Déshumidificateurs pour les serres : les CEE ont évolué
Face à des dévoiements, les Certificats d'économie d'énergie pour la déshumidification active ont été recadrés en 2025. Le point avec Ariane Grisey, responsable Environnement-Énergie au CTIFL et présidente du groupe Agriculture à l’Association technique énergie environnement (ATEE).
Face à des dévoiements, les Certificats d'économie d'énergie pour la déshumidification active ont été recadrés en 2025. Le point avec Ariane Grisey, responsable Environnement-Énergie au CTIFL et présidente du groupe Agriculture à l’Association technique énergie environnement (ATEE).
Depuis 2006, le dispositif des Certificats d’économie d’énergie (CEE) offre une aide au financement d’équipements permettant d’économiser l’énergie des serres. Depuis 2016, les déshumidificateurs thermodynamiques bénéficient du dispositif grâce à la fiche CEE AGRI-TH-117. Et depuis 2018, les systèmes de déshumidification avec air extérieur simple ou double flux en bénéficient grâce à la fiche CEE AGRI-TH-119. « Une nouvelle période du dispositif a démarré le 1er janvier 2026, ces deux fiches étant donc encore valables au moins jusqu’en 2030, précise Ariane Grisey, responsable Environnement-Énergie au CTIFL et présidente du groupe Agriculture à l’Association technique énergie environnement (ATEE). Les fiches permettent une aide à l’investissement d’environ 25 %, avec pour base un prix de 13,50 €/m² pour un déshumidificateur thermodynamique et de 30 €/m² pour un déshumidificateur double-flux. Une fiche, qui pourrait être publiée fin 2026, est aussi en préparation pour la combinaison ventilateurs verticaux et brasseurs d’air, avec une aide d’environ 15 % pour un prix de base de 13 €/m². »
Un dispositif réservé aux serres chauffées
En 2025, des sociétés souvent du domaine de l’habitat ont pourtant proposé à des serristes des déshumidificateurs thermodynamiques gratuits, soi-disant grâce aux CEE, pour les productions sous serre chauffée, mais aussi sous abri froid. « Le dispositif visant à économiser l’énergie, les abris froids, qui n’en consomment pas, ne peuvent donc en bénéficier, même si un déshumidificateur peut y avoir de l’intérêt pour limiter les maladies, insiste Ariane Grisey. Et en aucun cas le dispositif ne peut financer 100 % d’un équipement ! » De nombreux producteurs se sont pourtant équipés par ce biais en 2025. Le plus souvent, les équipements étaient de mauvaise qualité, mal dimensionnés et parfois même n’ont pas été installés dans la serre. Au 1er septembre 2025, la fiche CEE AGRI-TH-117 a donc été modifiée. Les abris froids en sont désormais exclus de manière explicite, de même que les unités mobiles. La serre doit avoir un ordinateur climatique et une alimentation sur le réseau public. Le dimensionnement de l’appareil devient essentiel, une étude par bloc étant désormais nécessaire. Un rapport d’essai ISO 17025 (Ilac/Cofrac) est aussi obligatoire. Et les seuils par unité ont été relevés. « Face à ce durcissement, des sociétés commencent aujourd’hui à s’attaquer à la fiche AGRI-TH-119 et à la fiche AGRI-EQ-108 de stockage d’eau pour serres bioclimatiques », avertit Ariane Grisey.