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Syndicat National de l'Industrie des Viandes
De profonds changements dans le secteur de l'abattage

Le message délivré par le Syndicat national de l’industrie des viandes à l’occasion de son assemblée générale est un message positif et d’actions, dans le contexte de restructuration et de pression que connaît ce secteur.

Une nouvelle réalité du terrain est en train de se mettre en place. Le Sniv entend en effet engager le secteur de l’abattage dans une politique qui ne soit plus seulement raisonnée au niveau agricole, mais une politique également industrielle, agro-alimentaire. « C’est une révolution silencieuse, sans grand discours, mais qui agit en profondeur », a expliqué Jean-Paul Bigard, président du Sniv, dans son rapport d’orientation. Pour ce qui concerne les relations entre fournisseurs et industriels, il a insisté sur la prise en compte du marché. Plusieurs petits films ont été montrés, à l’occasion desquels les industriels ont ouvert les portes de leurs laboratoires, de leurs chaînes, de leur logistique, de leurs relations avec leurs fournisseurs et leurs clients. Ils montraient des exemples de réalisations de terrain que le Sniv souhaite voir prendre de l’ampleur et devenir plus courantes.

La modernisation du secteur est entamée

C’était par exemple le dialogue quasiquotidien entre un acheteur de Charal Vitry-le-François et le responsable commercial de l’organisation de producteurs Capéval dans la Marne, pour la mise en marché des jeunes bovins, ou encore la filière export de jeunes bovins de moins de12 mois avec Charal à Sablé (Sarthe) qui fonctionne sur un partenariat très serré avec les éleveurs et une bonne procédure en bouverie et sur la chaîne. Unautre sujet relatait le développement de jeunes bovins laitiers à partir de veaux avec Socopa à Cherré et l’organisation de producteurs Union Set (Sarthe). Les jeunes bovins laitiers intéressent bien les industriels en remplacement de vaches laitières et pour des marchés spécifiques à l’export. « Aujourd’hui, on sort d’une économie de cueillette, de flux poussés où l’on ‘écoulait’ la production, estime Jean-Paul Bigard. Les flux sont tirés par la demande, les besoins des marchés et nos contraintes d’organisation. » La modernisation passe aussi, pour le Sniv, par le dépassement de la simple relation client-fournisseur, en développant des relations de professionnel à professionnel comme le pratiquent déjà les autres secteurs de l’agro-alimentaire. « L’un exprime sa demande, l’autre y répond le mieux possible et ensemble ils cherchent à optimiser leur production, à réduire les coûts et à intégrer leurs contraintes respectives. » L’exemple choisi pour un reportage illustrait du co-branding (association de deux marques pour le développement et/ou la communication d’un produit qu’elles cosignent). Des cafés restaurants Valtero installés dans les cafétéria Casino, proposent des grillades à la plancha, des burger gourmands… visant à rajeunir la clientèle. Aujourd’hui, quatre-vingt-dix caféteria Casino sont équipées d’un point grill Valtero. Autre illustration : des conseils sur l’animation, l’agencement du magasin, la transmission d’entreprise, sont dispensés par Bigard à une boucherie artisanale des Bouches-du-Rhône. Pour le Sniv, la modernisation du secteur de l’abattage- transformation se produit aussi dans la poursuite de la montée en régime de la production de produits élaborés. Qu’ils soient frais, surgelés ou cuits, les volumes continuent à progresser et parallèlement les ventes en carcasses marquent très légèrement le pas pour la première fois cette année.

Gros effort sur la politique sociale

La modernisation porte aussi sur un important plan d’actions sociales. « Nos salariés souffrent, ils travaillent dans le froid et il faut leur rendre hommage. Nous voulons revaloriser les métiers, dont nos salariés doivent être fiers. » Les adhérents du Sniv emploient plus de 20 000 salariés. En 2007, le turn over a été de 15 % et le taux d’absentéisme (toutes causes confondues hors maladies professionnelles comme les troubles musculosquelettiques), dont une partie est liée à un certain mal-être au travail ou un manque de motivation, a été de 9 %. Ces métiers nécessitent un véritable savoirfaire et évoluent constamment. Pour améliorer la qualité de l’emploi, une formation par alternance a été mise en place pour délivrer à des jeunes intérimaires, un passeport Opérateur qualifié de production pour l’industrie des viandes. Une formation pour les managers de la filière viande est aussi créée et un accord de branche en décembre 2007 a permis une refonte du système de rémunération. Il remplace le revenu annuel garanti par une rémunération mensuelle classique.

Jean-Paul Bigard, président du Sniv :

Sur la restructuration du secteur

« Oui la restructuration est incontournable pour être à armes égales avec nos concurrents européens et mondiaux. Mais elle n’est pas suffisante. Pour assurer pleinement nos responsabilités, nous avons besoin de fournisseurs qui croient en leur avenir et optimisent leur professionnalisme. Que les acteurs soient issus du privé ou du coopératif, ce n’est plus le sujet pour travailler ensemble. Aujourd’hui, sur le terrain, ce n’est pas le lien structurel qui définit la nature de la relation, mais le choix d’acteurs économiques qui veulent travailler ensemble. »

Sur les relations entre éleveurs et abatteurs :

« Les éleveurs doivent vivre de leur produit. La relation avec eux est difficile, car faite d’opposition entre le lait et la viande, les mâles et les femelles, les animaux jeunes et les animaux vieux… mais on finira bien par s’entendre comme on a toujours fait. »

Sur les débats liés à l’orientation de l’interprofession

« Cette année, nous devons redéfinir les orientations de l’interprofession. Nous lisons que de nouvelles missions, voire des transferts de compétence sont envisagés. Nous les industriels n’accepterons ni la dispersion des actions, ni l’ingérence dans nos entreprises. Que chacun fasse au mieux son métier et c’est ainsi que la filière progressera et se modernisera. L’interprofession doit retrouver sa mission d’origine : la défense de notre produit et le soutien de la consommation. »

Sur les intoxications à l’Escherichia coli

« Une procédure commune aux adhérents du Sniv est en cours d’évaluation par les professionnels et les autorités. Elle repose sur des analyses libératoires à la mêlée. Nous avions dès 2000 mis en place des auto-contrôles volontaires, et après la crise de 2005, nous avions lancé un plan de maîtrise aux différents maillons du process. »

Sur la propreté des animaux à l’entrée de l’abattoir

« Depuis sa signature en avril 2007, l’accord signé par toutes les familles professionnelles qui officialise la notation et la pénalisation des bovins sales continue à alimenter les polémiques. Mais regardons la réalité en face, ce n’est pas le montant de la pénalité qui doit faire débat, mais bien le fait que quelques-uns de nos fournisseurs ne respectent ni le règlement européen (paquet Hygiène) ni le B-A-BA de la mise en marché d’un bovin. »

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