Déchets agricoles : pour ses 25 ans, Adivalor célèbre ses résultats sur fond de difficultés économiques
La filière Adivalor a profité du Salon de l’agriculture 2026 pour se féliciter du chemin parcouru dans la collecte et le recyclage des déchets agricoles, tout en s’alarmant d’un contexte économique difficile pour les entreprises de recyclage.
La filière Adivalor a profité du Salon de l’agriculture 2026 pour se féliciter du chemin parcouru dans la collecte et le recyclage des déchets agricoles, tout en s’alarmant d’un contexte économique difficile pour les entreprises de recyclage.
Plus de 25 types de déchets agricoles collectés contre une dizaine à ses débuts, un taux de collecte de 75 %, des déchets recyclés à 90 %… Lors d’une conférence de presse tenue le 25 février, les représentants de la filière Adivalor ont profité de la vitrine du Salon de l’agriculture 2026 pour célébrer le chemin parcouru en 25 ans d’existence. Un succès porté par une mobilisation massive des maillons du secteur, avec 300 000 agriculteurs participants en 2025 pour 106 500 tonnes collectées, 1 375 distributeurs impliqués dans les collectes, et 650 industriels (incluant les importateurs et les metteurs en marchés) s’acquittant de l’éco-contribution. De quoi permettre aux exploitants agricoles de faire figure de bons élèves. « Le taux de recyclage des emballages plastiques ménagers atteint 26 %, contre 80 % dans l’agriculture », rappelle Sébastien Souchon, directeur du pôle Supports et services d’Adivalor.
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Cette dynamique est toutefois confrontée à des difficultés économiques. « Le contexte de l’industrie du recyclage est lourd, avec un prix du plastique vierge bas en lien avec le prix du pétrole, et un faible coût du fret par containers, a indiqué Ronan Vanot, directeur général d’Adivalor. Cela se traduit par l’arrivée d’importants tonnages de plastiques asiatiques en Europe. » Cette concurrence met les industriels du recyclage sous pression : 100 unités de recyclage, soit 10 %, ont ainsi fermé leurs portes en Europe en 10 ans, rognant les capacités de recyclage d’un million de tonnes. Pour faire face, « nous cherchons à mettre en place des partenariats avec les recycleurs, et nous travaillons ensemble sur l'écoconception pour améliorer la rentabilité des usines », a expliqué le dirigeant.
Des stratégies pour moins subir les effets du coût du plastique
Autre piste : accroître les volumes en boucle fermée pour moins subir les effets du coût du plastique. Cette stratégie est délicate à mettre en oeuvre sur les emballages, les bidons nécessitant des plastiques avec des propriétés techniques bien particulières, pour lesquelles les plastiques vierges sont plus adaptés que les plastiques recyclés. La situation est plus avancée sur les plastiques agricoles (ficelles, films...) pour lesquels 12 % des produits contiennent déjà plus de 25 % de plastique recyclé sur le marché français.
La diminution du nombre d’usines renchérit le coût logistique. Et alors que la tonne de déchets était valorisée 30 euros entrée recycleur il y a quatre ans sur l’ensemble du tonnage Adivalor, la filière doit actuellement débourser 8 euros la tonne en moyenne pour traiter le produit de sa collecte. En conséquence, une partie des volumes de déchets collectés bascule désormais vers la valorisation énergétique et non matière. Ce contexte renforce la dépendance de la filière aux éco-contributions versées par les industriels, qui représentent 75 % du financement d’Adivalor.
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« Tant que les industriels apportent des ressources suffisantes, la filière reste résiliente même si le taux de recyclage recule temporairement, assure Sébastien Souchon. Il y a des tensions, pas un effondrement. Il faudra tenir jusqu’à 2030, date à laquelle de nouvelles obligations réglementaires sur la part de plastique devant être recyclé créeront un appel d’air. »
Des efforts à faire sur le papier
Adivalor compte accentuer la communication sur la collecte des papiers (notamment sacs de semences et de nutrition animale), également pris en charge par la filière. « Pour atteindre les objectifs fixés pour 2029 dans l’accord-cadre avec les pouvoirs publics, nous devons progresser sur la collecte des papiers, pour lesquels nous sommes moins bien identifiés par les agriculteurs que pour le plastique », explique Sébastien Souchon, d’Adivalor. Outre la possibilité d’apporter le papier, la filière rappelle l’importance de bien rincer les bidons et de livrer des déchets plastiques les plus propres possibles, condition indispensable pour optimiser la logistique et la valorisation.