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Contenir le coût de la mécanisation avec la Cuma

Basée à Saint Agnan dans la Nièvre, la Cuma des Jonquilles est pour Thomas Lemée incontournable pour contenir les frais de mécanisation en travaillant avec du matériel performant. Le fait d’élargir ses services à un chauffeur est particulièrement apprécié.

« J’ai le moins possible de matériel en propriété », souligne Thomas Lemée, jeune éleveur installé sur une exploitation herbagère à côté de la Roche en Brenil, dans le nord du Morvan aux confins de la Nièvre et de la Côte-d’Or, un territoire de moyenne montagne, densément boisé. « J’ai en propre deux tracteurs de 80 et 100 CV d’une bonne quinzaine d’années achetés au cédant lors de mon installation en 2015. J’ai également une pailleuse, une dérouleuse, une remorque bétaillère et une charrue 4 socs en copropriété avec mon père. Et pour le gros matériel c’est à peu près tout. » Ces équipements sont essentiellement utilisés en hiver. « Mon objectif est de les faire durer le plus longtemps possible ! »

Une majorité de matériel en Cuma

Installé en individuel avec un salarié à temps plein à quelques kilomètres de l’exploitation familiale gérée par son père, Thomas Lemée réalise l’essentiel des gros travaux avec du matériel neuf. Hormis la moisson, confiée à une entreprise, il fait appel au matériel de la Cuma des Jonquilles, basée à Saint Agnan, dans la Nièvre. « Notre Cuma concerne huit exploitations aux productions similaires avec une dominante d’élevages bovins allaitant. » Les adhérents sont dans un cercle d’une vingtaine de kilomètres.

« Dans la Cuma nous avons à peu près tout ce qui est nécessaire, depuis le tracteur de tête à grosse puissance jusqu’aux plateaux fourragers en passant par les remorques, les télescopiques et tout le matériel nécessaire à la récolte du foin ou de l’enrubannage. Il ne me viendrait pas à l’idée d’acheter seul un tracteur de grosse puissance ou un télescopique. » Il n’y a pas d’ensileuse, mais chez Thomas Lemée comme chez la plupart des autres adhérents ce n’est pas un problème. Le stock de fourrage repose sur le foin et l’enrubannage. La Cuma a également investi dans du petit matériel utilisé de façon ponctuelle (enfonce-pieux, parc et couloir de contention mobile…).

« Et pour les foins et l’enrubannage, je travaille avec deux autres membres de la Cuma. On récolte ensemble un peu plus de 300 hectares par an. En travaillant à plusieurs avec ce matériel performant, on tombe vraiment du boulot. Quand la météo s’y prête, on n’hésite pas à faucher plus de 100 hectares d’un coup quand une fenêtre météo favorable se profile. Chacun est chargé du travail qu’il préfère réaliser et pour lequel il est souvent le plus efficace. Pour moi c’est la faucheuse ! » A côté du foin, la presse à balle carré est également utilisée pour aller faire la paille dans les zones céréalières de l’Yonne d’où les adhérents de la Cuma ramènent un peu plus de 3 000 bottes par an.

Une facture Cuma de 22 934 euros HT

Côté chiffres, le total des frais liés à l’utilisation du matériel en Cuma ont été de 22 934 euros hors taxes en 2020. Cela tend à légèrement augmenter. C’est la conséquence d’une ferme qui a pris de l’importance pas dans les surfaces utilisées mais en se diversifiant dans la volaille avec recours au matériel de Cuma pour l’entretien (curage…) du premier bâtiment de 12 000 pondeuses et la récente réalisation pour partie en auto-construction du second bâtiment de même importance.

L’an dernier, les deux matériels les plus utilisés par Thomas Lemée et son salarié ont été le télescopique (458 h) et le tracteur (306 h) qui totalisent à eux seuls la moitié du montant global de la facture. La part restante concerne essentiellement la récolte des fourrages, le travail du sol et le semis et l’épandage du fumier. Pour le matériel en propriété, la dépense avoisine selon les années 1 000 à 2 000 euros. A ces factures, il convient d’ajouter la trentaine d’heures par an effectuées par le salarié du groupement d’employeurs lié à la Cuma.

