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Gènes avenir propose le génotypage en ferme pour les élevages de chèvres

Dès cette année, Gènes avenir propose aux éleveurs caprins une offre de génotypage en ferme. Présenté à Capr’Inov, ce nouvel outil va permettre de caractériser plus rapidement les qualités génétiques des chèvres et des boucs.

<em class="placeholder">Chevrettes saanen</em>
Le génotypage en ferme promet d’être un outil puissant, mais pour l'instant couteux, pour trier rapidement les jeunes reproducteurs selon leur qualité génétique.
© D. Hardy

En 2026, Gènes avenir va proposer aux éleveurs caprins une offre de génotypage en ferme. Le groupement réunissant Capgènes, les coopératives d’insémination et les organisations de contrôle de performances, proposent ainsi un nouvel outil pour mieux choisir les reproducteurs. Capgènes l’a présenté lors de trois conférences au salon Capr’Inov, avec, à chaque fois, des salles remplies, signe de l’intérêt des éleveurs et de techniciens.

Pour cette année de lancement, le génotypage sera réservé aux éleveurs adhérents à Capgènes ayant réalisé des IA en 2025. Le génotypage sera ouvert aux femelles comme aux mâles, mais avec des limites du côté des boucs : le nombre de mâles génotypés sera plafonné à 10 % des IA de 2025, et chaque bouc concerné devra être associé à au moins deux femelles génotypées. « Ces restrictions ne sont pas techniques, mais stratégiques, assume Yves Rouault, le directeur de Capgènes. C’est une façon de protéger le schéma de sélection. »

L’offre de génotypage va évoluer

Le service de génotypage sera porté par les entreprises de mise en place de semences, les entreprises de conseil en élevage et par Capgènes pour les zones non couvertes. Le délai, les modalités de prélèvement, les services associés et les tarifs sont en cours de définition dans chaque structure. Capgènes indiquait cependant un ordre d’idée des prix : à partir de 35 euros pour les femelles et de 125 euros pour les mâles si l’éleveur assure lui-même le prélèvement dans le cartilage des oreilles. « Pour les délais, il faudra attendre au moins trois semaines quand tout se passe bien », prévient Apolline Bailly-Salins de Capgènes.

« Le génotypage en ferme sera le fil rouge de l’année 2026 pour Gènes Avenir, assure Yves Rouault. L’offre évoluera au fil du temps et on pourra envisager de l’ouvrir plus tard aux non-adhérents ». Capgènes avoue ne pas trop savoir combien de génotypage seront demandés la première année. « Si, demain, les volumes augmentent, on pourra probablement obtenir des offres tarifaires encore plus intéressantes ».

Index génomique plus rapide et plus précis

Le génotypage en ferme se veut un outil complémentaire au contrôle de performance et à l’insémination. Contrairement aux index classiques qui reposent sur les performances de l’animal et sa généalogie, l’index génomique regarde directement l’information génétique réelle. « Le génotypage nous donne une information plus précoce et plus précise, résume Apolline Bailly-Salins. Dès la naissance, nous savons quelles combinaisons d’allèles l’animal a réellement héritées. »

Pour l’éleveur, l’intérêt est d’identifier clairement et rapidement les bons et les moins bons reproducteurs, qu’il s’agisse des chevrettes ou des jeunes boucs. Plutôt que d’attendre une première lactation ou plusieurs campagnes de mises bas, on dispose tôt d’une estimation fiable de la valeur génétique.

Éviter des boucs avec des gènes défavorables

À partir de 2026, les index génomiques seront intégrés dans le plan d’accouplements programmés (PAM). Cela signifie qu’un éleveur pourra utiliser directement ces informations pour construire ses accouplements, en particulier sur les chevrettes inséminées. « Pour ceux qui font déjà des IA sur chevrettes, on pourra mettre en face des boucs adaptés au profil génétique de chaque femelle, explique Apolline Bailly-Salins. Les plans d’accouplement gagneront en finesse, notamment pour les animaux jeunes, dont les index classiques étaient jusqu’à présent moins précis. »

Le génotypage ne produit pas seulement des index globaux ; il offre aussi des informations sur des gènes d’intérêt particulier comme celui codant pour la caséine α-S1 ou celui pour la résistance à la tremblante. A contrario, le génotypage permet de repérer des gènes défavorables comme celui nommé DGAT1 qui entraîne une forte dégradation du taux butyrique. La plupart des animaux n’en sont pas porteurs mais les hétérozygotes perdent déjà en moyenne 1 à 2,5 points de TB tandis que les homozygotes perdent en moyenne plus de quatre points en saanen et près de sept points en alpine. « Le génotypage permet d’éviter les boucs porteurs de cette mutation et limiter ainsi l’impact négatif sur ses nombreuses filles », apprécie Lynda Jourdain d’Innoval.

Retrouver les parents grâce à l’ADN

Un autre intérêt du génotypage est l’assignation de parenté. La lecture de l’ADN permet ainsi de vérifier automatiquement la compatibilité génétique entre un animal et ses parents déclarés. « S’il y a une incompatibilité, l’animal est automatiquement exclu de la chaîne d’indexation et on le compare alors à tous les génotypes que l’on a en stock pour essayer de retrouver les parents compatibles », détaille Apolline Bailly-Salins.

L’offre de génotypage est encore en cours de construction. « L’idée est de revenir vers les éleveurs avec des services vraiment adaptés qui permettent d’accompagner les éleveurs dans leurs décisions d’accouplement et de renouvellement », conclut Lynda Jourdain d’Innoval.

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