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Races bovines
La Saosnoise prend son indépendance par rapport à sa cousine la Rouge des Prés

Issue des races Mancelle, Durham et Percheronne, la Saosnoise, présente aux confins de la Sarthe, l´Orne et la Mayenne, a été présentée au Sia pour la première fois cette année. Environ 500 reproductrices sont recensées et constituent la base d´actions de conservation génétique.


Rien à voir avec la Saône qui passe en Bourgogne : le Saosnois est une région agricole à cheval entre l´Orne, la Sarthe et la Mayenne où coule une petite rivière qui s´appelle l´Orne saosnoise. Dans cette riche région d´élevage, centrée sur les cantons de Marolles-les-Brault (Sarthe) et Mamers (Orne), ceux qu´on appelait « les animaux du Saosnois » ont une certaine réputation bouchère localement et sont assez cotés pour leur rendement en viande et leur grain de viande. « Leur grain de viande proche de celui de la Normande, leur carcasse lourde avec une ossature fine expliquent que leur élevage ait persisté et des présentations ont toujours eu lieu dans les comices locaux, au festival d´Evron et aux quatre jours du Mans », explique Dominique Heuzé, président de l´Association pour la promotion et la valorisation de la race Saosnoise.

C´est suite à une étude sur cette population bovine, conduite par des étudiants en BTS du CFA de Rouillon, que des éleveurs ont manifesté leur volonté de la préserver, et de la faire reconnaître en tant que race. Une association a été créée en 1997 et l´Institut de l´élevage, l´EDE de la Sarthe, l´Urco, le Conseil régional des Pays de la Loire au travers du Crapal (conservatoire des races animales en Pays de la Loire) ainsi que le Conseil général de la Sarthe participent à cette action. Le programme s´est mis en place progressivement (voir encadré) et en 2000, le code race 88 a été attribué à la Saosnoise. C´est un standard de la race qui avait été écrit en 1939, mais n´avait pu aboutir à la constitution d´un herd-book à cause de la guerre, qui a été repris et adopté pour l´instant.
©S. Bourgeois

©S. Bourgeois


Robes variées et tête longue et massive
La Saosnoise provient très vraisemblablement de l´interpénétration au cours du vingtième siècle des races Durham, Mancelle et Percheronne - une variété de l´ancienne population normande. Elle a connu quelques infusions de Normande. « Dans les années vingt, une prime incitait les éleveurs à utiliser des taureaux normands », raconte Dominique Heuzé. Et aussi, surtout au cours des vingt dernières années, une certaine influence des Durham-Manceaux (appelés depuis 1909 les Maine-Anjou et maintenant Rouges des Prés). « La Saosnoise se différencie de la Rouge des Prés en particulier par sa tête, nettement plus longue et massive, qu´elle a hérité de la Mancelle. » Le standard parle d´une tête grosse, d´un front large, d´un chignon développé avec des cornes assez fortes et allongées. « La Saosnoise a conservé une certaine diversité de types et de robes que l´on cherche à maintenir. »
©S. Bourgeois

Les éleveurs de Saosnoises distinguent le type Caille-blond (taches rouge blond), le type Manceau (dominante rouge avec pattes et ventre blanc, souvent des lunettes), le type Durham (rouan à gris) et le type Percheron (taches rouge foncé avec quelques picotures de rouge et noir dans le blanc, membres colorés). La Saosnoise a été traite jusqu´à il y a une quinzaine d´années, pour les dernières vaches, (production de 3000 à 3500 kilos de lait). Elle est une race de grand gabarit à forte conformation, fournissant de beaux spécimens pour les concours d´animaux de boucherie très appréciés dans la région. Les vaches pesant 900 à 1000 kilos ne sont pas rares et le gène culard est très fréquent. « Nous faisons typer les animaux sur la présence du gène culard, mais la priorité actuelle est de consolider le noyau de race pure en essayant de mieux le connaître », explique Dominique Heuzé. La Saosnoise a participé pour la première fois au Sia en 2003 et des sections saosnoises seront constituées au prochain festival d´Evron.
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