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Comment le lycée agricole de Melle transforme la fièvre Q en outil pédagogique ?

Dans un territoire caprin très exposé à la fièvre Q, le lycée agricole de Melle a fait de cette zoonose un support d’enseignement concret, mêlant biosécurité, santé publique et animale.

<em class="placeholder">Vaccination des chevrettes contre la fièvre Q au lycée agricole de Melle (Deux-Sèvres)</em>
En assumant la présence de la maladie, en la transformant en situations d’apprentissage et en articulant santé animale, santé humaine et économie de l’élevage, le lycée de Melle montre comment une zoonose peut devenir un support pédagogique puissant.
© E. Bonneau

Touché en 2015 par un épisode d’avortements caprins liés à Coxiella burnetii et dans une zone très exposée à cette zoonose, le lycée agricole de Melle (Deux-Sèvres) vaccine chaque année ses chevrettes contre la fièvre Q. Émilie Bonneau, enseignante au lycée agricole de Melle commence systématiquement par rappeler cet historique à ses étudiants en BTS métiers de l’élevage.

Chaque année, la vaccination devient un TP grandeur nature : contention, injections, organisation du chantier, lecture des RCP (résumé des caractéristiques du produit), consigne lors des mises bas, équipements de protection individuelle… « L’objectif est de faire de la biosécurité une compétence professionnelle, pas une simple notion théorique », explique l’enseignante.

Les enseignants en productions animales évoquent aussi les risques de cette zoonose pour les personnes vulnérables. « J’ai eu un élève asthmatique qui s’est retrouvé hospitalisé après un épisode de fièvre Q chez son maître de stage », rapporte-t-elle. La transparence est donc de mise avec les élèves comme avec tous les professionnels en lien avec l’exploitation du lycée.

Mettre les étudiants en situation

Pour Guillaume Pelletier, enseignant en bac pro CGEA à Melle également, la fièvre Q devient un exercice de gestion de crise. Après le TP, les élèves doivent bâtir un plan de biosécurité adapté au lycée : « Je leur dis : la fièvre Q est au lycée. Qu’est-ce que vous faites ? Quelles mesures vous mettez en place pour protéger les gens et le troupeau ? »

Les groupes travaillent sur les différents axes de la biosécurité avec, à la clé, une prise de conscience très concrète des responsabilités d’un chef d’exploitation agricole. La simulation est aussi l’occasion de se poser la question de l’intérêt de la vaccination. Les élèves calculent le coût du vaccin et le temps passé puis le comparent aux pertes potentielles d’une vague d’avortements ou d’une baisse de production laitière. « Ils voient vite que oui, vacciner, c’est du temps et de l’argent… mais par rapport à 75 % d’avortements, le calcul est vite fait », résume Guillaume Pelletier.

Un jeu sérieux sur la gestion des zoonoses

<em class="placeholder">Elèves et enseignants avec Zoojeu</em>
Zoojeu est un jeu sérieux pour l’élaboration de scénarios de prévention et de gestion des zoonoses prenant pour exemple la fièvre Q. Il place les éleveurs au cœur de la gestion d’un foyer de zoonose, en prenant au sérieux leurs expériences et leurs savoirs. 

Le lycée va plus loin en participant au dispositif Zoojeu, développé par l’Inrae en lien avec le dispositif Reso’them. Dans ce jeu de rôle, les étudiants et les enseignants ont simulé la gestion sanitaire, humaine, sociale et économique d’un foyer de fièvre Q en partant de la chèvrerie du lycée, de l’expérience d’éleveur du directeur de l’exploitation, Denis Boulenger. « L’idée, était de considérer les étudiants comme des acteurs de santé communautaire et de montrer que les médecins connaissent parfois peu de choses sur les zoonoses », explique Émilie Bonneau. Une manière très concrète d’introduire l’approche One Health (une seule santé) dans les formations.

Comité fièvre Q

Le comité fièvre Q met à disposition des fiches pratiques pour les vétérinaires et les éleveurs. Elle a organisé une série de webinaires dont le dernier aborde le traitement de fièvre Q dans les établissements d’enseignement agricole.

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