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Bovins-Ovins
Agnelages d´automne et vêlages d´hiver sur une même exploitation

Dans les Combrailles du Puy-de-Dôme, à l´EARL de Valenchère, Bernard Peny et son épouse associent, depuis 1978, agneaux de bergerie et sélection charolaise.


«  Si je ne travaillais que par passion, je me cantonnerais à la seule activité de sélectionneur charolais. Mais dans le contexte actuel, si je ne travaillais que pour le seul profit, je me contenterais des ovins avec alors 500 brebis mères », affirme Bernard Peny en EARL avec son épouse Mado à Pionsat dans le nord-ouest du Puy-de-Dôme.
Son installation date de 1978 sur un système alors des plus classiques pour les Combrailles : 45 hectares, 40 brebis, 20 vaches. 25 ans plus tard, les deux productions se complètent encore harmonieusement sur le plan de la gestion du temps de travail et de la trésorerie. L´importance économique de l´exploitation s´est accrue, mais l´équilibre ovin-bovin reste sensiblement le même : 170 brebis et 55 vaches sur 108 hectares dont 90 d´herbe et 18 de céréales à paille avec occasionnellement semis de sorgho fourragers en dérobés. Côté conjoncture, depuis que l´agneau franchit régulièrement la barre des 4,6 euros/kilo la rentabilité des ovins est satisfaisante. Elle est cependant le résultat de choix techniques précis et d´une conduite rigoureuse du cheptel. On est à cent lieux d´un système de cueillette.

Pour la dernière campagne, le taux de mises-bas est de 103 % et 5 brebis ont agnelés deux fois. Le taux de prolificité est de 170 % et le taux de mortalité en agneaux de 7 %, soit une productivité numérique par femelle de 158 % pour au final 240 agneaux vendus à une moyenne de 18 kilos de viande et une trentaine d´agnelles (nées à l´automne) conservées pour le renouvellement. De plus 228 agneaux ont été valorisés par le biais d´une CCP qui a permis d´en obtenir 5,4 euros du kilo. Il en résulte pour 2002 une marge brute ovine de 110 euros par brebis malgré un système gros consommateur de concentrés (130 kg/brebis).
©G. Gapihan


Le plus possible de mises-bas à l´automne
Il y a deux périodes pour l´agnelage : en novembre/ décembre et en mars/avril pour les agnelles et les quelques brebis qui n´ont pas rempli lors de la lutte de juin et qui sont mises aux béliers en octobre. Mais l´objectif est d´avoir le plus possible de mises-bas en automne, tant pour la gestion du temps de travail que pour vendre au moment le plus opportun. « Les agneaux nés en fin d´automne partent de février à avril. Je veux le moins possible d´agnelages de printemps, même si à cette période, c´est peut-être moins coûteux en concentrés. Mais les agneaux sont moins cher en été et il faut être certain d´avoir de l´herbe en été pour qu´ils poussent convenablement, sans compter les nombreux traitements. »
Malgré une génétique à dominante Ile-de-France, une soixantaine de brebis sont épongées en juin afin de favoriser le désaisonnement par effet d´entraînement. Il s´agit d´avoir des agnelages très groupés, de façon à faciliter ensuite les adoptions des agneaux nés triple. La lutte a lieu en utilisant simultanément des béliers Ile-de-France et Rouge de l´Ouest.
©F. d´Alteroche

Etre très observateur pour avoir de bons résultats
Côté temps de travail, entre les agnelages, le suivi des adoptions et l´alimentation, c´est en novembre que les besoins de main-d´oeuvre sont les plus importants pour le troupeau ovin. C´est aussi pour cette raison que les vêlages ne démarrent que début décembre, lorsque le travail se relâche dans la bergerie « Avec les brebis comme avec les vaches, il faut être très observateur et passer du temps à la surveillance pour avoir de bons résultats. Mais faire naître et veiller au bon démarrage des veaux ou des agneaux, c´est un travail qui me tient vraiment à coeur. » Après février plus calme, une nouvelle série d´agnelages a lieu à partir de mars et clôt la période hivernale.
Côté bovin, les 55 Charolaises sont en contrôle de performances et inscrites au herd-book avec un cheptel largement infusé des origines des taureaux du GIE Charolais Leader. Quatre à cinq veaux par an sont régulièrement vendus pour la reproduction que ce soit directement en ferme ou par l´intermédiaire d´un centre d´évaluation. Les autres mâles sont tous repoussés. Les réformes sont engraissées, de même que quatre à cinq génisses commercialisées via la démarche « Charolaise des Combrailles. »

La complémentarité entre les deux troupeaux vise ensuite à étaler les rentrées d´argent. Après les broutards repoussés et les vaches de réforme qui partent en début d´hiver, les agneaux renflouent la trésorerie de février à mai, puis de juillet à septembre.

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Cet article est extrait du Dossier de Réussir Bovins Viande du mois d´Octobre 2003. Sous le titre « Bovins-ovins : redorer le blason du système mixte  », la revue montre que «  brebis et bovins de race à viande sont deux productions très complémentaires. Une complémentarité bénéfique tant sur le plan technique qu´économique.  »(RBV nº98, 20 pages.)
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