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Cotations "entrée abattoir"
La réforme est en marche

Le dispositif français d’établissement des cotations gros bovins «entrée abattoir», diffusé par FranceAgriMer, est en cours de modification. Le dispositif rénové sera mis en œuvre dès 2012.

© source : FranceAgriMer

La réforme des cotations viandes devrait entrer en application dès janvier 2012. Selon FranceAgriMer,cette adaptation répond à une demande de la filière,en vue de rénover un dispositif qui n’avait pas été fondamentalement révisé depuis la fin des années 1960.«Ces dernières années, de nombreux professionnels jugeaient que le système ne répondait plus à leurs attentes», commente Marc Zribi, responsable de l’unité cotations et infor- mations de conjoncture au sein de la direction «Marchés, études et prospectives» de FranceAgriMer.

L’objectif est «de doter la filière d’informations reflétant précisément l’état du marché, afin de favoriser l’adaptation de l’offre à la demande et d’accompagner la contractualisation.» Ce travail a été mené par la filière et les pouvoirs publics. Plusieurs paramètres ont été pris en compte pour faire évoluer les cotations nationales.

Les cotations sont actuellement établies par des commissions régionales de cotations implantées dans dix zones géographiques. En 2012,ce nombre sera réduit, passant de dix à quatre centres de cotations (Lille, Dijon, Toulouse, Rennes). «Avec ces régions de taille significative comp- tant un nombre d’ani- maux important, il sera désormais possible d’éla- borer des cotations représentatives suivant une grille beaucoup plus fine pour couvrir l’ensemble des besoins des acheteurs», poursuit Marc Zribi.

Les nouveaux bassins,redessinés en fonction des flux de production et d’abattage,permettront de rassembler un effectif représentatif pour toutes les catégories d’animaux. Les typologies d’animaux cotées ont été redéfinies au sein de l’interprofession par la filière pour correspondre aux cœurs de gammes du marché.

Cette classification va également être affinée pour permettre de coter au «tiers de classe». Par exemple,pour les bovins de confor- mation R, il sera possible de coter des conformations R-,R= ou R+.Pour mieux valo- riser les animaux,«non seulement la conforma- tion sera prise en compte, mais également, le type d’animaux:mixte, lait ou viande.Et pour certaines catégories d’animaux, jeunes bovins, bœufs, génisses et vaches de race à viande, on distinguera le type racial : Blonde d’Aquitaine, Charolaise ou Limousine, ainsi que l’âge et le poids.

Ces évolutions nécessitent d’importants développements informatiques et un partenariat avec les abattoirs pour que le nouveau dispositif de cotations soit opérationnel dès janvier2012», explique Marc Zribi.Le réseau de correspondants sera également élargi aux abatteurs traitant chaque année plus de 5 000 gros bovins contre 10 000 actuellement, dans des abattoirs de plus de 3 000 tonnes de viande par an. Enfin, il est prévu un transfert informatisé sécurisé des données de prix des abattoirs vers FranceAgriMer par les opérateurs qui le souhaiteront.

Avec le nouveau dispositif, FranceAgriMer publiera chaque semaine une grille dite «cœur de gamme» pour chaque grande zone de cotation, basée sur la grille interprofessionnelle Interbev. Cette diffusion sera complétée par une grille nationale qui agrégera les données du réseau d’abattage et complètera la typologie retenue par l’interprofession. Enfin,une grille européenne synthétisant l’ensemble des informations nationales selon le référen- tiel communautaire de classement dit EUROP,sera établie et diffusée.

Cette dernière,communiquée chaque semaine à la Commission européenne, alimente la base publique de données communautaires de cotations des viandes des 27 États membres. «Ce dispositif contribue à une meilleure connaissance du marché et à l’aide à la décision des autorités publiques, notamment dans l’élaboration de mesures spécifiques de crise.» Sur un autre plan,la mise en œuvre du nouveau dispositif nécessite de faire évoluer le code rural.

Ainsi,dès l’automne, «nous disposerons des bases législatives et réglementaires qui permettront de contrôler les prix relevés au stade ‘entrée abattoir’ et de sanctionner le cas échéant les défauts de déclaration, ce qui renforcera l’efficacité du système», poursuit Marc Zribi. L’objectif est bien d’avoir un dispositif opérationnel sur les plans technique et juridique dès 2012.

Une période d’observation d’un an,avec des points d’étape pour valider le bon fonctionnement du nouveau système,permettra d’identifier les éven- tuels ajustements à réaliser, en concertation avec la profession. «Durant cette phase, les commissions de cotations régionales conserveront un pouvoir limité d’amendement du prix moyen remonté des abatteurs pour chaque catégorie d’animaux, si elles estiment que celui-ci ne correspond pas à l’appréciation des collèges des acheteurs et vendeurs des commissions. À terme, lorsque le nouveau système sera en régime de croisière, le rôle des commissions pourrait être réexaminé. Leur mission d’alerte restera indispensable, leur capacité à amender à la marge les cotations pourra évoluer. Pour l’instant, on ne peut préjuger des bilans d’étapes car cette réforme est ambitieuse, la plus importante depuis près de cinquante ans», conclut Marc Zribi.

La réforme des cotations des gros bovins maigres est quant à elle toujours en débat au sein de l’interprofession.Elle avait déjà été révisée en 2008,afin de mieux traduire les prix du marché.«En phase avec la réforme du dispositif au stade ‘entrée abattoir’, la profession a ressenti le besoin de faire évoluer le système.


Le chantier est complexe.Il s’appuie sur les travaux de l’Institut de l’élevage pour les combinaisons race, âge et poids, et ses conclusions pourraient avoir un impact sur le système de cotation des marchés de bovins vifs.»

Marc Pagès, directeur général adjoint d’Interbev : «Obtenir de la cohérence»

«Cette réforme étaitattendue depuis longtemps par les éleveurs et avait été acceptée par les abatteurs. Crédibilité et réalité du marché étaient nécessaires. Interbev s’est donc engagé au côté de FranceAgriMer pour faire progresser rapidement le dossier, notamment sur la refonte des régions et les types d’animaux à intégrer dans les grilles. Certaines races ontété distinguées, d’autres non, en fonction de l’existence de variabilité entre elles. On a par ailleurs décidé d’enlever les conformations inutiles, comme le E+ en Prim’Holstein ou le P- en Charolais ! D’autre part, on a défini la taille des abatteurs ayant l’obligation de remonter les informations, de manière à obtenir plus de 90 % des volumes abattus en France.

Concernant les cotations pour le maigre, une refonte des zones est également prévue, mais différente des gros bovins ‘entrée abattoir’. Il reste à préciser le seuil minimum d’animaux commercialisés par an à partir duquel les opérateurs ont l’obligation de remonter les données. Enfin, nous allons ouvrir un dossier cotations des marchés, afin de crédibiliser leurs informations. On doit d’abord examiner marché par marché ce qui s’écoule, pour quantifier les volumes transitants par type d’animaux etvérifier s’il y a suffisamment d’animaux pour pouvoir enclencher des cotations. Seuls les chiffres représenta- tifs statistiquementserontaffichés. Notre objectif est fixé à la fin de l’année.»

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