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Combien ça rapporte un élevage caprin angora spécialisé ?

Éleveuse de chèvres angoras dans les Hautes-Alpes, Alice Ferment produit du mohair qu’elle vend via un magasin de producteurs. Elle nous partage ses résultats économiques.

Alice Ferment a repris en 2019 une ferme caprine angora des Hautes-Alpes. Ingénieure agronome de formation, elle s’est installée hors cadre familial en bio, motivée par le souhait de valoriser localement la laine mohair et de pratiquer une agriculture respectueuse de l’environnement. Dès son installation, elle a pu intégrer un magasin de cinq producteurs fermiers de laine Créations du Bochaine. « C’est une chance d’avoir pu vendre dès la première année, apprécie l’éleveuse de trente-deux ans. J’ai pu avoir tout de suite des rentrées d’argent pour rembourser mes emprunts. »

La chèvrerie de 350 m² et le hangar à fourrage de 200 m² sont loués. Les investissements initiaux sont restés maîtrisés avec 43 000 euros pour le matériel agricole et d’élevage, 6 500 euros pour le troupeau et 1 500 euros en parts sociales du magasin. Grâce à un portage de la Safer, les terres ont été louées pendant quatre ans puis rachetés en 2023.

Des investissements et dépenses d’élevages limités

Le troupeau compte environ 65 chèvres angoras, dont 20 femelles adultes et 34 mâles castrés. La production annuelle atteint 250 kilos de mohair brut, soit 3,8 kilos par animal, un niveau satisfaisant rendu possible par la bonne valeur génétique du troupeau.

<em class="placeholder">Vente de laine à l&#039;occasion d&#039;une animation</em>

En 2021-2022, 176 kilos de mohair ont été commercialisés, à 100 % via le magasin de producteurs, à un prix moyen de 230 euros le kilo. Ces 40 500 euros de produits caprins sont complétés par la vente de mâles castrés (700 euros) et l’aide caprine (400 euros). L’exploitation touche aussi 28 300 euros d’aides Pac (ICH et DPB) et 7 500 euros d’aides contre la prédation.

Côté charge, les plus grosses dépenses concernent la laine avec la transformation du mohair (85 euros du kilo brut pour : lavage, peignage, cardage, filage en Italie puis : teinture, façonnage, tricot en France via la Sica Mohair) et les frais de commercialisation (40 euros du kilo transformé via la commission de 15 % et le temps de travail à la boutique Créations du Bochaine). Les frais d’élevage sont limités car l’exploitation est autonome grâce à ses 24 hectares de SAU, dont 2 hectares de céréales, et ses 18 hectares de parcours.

Des surfaces aidées et une bonne valorisation

L’excédent brut d’exploitation est ainsi de 27 700 euros qui permet un revenu de 20 700 euros, une fois les 7 000 euros d’amortissement retiré. Pour Henriette Coursange du Syndicat caprin et fromager fermier des Hautes-Alpes, ce résultat, remarquable pour une jeune installation, repose sur trois leviers majeurs : « Des investissements limités, suffisamment de surfaces agricoles pour être autonome au niveau alimentaire et bénéficier des aides de la Pac, et une bonne capacité de vente des produits mohair. »

Consciente de la fragilité d’un débouché unique, Alice a depuis intégré un second magasin de producteurs en Isère.

Portrait de ferme et détail des comptes

Le détail des résultats économiques de la ferme est à retrouver dans une fiche sur aneca-mohair.com/…/Portrait-eleveur-Alice. pdf.

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