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« La prévention, l’assurance santé des chevreaux »

Des lots homogènes en fonction de l’âge et du gabarit des animaux permettent une alimentation adaptée au stade physiologique des jeunes. © D. Hardy
Des lots homogènes en fonction de l’âge et du gabarit des animaux permettent une alimentation adaptée au stade physiologique des jeunes.
© D. Hardy

RENÉE DE CREMOUX, vétérinaire à l’Institut de l’élevage © D. Hardy

« L’élevage caprin est un élevage de groupe, saisonné, et la survenue de maladies chez les chevreaux peut rapidement prendre de graves proportions. Dans ces conditions, l’utilisation d’antibiotiques peut être nécessaire. Cependant, la prévention est, à terme la seule clé efficace et économiquement rentable pour gérer la santé des troupeaux.

« Pour limiter le recours aux antibiotiques »

Les antibiotiques doivent être utilisés à des fins essentiellement curatives, de manière ponctuelle et raisonnée, c’est-à-dire avec une administration individuelle, la prise en compte du poids de l’animal et le respect des doses et de la durée d’administration. Telle est l’approche adoptée par 82 % des 46 éleveurs caprins interrogés lors d’une enquête. Ce recours raisonné aux antibiotiques vise à limiter l’apparition des antibiorésistances. Lorsque la maladie s’étend au lot, les éleveurs interrogés sont un tiers à traiter l’ensemble des chevreaux. Cela concerne surtout les diarrhées (60 %), devant les arthrites (26 %) et les maladies respiratoires.

De bonnes conditions d’ambiance

Les éleveurs enquêtés font part de l’importance de la surveillance des chevrettes. Ils sont attentifs aux premiers signes de maladie de façon à réagir au plus vite. Pour les deux tiers d’entre eux, l’observation des chevrettes est intégrée spécifiquement dans la routine de travail. La prévention repose sur un ensemble de mesures à commencer par la désinfection du nombril et plus tard des oreilles et des boucles pour éviter l’entrée des bactéries. La tétée précoce du colostrum en quantité et qualité suffisante est un point clé pour limiter les risques de diarrhées néonatales, notamment les colibacilloses septicémiques. La thermisation peut limiter la transmission du Caev ou des mycoplasmes. Ensuite, le respect des besoins et des transitions alimentaires permet de limiter les perturbations de flore digestive et les pathologies associées.

Les éleveurs prêtent aussi attention au bâtiment et aux conditions d’ambiance : aération, isolation, chauffage, paillage régulier… Ils sont nombreux à créer des microclimats pour les chevreaux grâce à des lampes chauffantes, des niches ou un plafond abaissé. La constitution de lots homogènes permet de mieux suivre les besoins physiologiques des animaux et limite d’autant les risques d’infections. Enfin, la conduite des chevrettes dans un bâtiment spécifique peut réduire l’exposition précoce à certains pathogènes. »

Une plaquette « Les antibiotiques en caprins » est à télécharger sur Idele.fr.

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