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Les promesses de la génétique

La diminution du nombre de cellules peut aussi passer par la sélection génétique. Depuis 2014, Capgenes l’intègre dans son schéma de sélection.

L’Inra de Bourges a montré que la sélection sur les cellules est efficace sur la résistance aux mammites. © D. Hardy
L’Inra de Bourges a montré que la sélection sur les cellules est efficace sur la résistance aux mammites.
© D. Hardy

La concentration cellulaire est un caractère héritable avec une héritabilité estimée à 24 % en race Saanen et à 20 % en race Alpine. Depuis 2013, l’Inra calcule un index cellules et l’organisme de sélection Capgenes l’a intégré en 2014 dans son objectif de sélection. En race Alpine, selon les calculs de l’Institut de l’Élevage, un poids de 12 % donné à l’index cellules dans l’index combiné caprin (ICC) permet d’espérer une baisse moyenne du niveau cellulaire de l’ordre de 1,5 % par an soit environ 22 000 cellules/ml par an. « En race Saanen, il existe un antagonisme génétique entre la production laitière et les concentrations cellulaires » explique Virginie Clément de l’Institut de l’élevage. Ainsi pour limiter la perte sur la production laitière, la part de la morphologie dans l’ICC a été réduite au profit des caractères laitiers. Un poids de 17 % pour l’index cellule a cependant été choisi, ce qui laisse envisager une baisse de l’ordre de 0,7 % des concentrations cellulaires (11 000 cellules/ml par an), tout en maintenant le gain génétique sur le lait identique au niveau actuel. « Le poids de l’index cellules est encore modeste et il faudra le réadapter dans quelques années » estime Pierre Martin de Capgenes.

Un antagonisme entre débit de traite et cellules du lait

Mais ce critère cellules sera aussi à combiner avec d’autres critères qui pourraient demain intégrer l’objectif de sélection. Ainsi, le débit de traite présente une grande variabilité ce qui rend possible une sélection génétique pour éliminer les animaux les plus lents à traire. « Nous avons observé que les chèvres à débit élevés n’ont pas plus de cellules dans le lait et n’ont pas non plus davantage d’infections mammaires » explique Isabelle Palhière de l’Inra. Par contre, il existe un lien génétique fort et défavorable entre débit et cellules dans le lait. Il faudra donc à l’avenir trouver des compromis pour répondre à ces deux objectifs de la filière.

Les mamelles saines ont moins de cellules

Le programme Mamovicap a également permis de confirmer que la sélection sur les cellules est efficace sur la résistance aux mammites. Pour cela, l’unité expérimentale Inra de Bourges a créé dans son troupeau, dès 2007-2008, deux sous-populations de chèvres : l’une résistante aux mammites et avec peu de cellules (709 000 cellules par ml de lait) et l’autre sensible aux mammites et avec beaucoup de cellules (1,189 million de cellules par ml en moyenne). De 2010 à 2013, plus de 3 600 analyses bactériologiques de lait ont été opérées sur ces deux lots de 130 chèvres environ. Dans le groupe des faibles concentrations cellulaires, seul un tiers des bactériologies sont positives alors que c’est la moitié des analyses qui le sont dans le groupe aux concentrations cellulaires élevées. Par ailleurs, l’Inra confirme le lien clair entre les comptages cellulaires et le statut infectieux des mamelles. Les mamelles saines, avec peu ou pas de bactéries détectées, ont moins de cellules que celles infectées.

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