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Dominique Langlois, président d’Interbev « La filière se prend en charge pour avancer »

Le président de l’interprofession nous présente depuis le Space l’actualité au sujet du péage transit poids lourds, de l’embargo russe, et de l’origine et du prix des viandes en grande distribution.

© S. Bourgeois

La nouvelle mouture de l’écotaxe - le péage transit poids lourds – aura t’elle un impact important sur la filière viande bovine ?

Dominique Langlois : Nous avons interpellé le 11 septembre le premier ministre, pour lui dire très clairement que la filière viande bovine en crise ne peut pas supporter un nouvel handicap de compétitivité. Nous comprenons qu’il faut faire aboutir le dossier mais nous continuons à le combattre. La loi est votée mais tant que les décrets, qui seront d’une grande complexité à mettre en oeuvre, ne sont pas sortis, il reste une marge de manœuvre.

Sans remettre en cause l’éxonération dont bénéficiera la collecte du lait, nous constatons que concernant la filière viande bovine, certaines zones du réseau routier de la France seront impactées, notamment dans le centre. Et comment accepter de se voir systématiquement répercuter le taux de cette taxe par des transporteurs qui, dès qu’ils le pourront, n’emprunteront pas le réseau payant ?

Il est impossible d’avoir une visibilité sur le coût réel de cette mesure. Mais à celui-ci se rajoutera très probablement une taxation supplémentaire de 2 centimes sur le gazole qui est envisagée par le gouvernement pour compenser le fait que cette nouvelle formule rapportera moins que la précédente.

 


Quelles conclusions tirez-vous de la réunion qui s’est tenue le 10 septembre entre éleveurs, abatteurs et distributeurs, sur les prix et l’origine de la viande ?

Dominique Langlois : C’était une première réunion, et une seconde est envisagée dans un délai d’environ deux mois. Nous avons réuni autour de la table toutes les familles professionnelles, et en particulier la grande distribution a participé enseigne par enseigne. C’est un point très positif : nous parvenons à aborder les sujets sensibles, la filière se prend en charge pour avancer.

Deux conclusions ont été partagées. La première est qu’il faut absolument miser sur la signature « Viandes de France » dans le respect de ce qui a été décidé au Salon de l’agriculture pour le lançement de l’opération. Les consommateurs doivent pouvoir choisir l’origine de la viande qu’ils achètent. Et il faut continuer à agir au niveau européen pour que tous les pays appliquent la même norme. C’est à dire que l’origine des viandes dans les produits transformés soit obligatoire. L’UFC Que Choisir a d’ailleurs relançé une campagne en ce sens et de nombreux députés ont annoncé qu’ils porteront le dossier au niveau européen. Les arguments de coût avancés par l’Europe ne sont pas solides.

La seconde conclusion de cette réunion est qu’il faut accélérer les chantiers déjà ouverts sur la qualité de la viande, la segmentation du marché.

Enfin nous avons abordé le sujet des promotions sur la viande bovine en grandes surfaces. Nous souhaitons la mise en place d’un « code de bonne conduite » pour éviter les promotions qui dévalorisent le produit, que ce soit par leur date par rapport aux sorties des animaux sur le marché, ou leurs niveaux de baisse des prix.

 

Quelles actions peuvent être menées face à l’embargo russe sur les produits alimentaires ?

Dominique Langlois : Les flux d’exportations allemands et polonais, pour environ 46 000 tonnes de viande bovine, qui partaient jusque là sur le marché russe, vont se retrouver sur le marché dès les prochains mois. Avec le risque d’accélérer la baisse des prix. Pour contrer cet effet, il faut une action à l’échelle européenne. Des mesures de retrait ? et surtout à notre avis des mesures de soutien à l’exportation. Les restitutions sont difficiles à mettre en œuvre mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le ministre a pris la mesure de la situation et de l’importance d’agir avec les autres pays européens.

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