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Le bio est plus cher : Belledonne le revendique et l'explique

Avec plus de 200 références vendues en magasin bio, l’entreprise Belledonne est un acteur engagé dans la filière française. L’entreprise a décidé de prendre part au débat sur les prix. Oui, le bio est plus cher. Mais cela s’explique par des engagements qui ont un prix. Explications.

© Belledonne

« Les produits supposés "moins chers", c’est notre avenir qui se brade ». C’est ce qu’estiment les dirigeants de Belledonne, marque du secteur du bio. « La différence de prix entre produit bio et conventionnel est nette », admet l’entreprise dans un communiqué qui se base pour l’affirmer sur une étude parue début mai 2020.

Local, équitable, durable

Mais le fabricant a choisi d’expliquer les raisons de ce surcoût au consommateur. Toutes les matières premières qu’il achète pour préparer ses produits sont issues de cultures biologiques, françaises pour l’essentiel. Produire sans engrais chimiques ni pesticides de synthèse demande plus de temps et plus de main d’œuvre aux agriculteurs, pour des rendements généralement moins élevés. « Mais c’est le prix à payer pour préserver les capacités nourricières de la terre », estime l’acteur de la bio. Avec ses 13 filières d’approvisionnement labellisées Biopartenaire, l’entreprise insiste aussi sur le local et « le choix de contrats équitables et durables pour rémunérer correctement les producteurs, paysans-meuniers et moulins ». Tout cela « a un prix », insiste le communiqué, et c’est bien « la qualité et l’équité des ingrédients bio » qui impactent le prix des produits. A cela s’ajoute un contrôle de la qualité tout au long de la chaîne et la marge des enseignes spécialisées qui distribuent les produits.

Un travail agricole rétribué à sa juste valeur

L'entreprise veut provoquer le débat et pose clairement la question : « Est-ce la Bio qui est chère ? Où est-ce le "pas cher" qui coûte plus qu’on ne croit ? ». Et d’enfoncer le clou, en énumérant ce qui se cache, pour elle, derrière un prix bas : « le coût pour l’environnement, le climat et la santé d’une agriculture intensive et chimique, d’aliments qui voyagent d’un bout à l’autre de la planète, le coût humain d’une main d’œuvre sous-payée et maintenue dans la misère… ». L’entreprise rapporte les conclusions d’études récentes. L’une d’entre elle affirme que « pour 1 € de valeur créée, il y aurait 77 centimes de coûts cachés dans la filière conventionnelle du cacao en Côte d'Ivoire. Des coûts liés à la déforestation, à la pollution des eaux, à l’évasion fiscale, au travail des enfants… ». Selon le communiqué de Belledonne, la même étude montrerait que ces coûts cachés pourraient « diminuer de 80 % avec le commerce équitable combiné à l’agroécologie… ».

Le « pas cher » mis en cause par les scientifiques

L’entreprise communique aussi sur un autre rapport qui s’intéresse aux « dégâts économiques des catastrophes naturelles en conséquence directe du réchauffement climatique ». Des dégâts qui seraient estimés à 211 milliards de dollars aujourd’hui alors qu’ils n’étaient que de 24 milliards en 1970. L’acteur du bio poursuit encore en avançant que « les scientifiques font un lien clair entre la destruction des milieux naturels pour les besoins agro-industriels et l’émergence de pandémies comme la Covid-19. Coût pour la France ? Un minimum de 100 milliards d’euros… »

Le fabricant français de pains, biscuits, chocolats et autres produits alimentaires, prône une autre voie, celle de la conversion à l’agriculture biologique qui permet, selon les experts, « d’enfermer dans le sol, pendant 30 à 50 ans, environ 500 kg de carbone par hectare et par an ». Et plutôt que le terme de « prix cher », il revendique le terme de « prix juste », celui qui permet de « nourrir la vie » et « changer le monde ».

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