Coûts horaires maîtrisés

Ce choix de ne pas investir en propre dans du gros matériel est conforté par le coût horaire des principaux outils proposés par la Cuma des Jonquilles. En 2020, elle facturait l’heure de télescopique (Manitou MLT 737) à 15,31 euros HT et ce chiffre était de 14,78 euros pour le tracteur Deutz de 165 cv. Ces tarifs sont très liés à du matériel qui n’a guère le temps de rouiller sous un hangar. « Pour les amortir ils doivent faire des heures. Plus la machine est utilisée et plus on diminue le coût horaire d’utilisation. » Les adhérents de la Cuma renouvellent ce gros matériel fréquemment.

Les tracteurs tous les deux ans et les télescopiques tous les trois ans, en principe avant l’arrivée des premières grosses pannes. « Un matériel en réparation n’est pas disponible par définition ! Et s’il ne peut pas être utilisé quand on en a besoin, cela renchérit encore son coût d’utilisation. C’est le contraire de ce que l’on recherche. Notre objectif est de ne guère aller au-delà de 15 euros de l’heure pour les tracteurs de tête et les télescopiques qui sont nos gros matériels motorisés à la fois les plus coûteux et les plus utilisés. »

Fréquentes réunions

Des réunions sont organisées entre adhérents tous les 15 jours. Il s’agit de programmer au mieux les besoins des uns et des autres pour les jours et semaines à venir. « C’est un exercice difficile ! Certains d’entre nous font 500 h/an avec certains matériels type tracteur alors que pour d’autres à peine 50. Nous avons externalisé la comptabilité à un centre de gestion. » Ces réunions sont l’occasion prendre les décisions pour le renouvellement de tel ou tel matériel et éventuellement élargir la gamme des outils proposés.

https://www.reussir.fr/bovins-viande/partager-le-materiel-ou-deleguer-les-travaux-pour-reduire-les-couts-de-mecanisationLa Cuma des Jonquilles a récemment élargi sa gamme de petit matériel à un malaxeur à béton et un niveau laser car la plupart des adhérents réalisent eux-mêmes en partie leurs bâtiments. « Parmi les adhérents il n’y a pas de passionnés de machines. En revanche on sait ce qui existe et pourrait nous être utile. On se tient au courant, mais on sait rester raisonnables. » La Cuma possède en propre un hangar de 600 m2 où sont remisés les outils utilisés de façon très saisonnière. Ceux utilisés tout au long de l’année passent d’une exploitation à l’autre.

Une Cuma qui emploie

La Cuma des Jonquilles est devenue un groupement d'employeurs en janvier 2017. La décision s’est concrétisée par l’embauche de Benjamin Leblanc, lequel est  particulièrement en charge de la conduite du gros matériel (principalement tracteur et télescopique) ainsi que de son entretien. Polyvalent et efficace dans la conduite de ces engins qu’il connait sur le bout des doigts, il intervient chez la plupart des adhérents. « Il commence à bien connaître les parcellaires et les bâtiments des uns et des autres. C’est un atout pour gagner en efficacité », souligne Thomas Lemée.

Lire aussi : Les différentes méthodes pour estimer le coût de mécanisation de ses chantiers

Il travaille sous la responsabilité de l’un des adhérents de la Cuma à qui est délégué pour une année entière le soin de planifier et coordonner l’emploi du temps du salarié en fonction des besoins des uns et des autres. Il communique en fin de semaine au principal intéressé son emploi du temps pour la semaine à venir.

Une ferme bio aux dimensions familiales

Thomas Lemée est installé sur une ferme de 140 ha conduite en bio. Essentiellement consacrée à l’herbe, elle inclut une vingtaine d’hectares de céréales en rotation avec les prairies temporaires. Le stock fourrager est équitablement réparti entre foin et enrubannage.

Le cheptel se compose de 70 mères charolaises avec vente de broutards alourdis et finition de toutes les femelles.

Les activités se sont diversifiées avec la mise en place d’un premier poulailler de 12 000 pondeuses bio, prochainement complété par un second de même importance.

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