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Les quatre familles d’antiparasitaires utilisables en caprin

Vétérinaire dans les Deux-Sèvres, Aurélie Priam décrit les quatre familles d’antiparasitaires utilisables en caprins mais surtout leurs étroites marges de manœuvre.

<em class="placeholder">Chèvre alpine au pâturage dans le Rhône</em>
Peu d'antiparasitaires ont une autorisation de mise sur le marché en caprin et seule une molécule a un délai d'attente nul pour le lait.
© D. Hardy

Aurélie Priam, vétérinaire au cabinet Bocavet dans les Deux-Sèvres, suit régulièrement une cinquantaine d’élevages de chèvres dans le Grand Ouest. Dans un webinaire organisé par l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales (Aftaa), elle a rappelé que les strongles digestifs sont omniprésents sur les chèvres au pâturage avec, à la clé, des anémies sévères, des chutes de production laitière et parfois des mortalités. Elle a aussi présenté les quatre grandes familles d’antiparasitaires utilisables chez les caprins.

1- Benzimidazoles

La première famille correspond aux benzimidazoles. Ils sont historiquement très utilisés contre les strongles digestifs. « Sur les chèvres, il faut multiplier la dose des benzimidazoles par deux par rapport aux préconisations en bovins ou ovins », rappelle la vétérinaire. Mais avec des délais d’attente de quatre à quatorze jours pour le lait, ces molécules sont difficiles à intégrer dans un schéma de traitement en lactation et sont donc davantage utilisées hors période de production laitière.

2- Lévamisoles

Même restriction d’utilisation avec la famille des lévamisoles qui « n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en chèvre et sont interdites en lactation », ce qui les cantonne au tarissement ou sur des lots non laitiers. À noter que ces antiparasitaires doivent impérativement être administrés par voie orale chez la chèvre et que la dose doit être multipliée par 1,6 par rapport aux préconisations ovines.

3- Lactones macrocycliques

La troisième famille regroupe les lactones macrocycliques. Là encore les délais d’attentes sont variables mais une molécule occupe une place particulière, l’éprinomectine. « C’est l’antiparasitaire le plus utilisé en élevage caprin car c’est la seule molécule qui n’a pas de temps d’attente lait. » Mais ce statut privilégié pose un problème : son utilisation quasi systématique a contribué à faire émerger des résistances. D’autant que la forme pour-on (versé sur le dos de l’animal) a pu conduire à des sous-dosages chroniques.

4- Dérivés d’amino acétonitrile

La quatrième famille est celle des dérivés d’amino acétonitrile mais, là-encore, avec de fortes limites en caprins. La molécule ne dispose pas d’AMM chèvre, la dose doit être multipliée par deux par rapport à la dose ovine, et surtout elle est « interdite en lactation ».

Lire aussi : Pour une gestion durable des strongles en élevage caprin

Un test pour vérifier la résistance

La résistance correspond à « une population de parasites qui va acquérir génétiquement la capacité à résister à des concentrations d’antiparasitaires habituellement létales », décrit Aurélie Priam. Un test de réduction de l’excrétion fécale permet de vérifier cette résistance. Il consiste à comparer le nombre d’œufs par gramme avant et après traitement. « Il faut que ce taux de réduction soit d’au moins 95 % pour considérer la molécule encore efficace. » En dessous, on suspecte une résistance en cours d’apparition, et en dessous de 80 %, la molécule ne fonctionne plus sur le troupeau.

Des règles pour limiter l’extension des résistances

• Alterner autant que possible les familles d’antiparasitaires

Calculer les doses sur l’animal le plus lourd du lot pour éviter les sous-dosages

• Des traitements ciblés plutôt que des traitements systématiques du troupeau

• Objectiver les infections à travers les coprologies, la méthode Famacha pour Haemonchus, l’observation de l’état corporel, de la production laitière et des croissances, en se concentrant sur les chèvres les plus productives et sur les primipares, plus sensibles.

Replay du webinaire de l’Aftta

Le webinaire de l’Aftaa sur les chèvres laitières comprenait une intervention d’Aurélie Priam sur le parasitisme. Ce webinaire est à retrouver sur aftaa.videastv.com.

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