Aller au contenu principal

Commerce
" Nous sommes en lien avec plus de 1 500 producteurs bio "

Benoît Soury, directeur marché bio du groupe Carrefour, revendique un engagement fort de l’enseigne dans la construction de filières biologiques françaises. Moyen efficace de conserver sa place de leader de la distribution de produits bio, selon elle.

Benoît Soury, directeur marché bio du groupe Carrefour. © Nicolas Gouhier
Benoît Soury, directeur marché bio du groupe Carrefour.
© Nicolas Gouhier

En 2018, la grande distribution s’est arrogée 49 % du marché des produits biologiques. Le bio connaît-il toujours de belles croissances chez Carrefour ?

Benoît Soury : Les chiffres 2018 sont d’excellentes nouvelles pour le bio en général, même si la vitesse de croissance est différente entre la grande distribution et les magasins spécialisés. Carrefour s’inscrit dans cette tendance-là. L’année 2018 a conforté Carrefour dans sa place de leader de la distribution de produits biologiques. Notre offre bio a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros en 2018, en croissance de 30 % par rapport à l’année précédente. Nous sommes dans notre plan de marché prévu par le groupe pour atteindre les 5 milliards d’euros en 2022.

Les consommateurs veulent des produits bio français. Comment Carrefour répond à leurs attentes ?

B. S. : Carrefour répond à cette exigence en développant des filières d’approvisionnement bio en France. En 2018, nous avons noué des liens avec 220 agriculteurs supplémentaires. On s’était donné l’objectif d’accompagner 500 producteurs en conversion entre 2018 et 2022. Nous avons déjà atteint ce niveau pour 2019. Nous sommes en lien aujourd’hui avec plus de 1 500 producteurs bio. Ces filières sont très marquées fruits et légumes, viande, pêche et élevage.

À marque Carrefour Bio, toutes les viandes bovine et porcine, les volailles, le lait sont 100 % origine France, les fruits et légumes conditionnés le sont également. Nous allons annoncer un effort d’engagement sur l'origine française des fruits à noyau bio (pêche et abricot). Nous sommes en train de définir les contours pour avoir une offre en fruits et légumes origine France plus large.

Pour atteindre vos ambitions, l’approvisionnement doit suivre. Comment soutenez-vous ces filières ?

B. S. : Nous soutenons ces filières par un engagement dans le temps, avec des contrats à cinq ans, permettant de couvrir la période de conversion. Deuxièmement, nous les accompagnons financièrement pendant cette période. En fonction des productions, il peut y avoir des baisses de rendement de 15 à 20 %. Donc, nous devons être là à ce moment-là. On détermine avec eux une majoration de prix pendant la période de conversion, avant d’atteindre la valorisation de leur produit en bio. Nous avons une méthode de fixation de prix. Nous proposons également de faire un financement relais, en étant créancier à la place de l’État. Globalement, c’est une enveloppe de 10 millions d’euros que nous consacrons à cette forme de crédit renouvelable.

Votre crédo est de rendre accessible le bio. Que cela implique-t-il, en termes de prix notamment ?

B. S. : C’est d’abord proposer des produits bio partout et pour tout le monde. Nous avons notamment évoqué notre ambition de doubler notre parc de Carrefour Bio d’ici à 2022. Nous détenions vingt magasins l’année dernière. Et après, il y a la notion de prix. Une référence de riz à marque Carrefour Bio pourra être moins chère par exemple qu’une référence de pâtes bio de Barilla. Cet écart va aussi dépendre du type de produit. Nous aurons plus de mal à réduire l’écart de prix sur des farines biologiques d’origine française par exemple car les coûts de production sont plus élevés.

Chiffres clés

Le bio chez Carrefour

- 750 références à marque Carrefour Bio tous rayons confondus

- 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018 (+30 % Vs 2017)

- 1 500 producteurs en agriculture biologique accompagnés

- Ambition de garantir du bio 100 % français sur les produits frais à marque Carrefour Bio

Rédaction Réussir

Les plus lus

Culture de sarrasin
Prosulfocarbe : en réparation de la contamination de ses parcelles de sarrasin, un agriculteur bio de l’Orne fait condamner l’Etat à lui verser 13 636 euros
Le tribunal administratif de Caen vient de condamner l’Etat à indemniser un agriculteur bio ayant dû détruire ses cultures de…
Développement de variétés en laboratoire de biotechnologie végétale.
NGT (ou NBT) : pourquoi la fédération des producteurs bio appelle les eurodéputés à rejeter le texte
La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) appelle les eurodéputés à rejeter le texte sur les plantes issues des…
Panneau agriculture biologique à l'entrée d'une parcelle.
Reliquat des aides bio : le ministère de l’Agriculture alloue 40 millions d’euros aux Maec, dont 5 millions pour la bio
Le ministère de l’Agriculture a annoncé le 8 mai qu’une enveloppe de 40 millions d’euros, issue des reliquats d’aides à la…
rayon fruits et légumes bio
Fruits et légumes bio : la marge pratiquée est en moyenne 81 % plus élevée qu’en conventionnel selon Que Choisir Ensemble
Une semaine après la publication du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande…
Œuf : plus du quart des poules bio de l’UE sont françaises
Les Marches
La France est le premier producteur d’œufs bio en Europe, mais elle est talonnée par l’Allemagne qui est sur une dynamique plus…
Dermatose nodulaire contagieuse : La désinformation a attisé la contestation
Bovins Viande
La désinformation s’est invitée dans la gestion de la crise de la DNC, amplifiant des informations trompeuses et des discours…
Publicité