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Le bien-être animal en débat en Centre-Val de Loire

Les ONG veulent que les chèvres sortent. OK quand c’est possible répondent les éleveurs de la région Centre-Val de Loire…

Les questions de l’élevage dans la société ont été au cœur de deux débats en région Centre-Val de Loire., D’abord le 22 mars à Vierzon dans un colloque regroupant les interprofessions des filières viandes et lait, puis le 29 mars à Verdigny dans le Cher pour l’assemblée générale du crottin de Chavignol.

« Tout le monde parle de nous mais personne ne veut parler avec nous », regrettait Franck Moreau, le président de l’interprofession régionale caprine le 22 mars dernier. Depuis quelques années, le regard de la société sur l’élevage est en pleine évolution, laissant parfois les éleveurs démunis face aux questionnements et, plus récemment, aux attaques. En accueillant des représentants de la société civile - Welfarm qui milite pour le bien-être animal, France nature environnement et Familles rurales, une association de consommateurs -, les filières lait et viande ont voulu restaurer le lien entre les pratiques d’élevage et la société moderne.

Besoin de temps pour s’adapter

La table ronde, composée des trois ONG, de trois éleveurs, ainsi qu’Elsa Delanoue, sociologue à l’Institut de l’élevage fut le temps fort de cette journée. Partant d’un constat commun que « l’élevage ne doit pas disparaître », la discussion a été facilitée entre les participants. Tous ont pu évoquer leurs attentes et leurs préoccupations. S’en sont suivis de riches échanges avec la salle. Si « la transparence est la préoccupation essentielle » des consommateurs, les associations de protection de l’environnement et de l’animal reconnaissent avoir « besoin des éleveurs ». Leur volonté est de modifier « la logique de l’élevage intensif qui a eu sa place à une époque » et d’arriver à « une conception en fonction des besoins de l’animal et de l’environnement ». Mais pour les éleveurs, « la réalité économique du terrain est tout autre et répondre au marché est une question de survie ». Surtout que « les changements d’orientation en élevage ne s’amortissent pas en cinq ans, il faut nous laisser le temps et la possibilité de nous adapter ».

Des débats qui font écho avec la concertation mise en place en 2017 dans la filière caprine. L’objectif premier de la filière étant de « n’exclure aucun éleveur ». Le premier sujet de travail, le pâturage, a donné lieu à un consensus : « Des chèvres avec un accès à l’extérieur oui, quand l’élevage le permet », précise Franck Moreau, président de l’interprofession régionale caprine.

Des consommateurs prêts à payer plus

Une semaine après, lors de l’assemblée générale de l’AOP Chavignol, les enjeux sociétaux étaient aussi la thématique de la tablenronde deux éleveuses, un représentant des transformateurs, le CLCV, Wellfarm et France nature environnement. Après avoir rappelé les valeurs communes aux AOP fromagères (origine garantie, lien au terroir, savoir-faire traditionnels, goût, transparence, collectif), Dominique Verneau, le président de l’AOP, a présenté les travaux de l’appellation sur l’autonomie alimentaire, le bien-être animal, la biodiversité et l’amélioration de l’empreinte environnementale.

Wendy Si Hassen du CLCV, portant la voix des consommateurs, a rappelé leur attachement à la transparence et a demandé que la communication du Chavignol soit en pleine cohésion avec la réalité des pratiques. « De plus en plus de consommateurs sont prêts à payer plus cher pour des réponses engageantes aux enjeux sociétaux », souligne-t-elle.

Un nécessaire dialogue entre élevage et ONG

Françoise Burgaud pour Welfarm, et Cécile Claveirole pour FNE ont insisté sur l’importance de l’accès à l’extérieur pour les chèvres. En cela, elles n’ont fait que rappeler le consensus obtenu dans le cadre de la concertation menée par l’interprofession nationale sur le bien-être animal. Les représentants de la filière Chavignol ont insisté sur la difficulté pour les éleveurs en place de modifier des systèmes contraints parfois par l’accès au foncier, les conditions de travail et le manque de main-d’œuvre.

Les 35 éleveurs présents lors de l’AG ont pu exprimer et partager leurs expériences et leurs points de vue, ce qui a rendu le débat d’autant plus enrichissant. En conclusion, tous les participants ont pu convenir que le dialogue entre associations, ONG et représentants de la filière, y compris au niveau local était indispensable pour faciliter la compréhension mutuelle et donc in fine la convergence des objectifs des uns et des actions des autres, pour une réponse commune aux enjeux sociétaux.

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Ma vie avec les chèvres est un récit sensible où les chèvres parviennent à réparer les fragilités intérieures de l’auteur.
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