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« Du lait de chèvre toute l’année avec une conduite simplifiée »

Au Gaec Duffaud, à Lussan dans le Gard, la majorité des chèvres sont conduites en lactation longue depuis huit ans. À la clé, du lait toute l’année sans avoir à gérer plusieurs périodes de mises bas et une conduite technique simple.

Parmi les chèvres d'Amandine et Fabien (photo) Duffaud, 64 % sont conduites en lactation longue. Un changement radical et une simplification après avoir travaillé avec trois périodes de mises bas.
Parmi les chèvres d'Amandine et Fabien (photo) Duffaud, 64 % sont conduites en lactation longue. Un changement radical et une simplification après avoir travaillé avec trois périodes de mises bas.
© C. Lemoine/Adice

Avec leur système de transformation actuel, les associés du Gaec Duffaud ont besoin de lait toute l’année. Étaler la production laitière leur permet de répartir les entrées d’argent, la charge de travail ainsi que la quantité de lait à transformer chaque jour en fromagerie, et de répondre à la demande de leurs clients.

Une soixantaine de chevrettes sont mises à la reproduction en saillie naturelle avec deux jeunes boucs. Les primipares sont systématiquement gardées en lactation longue afin qu’elles puissent terminer leur croissance et se reposer avant une nouvelle mise bas. Les deuxièmes lactations sont toutes mises à l’insémination artificielle (IA). Pour atteindre une soixantaine d’IA par an, les meilleures chèvres du troupeau (critère production et index combiné caprin) complètent le lot en écartant les plus âgées ou en échec de reproduction l’année précédente. Le reste du troupeau poursuit sa lactation. Ainsi, 64 % du troupeau de 180 chèvres est en lactation longue.

Pas de bouc adulte

Mis à part les chevrettes, la reproduction se fait uniquement par IA et aucun bouc adulte n’est gardé. Afin de choisir les chèvres qui seront inséminées, les éleveurs ne regardent pas les critères cellules ou baisse de production. « Lorsqu’une chèvre produit significativement moins de lait, elle possède souvent un autre problème comme de l’arthrite, des symptômes Caev, etc., ont constaté Fabien et Amandine Duffaud, les éleveurs. Par conséquent, remettre cette chèvre à la reproduction ne donne généralement pas un résultat satisfaisant au niveau de la production laitière. Ainsi, si une chèvre possède de mauvais résultats sur ces critères-ci, nous préférons la réformer. »

Deux lots sont ainsi créés annuellement : les primipares avec les secondes lactations, d’un côté, et le reste du troupeau, de l’autre. Le réallotement se fait tous les ans en début d’année avec l’arrivée des chevrettes, environ un mois avant leur mise bas.

Suivi des généalogies

« Au départ, nous nous faisions un lot de lactations longues et un lot de chèvres avec mise bas, mais comme les naissances étaient très groupées, nous avions du mal à suivre les généalogies. Parfois, plusieurs chevreaux naissaient en même temps, et ce n’était pas toujours simple d’identifier avec certitude la mère de chaque chevreau. Avec des mises bas reparties dans les deux lots, nous avons moins ce problème. Le mode d’allotement actuel permet également aux primipares de mieux s’intégrer aux autres, car les deuxièmes lactations n’ont pas encore tout à fait leur taille adulte. Les plus vieilles sont parfois bagarreuses après leur mise bas, ce qui pouvait poser problème avant lorsque les primipares étaient avec », retracent-ils.

La répartition des naissances dans les deux lots facilite l’identification de la mère des chevreaux, améliorant ainsi le suivi de la généalogie. Avec une centaine de mises bas à suivre chaque année de façon groupée, cette organisation simplifie nettement le travail des éleveurs.

Réduire le renouvellement

« Autre effet positif, les chèvres en lactation longue se portant généralement bien, nous allons certainement baisser le taux de renouvellement, car notre besoin de réformer des chèvres diminue », analysent les éleveurs.

Toutes les chèvres reçoivent la même alimentation, y compris pendant le tarissement. Avant les mises bas, en janvier-février, la ration est composée de 50 % de foin de luzerne, 50 % de foin de Crau deuxième coupe ainsi que de 450 g de mélange orge-maïs. Une transition alimentaire progressive est effectuée jusqu’à atteindre la composition de la ration de pleine lactation distribuée tout le reste de l’année : foin de luzerne, foin de trèfle première coupe et 700 g de mélange orge-maïs. En janvier-février, pendant le tarissement, toutes les chèvres montent sur le quai de traite deux fois par jour pour recevoir leur concentré.

Ainsi, avec une production de lait toute l’année, des mises bas groupées et moins nombreuses, Fabien et Amandine Duffaud ont simplifié le travail. Leurs chèvres sont aussi en meilleure santé, elles ne s’épuisent pas et n’ont pas de baisse d’immunité comme on peut le voir après les mises bas. Seul inconvénient peut-être, le choix plus limité pour la sélection génétique.

Camille Lemoine, conseille élevage à Adice

« Alimentation unique pour tout le troupeau »

« Au Gaec Duffaud, la pratique des lactations longues permet de simplifier le travail tout en répondant au besoin d’étalement de la production sur l’année. Le choix a été fait d’une alimentation unique pour l’ensemble du troupeau. L’expérience des éleveurs, le suivi des chèvres par l’observation, l’analyse des données issues du contrôle laitier ainsi que l’investissement dans la génétique avec la pratique de l’insémination artificielle permettent d’obtenir de bons résultats avec cette conduite simplifiée. »

Chiffres clés

Gaec Duffaud

180 chèvres de Saanen
190 000 l de lait transformés (≈ 1 050 l/chèvre)
3,5 UTH : 2 associés et 2 salariés
52 ha de SAU
Mises bas fin février-mars, 60 IA, 64 % de lactations longues
Rédaction Réussir

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