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Canard à foie gras : il reste six ans pour passer à 100 % d’ovosexage en mulard

La filière du canard à foie gras se donne jusqu’à 2030 pour mettre en place l’ovosexage sur la totalité des canetons qui seront engraissés.

<em class="placeholder">L’accord interprofessionnel du Cifog prévoit six ans de délai pour parvenir à ovosexer 100 % des canetons élevés et engraissés en France.</em>
L’accord interprofessionnel du Cifog prévoit six ans de délai pour parvenir à ovosexer 100 % des canetons élevés et engraissés en France.
© A. Puybasset

Lire aussi : L’ovosexage des canetons passe à la vitesse supérieure

Contrairement à la filière de l’œuf de consommation, qui a été incitée à appliquer l’ovosexage avec une certaine précipitation, sous la pression des pouvoirs publics, celle du foie gras s’est donnée du temps et autofinance sa transition vers l’ovosexage.

Lire aussi : L’interprofession du foie gras Cifog construit son plan RSO

L’accord interprofessionnel, signé en avril 2024, prévoit six ans de délai pour parvenir à ovosexer 100 % des canetons élevés et engraissés en France, à l’exception des souches bénéficiant d’un protocole de sauvegarde génétique.

Lire aussi : L'interview de Fabien Chevalier, président du Cifog

Les femelles nées d’erreurs de sexage devront être élevées. Le Cifog demande déjà que le taux de canes présentes dans un lot mis en place en engraissement soit déclaré dans la base de données BD avicole, précisant qu’un « taux supérieur à 3 % pourra donner lieu à une négociation commerciale ».

Les trois entreprises déjà équipées se sont engagées à mettre une « solution économiquement acceptable » à la disposition des accouveurs non équipés, et ce, avant le 1er juillet 2026. Ces derniers auront alors un an de délai pour mettre en œuvre le dispositif.

Un financement mutualisé pendant trois ans

Pour éviter une distorsion de prix entre un caneton non ovosexé et un caneton ovosexé (qui lui serait préjudiciable) et pour donner un coup de pouce à cette transition, le Cifog a décidé de financer une partie des coûts d’ovosexage.

Depuis le 1er juillet 2024 et jusqu’à fin juin 2027, tous les éleveurs de canetons mulards, issus ou pas d’œufs sexés, paient une cotisation obligatoire de 0,25 euro HT par animal livré à l’heure actuelle. Cette cotisation est facturée jusqu’au transformateur ou bien à l’engraisseur en cas d’abattage en prestation.

Les fonds collectés par les accouveurs sont versés à l’interprofession du foie gras, qui reverse aux accouveurs 0,55 euro par caneton mulard ovosexé. Cela compense les surcoûts d’ovosexage qui ne sont pas répercutés aux acheteurs de canetons.

L’aide cessera le 1er juillet 2027. D’ici là, les niveaux de cotisation et de compensation pourraient évoluer, dans la mesure où les volumes de mulards sexés vont fortement croître d’ici 2027.

« Le canard de chair peu concerné par l’ovosexage »

Guy-Marie Brochard, président du Cicar

Lorsque les accouveurs palmipèdes sont venus nous présenter cette innovation, nous nous sommes légitimement interrogés sur son intérêt en conseil d’administration du Cicar. Au final, il ressort de nos échanges internes que nous sommes peu concernés et peu intéressés par cette possibilité de sexer les animaux dans l’œuf. En effet contrairement à nos confrères de la filière palmipède à foie gras, la filière palmipède à rôtir élève à la fois ses animaux mâles et ses animaux femelles. Il est également à noter que le surcoût d’une telle technologie reste prohibitif pour une filière comme la nôtre en recherche de compétitivité, d’autant que le sexage post-éclosion répond aujourd’hui pleinement au besoin de la filière canard à rôtir. »

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