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Pas de « folies » sur les concours de Pâques

Les tarifs n’ont pas véritablement flambé sur les concours de bêtes de boucherie. Ils permettent néanmoins une plus-value comparativement à une vente en ferme.

Les concours d’animaux de boucherie organisés dans les différentes régions d’élevages au cours des semaines précédant Pâques ont connu leur succès habituel côté fréquentation. Il y a eu beaucoup de monde sur l’ensemble de ces manifestations attestant ainsi de l’attachement des éleveurs, des acheteurs et plus globalement de l’ensemble des acteurs du monde rural à ces événements de fin d’hiver, annonciateurs du début du printemps. En revanche, les transactions ont été plus laborieuses que les années précédentes. Les stocks sont conséquents dans les frigos et la consommation a clairement manqué de dynamisme au cours des premières semaines de l’année pour tirer les prix. Un manque d’entrain à relativiser. Bien des observateurs redoutaient un contexte encore plus déprimé compte tenu de la mauvaise ambiance sur le marché de la viande.

Apports plus conséquents

En cette année de crise, le nombre d’animaux proposés sur ces concours a surtout été dopé par des éleveurs cherchant à échapper à la morosité des tarifs pratiqués en ferme. Il y avait par exemple 315 têtes sur le concours d’Autun en Saône-et-Loire, soit une cinquantaine de plus que l’an dernier. Si on cumule les effectifs présentés sur l’ensemble de ces manifestations, on arrive vite à un nombre d’animaux conséquent. « À quelques unités prés, il y avait cette année 3 400 têtes sur les différents concours adhérents à la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie de haute qualité (FNCAB) », explique Jean-Yves Renard président de cette même fédération. « Si on y ajoute les nombreux autres petits concours organisés un peu partout en France, l’offre doit frôler les 5 000 têtes. Attention à ne présenter que ce que l’on est à peu près en mesure de vendre. Il faut éviter de trop gonfler les effectifs. Mieux vaut prendre un peu moins d’animaux et surtout mieux les trier. »

Les grands champions se sont dans l’ensemble vendus moins cher que les années précédentes. Une fourchette comprise entre 8 et 12 € du kilo carcasse est le chiffre le plus fréquemment avancé pour les têtes de lot. Au petit jeu des enchères record, les concours aveyronnais conservent la palme avec 16,80 € pour la meilleure Limousine de Baraqueville et 16,20 € pour le meilleur Bœuf Fermier Aubrac de Laguiole. « Il y a eu moins de tarifs records que les années précédentes. Le commerce a souvent été plus long à se faire, mais tout a quand même à peu près été vendu », estime Jean-Yves Renard. Les tarifs pour la plupart des bêtes non classées sont annoncés entre 5,5 et 7 € dans les génisses. Les tarifs décrochent assez vite pour les vaches et les bœufs dès que les conformations se rapprochent trop de l’ordinaire. « Même non récompensées par une première plaque, les tarifs des Parthenaises et des Aubracs se sont globalement bien tenus. Ces deux races ont le vent en poupe dans la boucherie et la restauration. »

F. A.

Bonne ambiance à Lafeuillade-en-Vezie

À côté des concours reconnus par la FNCAB sur lesquels les apports sont les plus conséquents, il existe de nombreuses petites manifestations d’envergure plus locales qui œuvrent, elles aussi, à leur niveau pour mettre en avant la viande de qualité. Le rendez-vous de Lafeuillade-en-Vezie dans le sud du Cantal en fait partie. Il en était à sa 6e édition cette année et, de l’aveu de ses organisateurs, la sauce commence à prendre. Il y avait 49 bêtes avec, Cantal oblige, une majorité de Salers, devant des Aubracs, des croisées et quelques Limousines.

Tous les animaux ont été vendus. Les prix oscillent pour la plupart entre 5 et 7 € avec quelques rares extras un peu mieux vendues dans les têtes de classement. « On aurait pu avoir une quinzaine de bêtes supplémentaires, elles auraient trouvé preneur. Pour autant on veut rester raisonnable. On ne prétend surtout pas vouloir entrer en concurrence avec de plus gros concours comme Laguiole ou Baraqueville. Il faut garder un concours en petit comité où tout le monde se connaît, sinon la manifestation risque de nous échapper », explique Lionel Monier, éleveur de Salers dans le Cantal et une des chevilles ouvrières de cette manifestation. Parmi les acheteurs pas mal de bouchers locaux et quelques GMS. « Quand ils viennent dans le Cantal, les acheteurs veulent des races rustiques. Ces dernières ont d’ailleurs été mieux vendues que les limousines." Dans l’ensemble, il y a très peu de Salers sur les autres différents autres concours. Cela explique aussi peut-être la valorisation correcte de celles proposées à Lafeuillade-en-Vezie.

Les bêtes de boucherie du SIA

Le Salon international de l’agriculture permet d’exposer puis de vendre des animaux de boucherie haut de gamme des trois principales races à viande. Certains d’entre eux sont vendus à l’occasion de ventes aux enchères à des tarifs totalement déconnectés de ce qui se pratique en ferme. La présence d’une caméra et la perspective d’avoir par la suite des images largement diffusées dans certains médias constituent une donnée forcément favorable pour faire monter les enchères. Les 10 femelles limousines vendues lors de la vente organisée par l’OS France Limousin Sélection ont cette année été adjugées dans une fourchette oscillant entre 7 500 et 13 000 €. Des tarifs légèrement en deçà de ceux obtenus au cours de la vente de Blondes organisée par Blonde Pays d’Oc et France Blonde d’Aquitaine sélection pour laquelle les cinq vaches et génisses mises en vente ont été adjugées entre 16,8 et 21 €. La meilleure enchère concerne une vache d’Éric Sazy, éleveur et négociant dans le Tarn-et-Garonne, adjugée 21 €/kg carcasse à SVA Jean Rozé pour l’Intermarché de Saint-Thibaut-des-Vignes (Seine-et-Marne).

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