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En Haute Loire chez Eric Freychet
Un revenu de 20300 € avec 20 hectares

A Saint-Romain Lachalm, Eric Freychet produit une cinquantaine de veaux gras par an avec vingt Montbéliardes et sur ses vingt hectares dégage un revenu jugé correct.

La possibilité d'acheter des limousins naissants est une bonne opportunité. Les croisés charolais montbéliard sont de loin préférés aux croisés limousin montbéliard.
La possibilité d'acheter des limousins naissants est une bonne opportunité. Les croisés charolais montbéliard sont de loin préférés aux croisés limousin montbéliard.
© F.Alteroche

Quelle autre production de viande bovine que le veau sous la mère peut permettre de dégager un revenu de 20300 euros avec seulement 20 hectares de SAU à 850 mètres d’altitude et 20 vaches auxquelles s’ajoute il est vrai, un poulailler label de 400 mètres carrés (3,5 lots/an) ? Certes chez Eric Freychet, l’ancienne étable entravée n’a rien de rutilant, mais ramené à la vache présente ou à l’hectare de SAU, le chiffre d’affaires et le revenu dégagé le sont davantage. Les 20652 € d’EBE de l’an dernier (355 € d’annuités) attestent de l’efficacité de cette production pour dégager du revenu sur une structure de taille modeste, lorsque la production est bien conduite. « Je me suis installé comme double actif en 1988 sur 10 hectares à la suite de mes parents alors producteurs laitiers avec 28 000 litres de quota », explique Eric Freychet. Choix est alors fait de conserver la dizaine de Montbéliardes, mais de cesser le lait et d’opter pour du veau gras en travaillant avec des bouchers. Après 10 ans de double activité, un nouveau pas est franchi en s’installant à temps complet après avoir opté pour la volaille label en complément, acheté 10 hectares qui se libéraient dans le voisinage et doublé le nombre de vaches. « C’était pour moi la dernière année où il était possible d’avoir la dotation jeune agriculteur (DJA) et puis faire les deux x huit dans une usine de plasturgie, plus le travail à la ferme était devenu éprouvant. »

Le choix des Montbéliardes

C’est aussi à cette période que le choix est fait d’adhérer à la coopérative des veaux des Monts du Velay Forez et de continuer à travailler avec des Montbéliardes. Pas question d’opter pour une race à viande spécialisée. « Si j’avais des Limousines ou des Blondes, je vendrais peut-être les veaux plus cher, mais une vache ne me permettrait d’allaiter qu’un seul veau, alors que l’an dernier, j’ai engraissé 52 veaux avec une vingtaine de vaches auxquelles s’ajoutent les quatre génisses de renouvellement conduites leurs premiers mois presque comme des veaux de lait. » L’essentiel des vaches sont des Montbéliardes, mais avec du recul, Eric Freychet regrette de ne pas s’être orienté vers la Simmental dont les veaux sont mieux valorisés avec un niveau de production laitière quasi identique compte tenu du mode de conduite. « Je fais inséminer 4 vaches avec du Simmental pour mon renouvellement, avec au besoin rachat de velles laitières et le reste du troupeau est en croisement. Je mets du Blond sur les génisses et du Charolais ou de l’Inra 95 sur les vaches. » Des petits veaux sont régulièrement achetés au fil des départs de veaux gras pour valoriser au mieux le lait disponible avec l’objectif d’engraisser le plus possible d’animaux ramenés à la vache présente. « Je les achète autour de 5 semaines en prenant surtout des croisés Charolais Montbéliard et en évitant absolument les croisés Holstein. J’achète aussi parfois des veaux naissants limousins. » Les 33 achats de l’an dernier (dont deux velles montbéliardes pour le renouvellement) ont été payés une moyenne de 427 € et le prix moyen de l’ensemble des veaux gras commercialisés a approché les 850 € (128,6 kg de carcasse à 6,90 € du kilo pour la plupart classés 2U2). Pour les veaux achetés, l’objectif est de doubler le prix d’achat avec comme dans toute activité d’engraissement plus ou moins de réussite suivant le potentiel de départ des animaux. « Je vends les femelles vers 4 mois et les mâles vers 4,5 mois. » Les ventes ont lieu tout au long de l’année en essayant d’éviter juillet et août sans pour autant se l’interdire (1).

15 À 20 veaux à l'étable toute l'année

« Je cherche surtout à maximiser le nombre de veaux produits par vache en faisant inséminer les animaux au plus tôt après le vêlage. » En procédant ainsi, les rentrées d’argent sont régulières avec bien entendu l’obligation de faire téter des veaux tout au long de l’année. Certes le bâtiment utilisé est loin d’être des plus fonctionnel, mais il a limité les investissements et les conditions de travail demeurent acceptables en cantonnant le troupeau à 20 vaches. « J’ai une moyenne de 15 à 20 veaux à l’étable toute l’année et jusqu’à 30 à certaines périodes. Je compte environ une heure à chaque tétée, plus une heure et demi matin et soir en hiver pour affourager (foin et enrubannage) et curer les 25 vaches et génisses à l’attache. » 

(1) En 2008, 44 veaux ont été vendus à la Coopérative des Veaux des Monts du Velay Forez, dont 3 en janvier, 8 en février, 1 en mars, 4 en avril, 4 en mai, 4 en juin, 1 en juillet, 3 en août, 6 en septembre, 6 en octobre, 1 en novembre et 3 en décembre.

Chiffres clés

■ 20 ha de SAU dont 11 ha de prairie permanente, 6 ha de prairie temporaire et trois ha de triticale ;

■ 20 vaches de type mixte et deux fois 4 génisses de renouvellement pour une cinquantaine de veaux engraissés par an. 26 droits PMTVA;

■ un poulailler label de 400m2.

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