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Le prix du lait de chèvre atteint des sommets

Le nouveau record du prix du lait en 2016 vient d’autant plus renforcer les éleveurs que les charges en élevage ont diminué.

Le prix du lait de chèvre semble atteindre un plafond et la hausse est relativement modérée au regard de celles connues entre 2013 et 2014. Mais elle vient renforcer la situation économique des éleveurs. D’autant plus que les charges en élevage se sont de nouveau contractées sous l’effet de la baisse du prix de l’alimentation animale et de l’énergie.

Le prix de base du lait de chèvre (à la composition standard 35 MG/30 MP) s’est établi à 644 € les 1 000 litres en 2016, soit près de 5 € de plus qu’en 2015. Sa progression a été relativement homogène sur l’année, en hausse d’un peu moins de 5 € au 1er et au 2e trimestre et de près de 6 € au dernier trimestre. Elle a connu une progression plus prononcée au 3e trimestre, de près de 9 €, qui correspond en réalité à un rattrapage : le prix de base avait en effet moins progressé au 3e trimestre 2015 suite à la décision de certaines entreprises de revoir leur grille de prix afin d’inciter davantage à désaisonnaliser la production. Cette hausse traduit une demande toujours tendue, dans un contexte où la collecte peine à décoller. Elle a été plus marquée dans le Sud-Est (+8 €), intermédiaire dans le Centre (+6 €) et dans la moyenne dans le Centre-Ouest et le Sud-Ouest (+5 €).

La composition poursuit son amélioration

La composition du lait de chèvre a poursuivi son amélioration. En 2016, le taux butyreux a atteint un nouveau record, à 38,4 g/l, soit 0,3 g/l de plus qu’en 2015. Le taux protéique a encore davantage progressé, de 0,4 g/l, à 34,0 g/l. Malgré une progression limitée en tout début d’année, la bonne qualité des stocks de fourrages récoltés en 2015 a boosté les taux au pic de la collecte. Rétrospectivement, malgré une évolution en dent de scie, la composition du lait de chèvre tend à s’enrichir. La matière sèche utile du lait de chèvre produit en France a progressé de 6,2 g/l depuis 2000, à 72,4 g/l en 2016.

Un prix moyen record

En 2016, le prix du lait payé aux producteurs a bénéficié à la fois de la hausse du prix de base et de l’amélioration de la composition. Il a atteint un nouveau record à 696 € les 1 000 litres, soit 10 € de plus qu’en 2015 (+1,5 %) et près de 108 € au-dessus du prix de crise de 2012. Sa progression a été moindre en début d’année (+7 € au 1er trimestre) du fait de l’amélioration plus limitée de la composition du lait au 1er trimestre. Il s’est ensuite apprécié de 15 € au 2e trimestre, de 11 € au 3e et enfin de 10 € en fin d’année. Régionalement, la hausse du prix du lait a été légèrement plus marquée dans le Centre (+13 €) et le Sud-Est (+12 €) que dans le Centre-Ouest (+10 €) et le Sud-Ouest (+10 €). La saisonnalité du prix s’est encore accentuée cette année, avec un différentiel de près de 215 €/1 000 litres entre juin et décembre (+1 %/2015).

Les charges en élevage poursuivent leur érosion

Une nouvelle baisse des charges en élevage est venue conforter la situation économique des éleveurs en 2016. Après avoir baissé de 4 % en 2015, l’Ipampa lait de chèvre s’est replié de 2 % d’une année sur l’autre, à l’indice 108 (base 100 = 2010), soit à un niveau intermédiaire entre le pic du 4e trimestre de 2012 et le point bas connu fin 2009. Cette détente est principalement imputable à la baisse de 4 % du prix de l’aliment acheté, principal poste de dépense en élevage caprin (43 % des charges indicées dans l’Ipampa) et à la chute de 6 % du prix de l’énergie (7 % des charges). L’indice a cependant repris une tendance haussière à partir de septembre, tiré par une légère hausse du prix de l’alimentation, mais surtout par la remontée brutale du prix de l’énergie, dans le sillage du cours du pétrole.

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