un moyen d´éviter l´abattage total.
De même, la Fnec demande qu´en cas d´abattage les indemnisations prennent réellement en compte les préjudices subits par l´éleveur en tenant compte des besoins de reprise d´activité.

Autre sujet d´actualité les conséquences possibles de la réforme de la Pac sur la filière caprine ont mobilisé les débats de l´assemblée générale, même si l´analyse des conséquences envisageables se révèle toujours difficile.
Pour autant la Fnec est persuadée que les éleveurs caprins sont nécessairement concernés à plusieurs niveaux. Parmi les effets identifiés figurent notamment l´arrivée sur le marché de nouveaux producteurs de lait de chèvre en raison du découplage des aides, et les incidences des déséquilibres possibles au niveau des marchés des produits laitiers.

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