L'Histoire
La chèvre et le bouc dans la Bible
Dans la Bible, chèvres et boucs symbolisent deux faces opposées : les chèvres, nourricières mais sauvages, et les boucs, associés au péché et devenant boucs émissaires ou maudits lors du Jugement dernier.
Le terme « chèvre » apparaît une trentaine de fois dans la Bible tandis que celui de « bouc » y est une centaine de fois. C’est surtout dans l’Ancien Testament que l’on retrouve nos caprins. Pour Aurélia Hetzel, auteure de Bestiaire de la Bible hébraïque et chrétienne, « le peuple de l’Ancien Testament est un peuple d’éleveurs et de bergers, ce qui nourrit de nombreuses métaphores bibliques ». Si les chèvres restent nourricières mais plus sauvages que les brebis, les boucs gardent eux une mauvaise réputation. Dans le Lévitique, à la fête de l’expiation, les Hébreux amenaient deux boucs au grand prêtre. Après un tirage au sort, l’un était offert en sacrifice à Dieu pour le rachat des péchés, l’autre était le bouc expiatoire que l’on envoyait se perdre dans le désert. Le bouc est ainsi chargé de tous les péchés du monde et devient « bouc émissaire ». Le choix de l’animal n’était pas anodin, le bouc étant souvent associé à l’idée d’impureté, de luxure, de péché et d’activité démoniaque. Ainsi, selon l’Évangile de Matthieu, au jour du Jugement dernier, les « brebis » seront placées à la droite du Fils de l’homme et les « chèvres » à sa gauche, c’est-à-dire à la place des maudits.