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Races bovines
De l´autre côté des Pyrénées, les éleveurs espagnols s´intéressent à la Gasconne

Bien adaptée au relief escarpé, à la végétation clairsemée des parcours méditerranéens, la Gasconne a fait des adeptes chez nos voisins espagnols.


D´après le dernier recensement de l´agriculture espagnole, il y aurait actuellement 4900 bovins de race gasconne en Espagne dont 2900 femelles. La plupart d´entre elles se trouvent dans des exploitations situées dans le nord-est du pays (Catalogne et Aragon). Une aire d´extension somme toute assez logique pour la plus méridionale des races allaitantes françaises.

Il n´y a pourtant guère qu´une douzaine d´années que l´Upra Gasconne mène une énergique action de promotion de la race en direction des éleveurs espagnols. Tout un travail de communication a d´ailleurs dû être entrepris afin de faire apprécier la race à sa juste valeur. En effet, les Gasconnes ont longtemps souffert en Espagne d´une mauvaise image. Un état de fait qui s´explique. Dans les années quatre-vingts, certains négociants espagnols triaient des génisses au sein de lots de broutardes achetées en France et destinées à l´engraissement afin d´en faire de futures reproductrices. « C´est ainsi qu´une mauvaise image de la race avait eu tendance à se construire. Ces animaux qui, chez les naisseurs français avaient été orientés vers la boucherie, allaient devoir réaliser en Espagne un travail de vaches nourrices pour lequel ils n´étaient initialement pas destinés », explique Christian Asna, technicien de l´Upra. De ce fait, les résultats obtenus avec ces femelles de second ou troisième choix étaient souvent peu à même de faire une active promotion à la race et oeuvraient souvent en sa défaveur.
Chaîne d´embouteillage d´Actirob, en bidons de 5 et 20 litres. ©M.-H. Vincent

L´usine de Venette près de Compiègne dispose de dix-neuf réacteurs de tailles différentes. ©M.-H. Vincent

Le travail de promotion a fini par payer
Mais pour la génétique gasconne, compte tenu de la proximité géographique de l´Espagne qui touche le berceau de la race sur une partie de la frontière, il était logique et cohérent de chercher à se développer d´abord de l´autre côté des Pyrénées plutôt que d´avoir comme priorité la recherche de débouchés sous des cieux plus lointains et exotiques.
Entre les présentations d´animaux dans différents salons agricoles et l´appui de certains éleveurs espagnols séduits par la faculté d´adaptation de cette race aux terrains séchants et escarpés le travail de promotion a fini par payer. La petite race française a fait des émules et assoit peu à peu sa place au sein de l´élevage allaitant espagnol. Encore modestes, ses effectifs vont cependant croissants.
Afin de fédérer les éleveurs, l´Associacion de los Ganaderos de Gascon de España (AGGE) a été crée en 1999.

Présidée par Ramon Llora, elle regroupe 27 éleveurs parmi ceux qui utilisent cette race française que ce soit en race pure ou en croisement charolais. « Grâce au travail de fond mené par l´Associacion de los Ganaderos de Gascon de Espana, la Gasconne jusqu´alors considérée comme `croisée´ en Espagne a obtenu en 2000 un code race officiel dans l´équivalent de l´IPG en Espagne », souligne Nathalie Dabusti, technicienne à l´Upra et plus spécialement en charge de l´activité de suivi des éleveurs par l´Upra française en Espagne. D´autre part, la proximité géographique de part et d´autre de la frontière fait qu´il existe des relations privilégiées entre les éleveurs français et leurs homologues espagnols. Au sein des éleveurs espagnols, 12 d´entre eux possédant ensemble 462 vaches sont actuellement adhérents à l´Upra française et ont un suivi de leur élevage par les techniciens de l´Upra française identique à celui d´un éleveur adhérent en France.

Les deux grands volets de cette coopération franco-espagnole sont l´animation de l´AGGE et le développement des effectifs. A côté de la dispense de conseils techniques aux éleveurs, s´ajoute le rôle d´interface avec les financeurs et organisations agricoles régionales et nationales. Pour l´Upra, il s´agit de faire évoluer le fichier racial pour faire face notamment à son adaptation au contexte de l´élevage espagnol et à son environnement technique. Vient ensuite un volet d´animation visant à poursuivre les efforts en matière de développement des effectifs. « L´AGGE intervient sur les foires locales tandis que l´Upra organise les manifestations de portée nationale. A noter également l´organisation pour les éleveurs espagnols de voyages d´études en France au Centre national gascon de Villeneuve-du-Paréage (Ariège) afin qu´ils fassent plus ample connaissance avec la race et avec l´équipe française de l´Upra en charge de la base de sélection. »

Pas question pour autant de chercher à multiplier les adhésions d´éleveurs espagnols à l´Upra française. « Nous ne sommes pas présents en Espagne pour vendre des adhésions à l´Upra. Ce qui nous importe, c´est de conforter le nombre de Gasconnes en Espagne avec pour ces éleveurs de bons résultats techniques », souligne Christian Asna.
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