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Le top de la génétique caprine saanen dans l’Ouest

Christine Masson et Adrien Delory suivent de très près la génétique de leur troupeau de 550 chèvres saanen, élevées en bio à Mellé, en Ille-et-Vilaine.

Sur les hauteurs du pays de Fougères en Ille-et-Vilaine, le Gaec Gaorig Vihan élève des chèvres saanen depuis 1988. En 2011, l’exploitation passe en bio à la demande de leur laiterie, ce qui permet d’augmenter les volumes et de tourner la page des vaches laitières. Le nombre de chèvres augmente, un nouveau bâtiment est construit, et l’élevage caprin devient le pilier de la ferme.

Christine Masson, alors salariée sur l’exploitation depuis 1991 puis installée en 2001, s’associe avec Adrien Delory en 2021 qui met à profit avec passion ses compétences en matière de sélection génétique. Aujourd’hui, tous deux gèrent ensemble 550 chèvres, dont plus de la moitié en lactation longue, avec l’appui d’un salarié et d’un apprenti.

Un cap mis sur la génétique

Le troupeau est inscrit au schéma Capgènes depuis plus de trente ans. Un vrai travail de fond, mené d’année en année, pour améliorer production, taux, cellules et conformation. « Je regarde un global et, s’il y a un critère en retrait, on ne garde pas », résume Adrien.

Premier élevage inséminateur caprin dans l’Ouest, le Gaec pratique l’insémination artificielle (IA) en interne depuis 2012. Tous deux formés, les associés y gagnent en autonomie comme en réactivité. Environ 150 doses sont utilisées chaque année, dont une vingtaine de sexées introduites récemment pour favoriser la naissance de femelles. Les inséminations sont concentrées entre novembre et début décembre, sans traitement hormonal, mais avec un effet bouc naturel et un suivi précis des chaleurs.

Une conduite de la reproduction bien rodée

Les chèvres en première et deuxième lactation sont prioritaires pour l’IA. Celles qui ne prennent pas passent systématiquement en lactation longue. Les chevrettes, elles, sont saillies en octobre par des boucs nés sur l’élevage, tous issus d’IA. Pour garantir un suivi de filiation quasi parfait, des lots de vingt à trente chevrettes sont constitués, chacun avec un bouc. « Nous avons 98 à 99 % de filiation assurée chaque année », souligne Adrien Delory. En cas de doute, les jeunes sont écartés du schéma.

Chaque année, environ 150 chevrettes sont gardées pour le renouvellement, le surplus est vendu. Côté mâles, une vingtaine issus d’IA sont sélectionnés. Les dix meilleurs jeunes boucs sont utilisés une fois en monte naturelle, certains restent ensuite pour assurer l’effet bouc. Les autres sont vendus comme reproducteurs

Un élevage reconnu

Les boucs conservés sont tous issus de parents à plus de 5 ou 6 d’ICC, l’index combiné basé sur la quantité et la qualité du lait, mais aussi la morphologie des chèvres. La moyenne du troupeau tourne à 3,4, soit plus du double de la moyenne nationale (1,5). « J’insémine au-dessus de 3,4, pas en dessous, sinon on régresse », précise Adrien.

Certaines chèvres atteignent des sommets. Une femelle née en 2020 a atteint 11,8 d’ICC au printemps 2025. « C’est potentiellement la meilleure saanen du pays », déclare Adrien avec fierté. Cette année, elle est passée en lactation longue pour éviter de trop tirer sur sa lignée.

Le troupeau figure à la quatrième place nationale en saanen. Côté Grand Ouest, c’est même le seul élevage inscrit à ce niveau. La vente de reproducteurs est relancée cette année, après une phase de rajeunissement du troupeau. Vingt à trente chevrettes devraient retrouver d’autres élevages.

De bons résultats en bio

En bio, le Gaec atteint 950 à 980 litres par chèvre, un niveau de production qui reflète le sérieux du travail mené sur la génétique. Côté alimentation, l’exploitation est pratiquement autonome grâce à ses 52 hectares en rotation (herbe, maïs, triticale). Seuls la luzerne déshydratée, le maïs grain et la paille sont achetés. L’affouragement en vert à 100 % durant l’été permet de réduire la dépendance à l’ensilage de maïs en hiver. Avec rigueur et passion, le Gaec Gaorig Vihan continue de tirer la génétique saanen vers le haut.

Des cases démontables pour élever les chevrettes

Dès 2014, l’élevage s’est équipé de cases entièrement démontables dans la nurserie pour assurer un suivi rigoureux des croissances. L’objectif visé est d’atteindre les seize kilos au sevrage, puis au moins trente pour la mise à la reproduction. Pesées tous les quinze jours après le sevrage, les chevrettes sont réallotées à chaque passage sur la balance. Cette organisation permet de piloter finement les croissances, d’anticiper les retards et les soucis d’alimentation.

L’alimentation est gérée à la gouttière : une pour le lait, une autre pour les aliments qui sont toujours à disposition. Le lait est distribué avec un taxi-lait, gouttière par gouttière, à la main. Une méthode qui demande de la présence, mais garantit une bonne ingestion. À la fin, les cases sont entièrement démontées pour assurer un vide sanitaire complet.

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