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Femme, mère et éleveuse

Alix Mallecourt est installée dans le Rhône avec son compagnon depuis 2008. Depuis huit ans, l’éleveuse doit jongler entre son troupeau et sa vie de famille.

Alix jongle entre chèvres et enfants. © M.-A. Batut
Alix jongle entre chèvres et enfants.
© M.-A. Batut

« Être éleveuse ce n’est pas toujours évident, estime Alix Mallecourt. Il faut gérer son élevage, sa vie de famille et sa vie de femme. Trouver sa place dans ces trois rôles ce n’est pas facile au début ». Chaque jour, elle doit gérer avec son compagnon le troupeau de 350 chèvres Saanen, de 120 chevrettes de renouvellement et ses enfants de 6 et 9 ans. Elle est installée à Ouroux dans le Rhône depuis janvier 2008 avec son compagnon Jean-Noël Thizy. Elle est devenue cogérante de l’exploitation, devenue l’EARL Capricornus, trois mois après la naissance d’Elisa leur premier enfant.

Femme, mère et éleveuse : un équilibre difficile à trouver

Pour elle, la difficulté d’être une femme éleveuse tient surtout au fait de devoir s’occuper de l’élevage et de la famille. Il faut gérer « le troupeau, le ménage, les enfants, les repas, les devoirs… » Il faut savoir s’organiser. L’avantage selon l’éleveuse est qu’elle « élève des enfants autonomes, ils savent faire la cuisine, le ménage… Ils auront sans doute beaucoup plus de jolis souvenirs de jeunesse que moi qui ai grandi à Lyon et passé une partie de mon enfance devant la télé ».

Pour améliorer les conditions de travail d’Alix et lui faire gagner du temps le couple souhaite investir dans distributeur automatique d’aliments. Son conjoint s’occupe lui principalement des 40 hectares de terrains. Les chèvres pâturent de mai à octobre sur des parcelles qui sont aussi utilisées pour produire du foin. Ils cultivent trois hectares de céréales. L’EARL est ainsi autonome pour l’alimentation du troupeau. L’exploitation permet à Alix de se dégager un petit smic et de faire ainsi vivre sa famille.

Découverte tardive du monde agricole

Alix a grandi à la Croix-Rousse à Lyon et a découvert le monde agricole à seulement 15 ans lors de la visite d’un lycée agricole. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à s’intéresser à l’élevage caprin et a décidé de faire un bac CGEA à Saint-Genest-Malifaux dans la Loire.

Après ses études, elle a eu un premier projet d’installation en élevage caprin. Suite à « des divergences d’opinions entre associés, ce projet n’a pas abouti ». Elle a ensuite exercé divers métiers. C’est lorsqu’elle a retrouvé Jean-Noël Thizy, qu’elle connaissait depuis quelque temps, qu’elle s’est finalement installée avec lui, quelques mois après la naissance de leur premier enfant.

Une production minée par la paratuberculose

Depuis le 18 mai 2016, l’éleveuse est aussi administratrice d’Eurial, la coopérative ou le couple livre sa production. Elle souhaitait « s’engager et se sentir plus impliquée dans la coopérative ». La production n’est pas aussi importante qu’elle le devrait. Les chèvres produisent actuellement 200 000 litres par an alors qu’elles pourraient aller jusqu’à 250 000 litres. En 2010, l’élevage a été touché par de la paratuberculose et, depuis, le troupeau peine à s’en remettre. Le couple cherche constamment des solutions pour augmenter sa production : amélioration génétique, test de différentes alimentations, tests de différentes heures d’alimentation… Ils ont de plus arrêté de désaisonnaliser une partie du troupeau. L’éleveuse a aussi décidé de faire venir un technicien d’Eurial pour lui apporter un regard et une aide extérieure. Les éleveurs espèrent ainsi augmenter leur production et leurs revenus.

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