Aller au contenu principal
Font Size

Prendre les marchés quand ils sont là

Les nouveaux marchés font parler les acteurs des marchés ! Ils étaient au coeur des débats lors du dernier congrès de la FMBV.

Les ventes de maigre vers la Turquie se développent mais la question de la pérennité de ce marché se pose.
Les ventes de maigre vers la Turquie se développent mais la question de la pérennité de ce marché se pose.
© B. Griffoul

Quand un nouveau débouché fait soudain grimper le prix d'une catégorie donnée, il anime les discussions. Les ventes de maigre vers la Turquie ont inévitablement été abordées lors du dernier congrès de la Fédération des marchés de bétail vifs (FMBV). En début d'année, elles concernaient essentiellement des queues de lots. Au fil des semaines, elles se sont élargies à des broutards plus présentables et homogènes avec des éleveurs qui se laissent tenter par une anticipation de leur date habituelle de vente pour rester dans les critères de poids demandés.

« Si le débouché perdure, il peut conduire à un bouleversement du marché du maigre. Les évolutions en terme statistiques pourraient être sensibles d'ici un an », expliquait Christian Berthet, négociant dans le Rhône et opérateur important vers cette destination. Et de rappeler aussitôt que rien n'est pour autant garanti sur sa pérennité. Certes les engraisseurs turcs ont des besoins, mais leur pays est bordé par des nations turbulentes si on analyse le volet géopolitique. Côté diplomatie, la question du génocide arménien gagne à être abordée par le seul Vatican ! Quand aux aspects sanitaires, ils constituent eux aussi une menace potentielle.

« Le débouché turc, il ne faut pas le rater. Si nous n'y allons pas, d'autres le feront à notre place. L'intérêt est qu'une fois les animaux finis, ils seront consommés sur place et ne viendront pas engorger le marché italien de la viande » , ajoutait Michel Fénéon, directeur d'EuroFrance. Reste que si le prix au kilo vif de ces broutards est attractif, il l'est moins si on le ramène à la tête. « Comparativement à des animaux jusque-là vendus sur l'Italie à 400 kilos, il va nous manquer au moins 200 euros par tête », soulignait un éleveur.

« Même si c'est l'export pays tiers qui tire les prix, il ne faut surtout pas oublier nos habituels clients italiens ! », rappelait Michel Fénéon en expliquant que la péninsule demeurera notre premier débouché pour le maigre à l'export. Il n'a toutefois pas caché que même en Italie, le souhait de bien des engraisseurs est d'orienter les curseurs vers des animaux maigres plus légers. « Les éleveurs français ont trop tendance à dire 'on produit ce type d'animaux et débrouillez-vous pour les vendre'. » Il  faut bien au contraire chercher en permanence à adapter le produit aux souhaits du client et non l'inverse.

 

Tour du monde des pays producteurs

Le volet « maigre » est une chose. L'aspect viande n'a pas été occulté avec la participation de Marc Feunteun, directeur export chez SVA, lequel a cherché à positiver les choses malgré la conjoncture morose du moment. « La situation évolue. Actuellement les taux de change sont vraiment en notre faveur. » Plusieurs autres facteurs devraient se conjuguer pour faire évoluer plus favorablement la situation. « Les États-Unis ont beaucoup labouré et décapitalisé pour produire davantage de maïs. L'Australie a été confrontée à plusieurs années de sècheresse qui ont mis à mal le cheptel. Les marchés chinois et indonésien aspirent une grosse partie de ses exportations en libérant de la place vers d'autres destinations. » Et de poursuivre son tour du monde des principaux pays producteurs. « L'Argentine entend contenir ses exportations afin de garder des disponibilités sur son marché intérieur. » La viande est un aliment phare dans ce pays. Pour juguler tout risque de troubles sociaux pouvant survenir si le prix de cet aliment se met à flamber, le gouvernement argentin a mis en place une taxe de 30% sur la viande exportée. « En Inde, le nouveau gouvernement est tenu par des indouistes. Ils considèrent que les vaches sont sacrées et ont dernièrement interdit leur abattage dans trois de ses plus grandes régions. Cela aura forcément des incidences dans la mesure où ce pays fait partie des trois plus gros exportateurs mondiaux. » Tous ces facteurs, associés la croissance de la population mondiale font que le responsable commercial de SVA pressent des tensions sur le prix mondial de la viande bovine avec une tendance haussière dans les mois à venir. « Je dis simplement aux éleveurs n'abandonnez pas maintenant, cela va aller dans la bonne direction. »

Activités des marchés à la FMBV

En 2014, les apports de bovins sur les différents marchés adhérant à la FMBV sont en progression de 3,7% (34 000 têtes) avec un total de 955 623 bovins, chiffre incluant les veaux. La plus forte progression de l'année est celle du marché de Mauriac, dans le Limousin. Depuis la mise en place du cadran, les apports ont plus que doublé avec un total de 15 271 têtes l'an dernier. Chiffre qui devrait logiquement encore progresser cette année avec des apports qui ont avoisiné 500 têtes par semaine au premier trimestre 2015.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

L’intérêt de l’épeautre en alimentation du troupeau allaitant tient à la présence des glumes.
L'épeautre, une céréale qui n'apporte pas que de l'énergie
Par la présence des enveloppes du grain riches en cellulose, l’épeautre est utile en engraissement pour sécuriser la ration. Il…
carte Arvalis estimation date de début de récolte du maïs ensilage
Les ensilages de maïs pourraient débuter plus tôt que prévu
Arvalis a publié une carte des dates de début possible des chantiers d'ensilage de maïs. Ce sera autour du 20 août en Rhône-Alpes…
broutards charolais au pré
L'offre en broutards restera limitée dans les prochains mois

Au 1er juin 2020, on dénombrait 511 000 mâles de race allaitante âgés de 6 à 12 mois dans la BDNI : un effectif en recul de 3…

David Durand, éleveur au GAEC des Gariottes (à gauche) et Christophe Seringe, technicien d’élevage à la SCA Le pré vert (à droite), un tandem de choc pour développer le veau rosé bio. © E. Durand
Le veau rosé bio comme alternative au broutard
Le veau rosé bio s’est développé depuis une dizaine d’années dans le Sud-Ouest. Pour le Gaec des Gariottes en Corrèze, cette…
Le marché des reproducteurs bovins allaitants à l’heure du coronavirus
Sur le marché intérieur, le commerce des bovins reproducteurs allaitants est pénalisé par la décapitalisation, la mauvaise…
Vignette
L’aliment liquide apporte énergie fermentescible et azote soluble
Formulé à partir de coproduits locaux, l’aliment liquide est un moyen simple de complémenter des animaux. Il peut se distribuer…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande