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« Je sème mes prairies à base de luzerne, trèfle violet et brome sous couvert de tournesol »

Pour sécuriser ses prairies face aux sécheresses, Martial Brouqui, éleveur de 330 chèvres en Gaec dans le Lot, implante ses prairies au printemps sous couvert de tournesol.

<em class="placeholder">I M G _ 9 1 0 9 / semis de pois protéagineux de printemps sous les flocons, semoir, temps brumeux, brume</em>
La prairie est implantée le même jour que le tournesol est semé.
© C. Gloria/Archives Réussir
<em class="placeholder">Martial Brouqui, éleveur de 330 chèvres en Gaec dans le Lot</em>

« Pendant plusieurs années, nous avons essayé d’implanter nos prairies en fin août-début septembre. Mais nous avons connu de nombreux échecs à cause des sécheresses qui se prolongeaient. Depuis sept ou huit ans, nous testons l’implantation des prairies au printemps sous couverts d’avoine, de sorgho fourrager ou, de plus en plus, sous couvert de tournesol.

Le principe est simple : on laboure, une entreprise sème le tournesol, et le même jour, on implante le mélange prairial. À l’automne, le tournesol est récolté et la prairie qui a commencé à pousser à l’ombre est déjà bien implantée. Cet effet parasol protège les jeunes semis et limite le risque de griller la prairie. Cela fonctionne bien, et en plus, le tournesol est valorisé dans la ration à hauteur de 80 grammes par chèvre.

La luzerne repart après 20 mm

Nous avons testé différents mélanges au fil des ans. Le ray-grass a été abandonné car il ne résiste pas à la chaleur. Nous privilégions désormais les légumineuses – luzerne, trèfle violet et sainfoin – auquel nous associons une graminée adaptée, le brome (riche en sucres, digestible et appétent) ou la fétuque élevée. Sur les terres de causses, la luzerne reste une espèce phare qui repart même après une sécheresse s’il tombe 20 millimètres de pluie.

Avec le climat qui devient de plus en plus imprévisible, sécuriser le système est devenu essentiel. Le fourrage, c’est le cœur de notre système. Nous cherchons à allier rendement et qualité avec des UF, de la MAT, mais aussi de l’appétence et de la digestibilité pour les chèvres. »

Lire aussi : Ces éleveurs s’adaptent au changement climatique

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