« Nous déléguons l’élevage de nos génisses laitières, dans l’Aveyron »
Le Gaec Valadier en Argences dans l’Aveyron a opté pour la délégation de l’élevage de ses génisses depuis dix ans. À la clé, une économie de 400 heures de travail par an. Outre la diminution de la charge de travail, les associés apprécient aussi l’économie de stocks fourragers et le suivi technique des élèves réalisé par un éleveur spécialisé.
Le Gaec Valadier en Argences dans l’Aveyron a opté pour la délégation de l’élevage de ses génisses depuis dix ans. À la clé, une économie de 400 heures de travail par an. Outre la diminution de la charge de travail, les associés apprécient aussi l’économie de stocks fourragers et le suivi technique des élèves réalisé par un éleveur spécialisé.
Situé sur le plateau de l’Aubrac en Aveyron, le Gaec Valadier en Argences a fait le choix de déléguer l’élevage de ses vingt génisses laitières de renouvellement pour des raisons d’organisation du travail et de gestion de la main-d’œuvre. « Élever une génisse est une activité chronophage estimée à vingt heures de travail par an, avance Paul Labessière, à la tête d’un troupeau de 65 vaches laitières et 105 allaitantes. Déléguer cette tâche nous permet d’investir du temps sur le troupeau en production ou d’en dégager pour toute autre activité. » D’autant que sur les quatre associés que compte le Gaec, deux assument de lourdes responsabilités extérieures.
L’éleveur a opté pour cette stratégie il y a une dizaine d’années et se montre satisfait des bénéfices qu’il en retire. Même si une génisse mise en pension représente un coût de 1 200 €, il estime que c’est une formule gagnante pour lui. « Les atouts sont nombreux : de la main-d’œuvre libérée, l’économie d’environ 60 tonnes de fourrage et l’absence de bâtiment dédié à l’élevage des élèves…, développe-t-il. Sans oublier la qualité du suivi technique qui permet d’optimiser la croissance et de préparer au mieux la carrière des futures laitières. »
C’est la coopérative Groupe d’estives du Limon qui gère le volet contractuel et financier entre les éleveurs.
Un coût de 1 200 euros par génisse
Concrètement, à l’âge de trois semaines, les génisses quittent le Gaec pour rejoindre l’exploitation de Maxime Ginestet à Baraqueville dans l’Aveyron, située à une heure trente de route. Leur arrivée est planifiée. Pour le Gaec Valadier en Argences, cela représente cinq trajets de 80 kilomètres à réaliser entre les mois de septembre et de novembre, qui correspondent à la période de vêlages. Juste après le déchargement, les veaux sont allotés par groupe de cinq à six dans des boxes sur aire paillée. Ils reçoivent une alimentation lactée jusqu’à trois mois et disposent d’un mash fermier à volonté à base de foin de luzerne, de farine de blé, de mélasse plus le CMV. Les génisses sont vaccinées contre la grippe et bénéficient d’un traitement anticoccidien.
Du sevrage à 1 an, leur ration se compose de trois à quatre kilogramme de mash par jour et de foin à volonté. Au-delà d’1 an, les génisses consomment de l’ensilage d’herbe ou de l’herbe pâturée, du foin et un concentré fermier. Maxime Ginestet fait appel à un nutritionniste pour optimiser la ration, et chaque génisse est pesée tous les deux mois, avec un objectif de GMQ de 900 grammes par jour.
Un gain de main-d’œuvre annuel estimé à 0,25 UMO
Le Gaec vise un vêlage de ses primipares à 24 mois. Celles-ci sont donc inséminées vers l’âge de 15-16 mois, dès que l’objectif de poids vif de 400 kg est atteint. Le plan d’accouplement est réalisé par les associés du Gaec et Maxime Ginestet se charge de gérer le planning de reproduction et faire appel à l’inséminateur. Les élèves sont échographiées dans les quatre-vingt-dix jours après la dernière insémination pour confirmer la gestation.
Vers l’âge de 20 mois, les génisses quittent l’exploitation et repartent sur le plateau de l’Aubrac pour réintégrer le troupeau laitier. Avant leur départ, une prophylaxie est effectuée pour vérifier que les génisses sont bien indemnes des maladies réglementées (cf. encadré). Le transport est alors assuré par un prestataire mandaté par la coopérative. Malgré un contexte sanitaire un peu anxiogène en ce moment, Paul Labessière se dit plutôt serein. « Les règles imposées par la coopérative sont strictes, cela donne un cadre rassurant même si les maladies vectorielles apportent un risque supplémentaire. »
Maxime Ginestet, éleveur de génisses laitières
« Un contrat de confiance avec une obligation de résultats »
« Ancien producteur de lait, je me suis reconverti dans l’élevage des génisses en 2019. J’ai une centaine de génisses en pension toute l’année sur mon exploitation. Je travaille avec six éleveurs, tous adhérents à la coopérative Groupe d’estives du Limon. L’élevage des génisses est une activité passionnante qui nécessite beaucoup de surveillance quotidienne et de technicité. La gestion de l’alimentation et de la santé animale est primordiale pour obtenir de bons résultats techniques et gagner ainsi la confiance des éleveurs partenaires. En dehors des frais d’insémination et du protocole vaccinal et sanitaire, j’assume la totalité des frais d’élevage des génisses (frais d’alimentation, frais vétérinaires, etc.). La contractualisation des pensions via la coopérative est une sécurité pour la rémunération de la prestation. Le technicien de la coopérative passe régulièrement dans mon élevage pour s’assurer que tout est conforme et rassurer ainsi les éleveurs qui me confient leurs animaux. »
Une contractualisation établie sur cinq ans
La prestation de pension d’élevage de génisses a été mise en place par la coopérative Groupe d’estives du Limon en 2011, pour répondre à un besoin des éleveurs laitiers et pallier le manque notamment le manque de main-d’œuvre sur les fermes. Aujourd’hui, il y a vingt adhérents utilisateurs du service et huit ateliers d’élevage, pour un total annuel d’environ 330 génisses. « Nous proposons une offre de service bien encadrée avec une contractualisation sur cinq ans, un règlement intérieur rigoureux sur les pratiques d’élevage à mettre en œuvre et une garantie de paiement pour les ateliers prestataires, dépeint Jean-Luc Verdier de la coopérative. Tous les cheptels naisseurs sont soumis à des qualifications sanitaires strictes : indemne IBR, brucellose, leucose, tuberculose et BVD, avec des virologies individuelles. » Les tarifs de frais de pension oscillent entre 1,70 et 3,40 €/jour, en fonction de l’âge de la génisse et de la saison (pension hiver et pension été). En 2025, le prix moyen d’une génisse en pension s’élevait à 2 €/jour.
Fiche élevage
4 associés
65 vaches Simmental
380 000 l de lait
105 vaches Aubrac
480 ha de prairies permanentes