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Les filières caprines en mutation dans le pourtour méditerranéen.

Entre raréfaction des ressources et changements des habitudes alimentaires, l’élevage caprin du pourtour méditerranéen est confronté à de profondes mutations.

L’élevage caprin du pourtour méditerranéen est souvent un facteur de maintien des populations dans des zones difficiles. © A. Villette
L’élevage caprin du pourtour méditerranéen est souvent un facteur de maintien des populations dans des zones difficiles.
© A. Villette

L’élevage de petits ruminants joue un rôle essentiel pour la valorisation économique des territoires et la préservation de l’environnement dans le bassin Méditerranéen. Mais comme partout dans le monde, il subit de plein fouet les bouleversements actuels de la société. La croissance démographique entraîne globalement une augmentation de la demande alimentaire et une diminution des ressources naturelles disponibles. D’autre part, l’exode rural et l’augmentation du niveau de vie entraînent un changement des modes de vie et de consommation : développement de la consommation de produits animaux, des supermarchés, etc. Ces signaux parfois contraires ont des répercussions sur la consommation de produits ovins et caprins.

Des produits à consommation festive

Concernant le produit viande, sa consommation baisse dans tout le bassin sauf en Afrique du Nord. Elle devient essentiellement une consommation festive, concentrée autour des fêtes de Pâques et de l’Aïd… Concernant le lait, dont le bassin méditerranéen produit 50 % de la production mondiale pour le lait de brebis et 30 % pour le lait de chèvre, il s’agit là aussi d’une consommation essentiellement festive.

Les circuits de distribution évoluent également fortement. « Jusqu’à aujourd’hui, en Afrique du Nord et Asie de l’Ouest, il s’agissait d’un circuit de libre concurrence sans segmentation du marché et avec beaucoup de petits commerçants, a souligné Jean-Pierre Boutonnet, de l’Institut agronomique méditerranéen de Montpelier. La multiplicité des marchés facilitait la commercialisation et 85 % du prix payé par le consommateur allait au producteur. Aujourd’hui, on voit émerger dans ces pays une classe moyenne qui achète par exemple des carcasses ou des morceaux et non plus des animaux vivants… Cela génère l’apparition de grossistes pour faire l’intermédiaire entre les éleveurs et les grandes surfaces. »

Des circuits de commercialisation en plein bouleversement

En Europe du Sud, où les animaux sont achetés par un petit nombre d’opérateurs industriels et le marché marqué par une forte segmentation, les circuits de distributions évoluent aussi pour répondre aux attentes du consommateur qui met désormais l’accent sur la proximité et la connaissance du mode de production… Les scientifiques de l’unité mixte de recherche sur les systèmes d’élevage méditerranéens et tropicaux et du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes recherchent des pistes pour mieux valoriser ces produits.

Une forte concentration de petits ruminants en Méditerranée

16 % des effectifs d’ovins et caprins du monde se situent dans le pourtour méditerranéen. Alors que ces deux espèces représentent 15 % des ruminants à l’échelle mondiale, cette proportion atteint 35 % dans la zone. Une place importante qui s’explique par l’absence d’accès à une ressource herbagère abondante : les ovins et caprins valorisent à la fois des parcours peu productifs et des concentrés en bergerie. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord où les conditions climatiques sont les plus dures, les petits ruminants sont la dernière adaptation trouvée par l’homme pour valoriser le territoire et sont donc un facteur de maintien des populations dans les zones difficiles. Dans la partie nord du bassin méditerranéen (sud de l’Europe), les ovins et caprins sont aussi soumis à une forte pression, non plus du fait d’une désertification des territoires difficiles, mais de la concurrence d’autres usages.

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