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Colza : des invasions de punaises inédites et étendues observées partout en France

Les conditions de températures élevées et de sécheresse de cet été ont généré d’importantes populations de punaises dans les champs. Des invasions de ces insectes détruisant les colzas sont signalées dans différentes régions.

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Les punaises aptères se déplacent en masse et affaiblissent les jeunes colza qu'elles trouvent en prélevant de la sève. Les jeunes plants flétrissent et se dessèchent.
© J. Lieven/Terres Inovia

Des insectes rampant par milliers entre les résidus de cultures et les colzas en train de lever. L’image est impressionnante et cette invasion n’est pas sans conséquence. Des punaises, en majorité de l’espèce Nysius cymoides, ont envahi cette année les bordures de certaines parcelles de colza fraîchement semé, provoquant le flétrissement et le desséchement des jeunes plants. Parfois appelés "punaises des céréales", ces insectes piqueurs-suceurs sont polyphages : ils se nourrissent en prélevant de la sève sur les plantes de diverses espèces.

Des mois de chaleur et de sécheresse favorables aux invasions de punaises

« Les conditions climatiques atypiques peuvent être un facteur explicatif, avec un climat extrêmement chaud et sec en août et septembre », selon Jean-David Chapelin-Viscardi, entomologiste, qui s’exprimait à ce sujet dans un article scientifique en 2017. Des pullulations de punaises de ce type avaient été signalées localement en 2016 dans l’ouest de la France. Le phénomène s’est reproduit de manière localisée d’autres années (2019 à 2022, 2025), à la faveur de ces conditions chaudes et sèches de l’été.

Les pullulations de punaises touchent la plupart des régions de France en 2026

L’année 2026 se caractérise par une amplification des pullulations de ces insectes. De nombreuses régions sont touchées : Centre-Val de Loire, Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Poitou-Charentes, Champagne, avec de premiers cas rapportés en Normandie, Île-de-France, Lorraine, Alsace et Auvergne Rhône-Alpes, informait Terres Inovia le 4 septembre dans un communiqué.

« Nous étions épargnés jusqu’à présent. C’est la première année que nous constatons de telles invasions dans notre région, relate Victoire Lefèvre, ingénieure développement de Terres Inovia en Bourgogne Franche-Comté. Les parcelles sont attaquées en bordure mais les dégâts peuvent concerner 5 ou 10 hectares dans un champ. » De son côté, Jean Lieven, de Terres Inovia Normandie et Île-de-France, remarque que les années précédentes, les invasions de punaises étaient « plus localisées, sporadiques parfois, ne se produisant qu’à une échelle limitée. En outre, elles étaient plus courtes temporairement. Mais actuellement, le phénomène semble perdurer. »

Des parcelles déjà resemées localement à cause des dégâts de punaises

Ces invasions sont causées par des punaises qui sont au stade larvaire, ce qui signifie qu’elles sont aptères, incapables de voler. « Malgré tout, elles peuvent coloniser une parcelle en quelques jours, remarque Jean Lieven. Dans certaines régions, des parcelles ont déjà été ressemées consécutivement à ces attaques. » Mais nous arrivons aux dates limites de semis de colza en cette mi-septembre.

Aucun insecticide homologué et faible efficacité de produits testés

Il n’existe pas de moyens curatifs de lutte. Cette punaise n’est pas officiellement considérée comme un ravageur du colza. En conséquence, il n’y a pas d’insecticide autorisé contre cet insecte sur colza. Terres Inovia mène quelques essais actuellement avec les produits homologués sur la culture. « Les substances actives testées jusqu’à présent ont montré une efficacité très limitée en raison de populations très importantes, d’insectes très mobiles, et aucune solution prometteuse n’a été identifiée à ce jour, » communique l’institut technique.

À côté des champs semés en colza, des parcelles peuvent être infestées en punaises : dans des tournesols avant récolte, dans des linières, dans des champs en interculture avec des repousses du précédent cultural… En Bretagne par exemple, la chambre d’agriculture recommande de reporter dans la mesure du possible les travaux du sol de ces parcelles, de façon à ne pas provoquer le déplacement massif de ces punaises dans les jeunes colzas.

En attente de pluie et de température plus basse pour calmer le phénomène

Seule la météo peut venir à la rescousse des producteurs. Il faut passer à des conditions automnales moins favorables aux punaises, avec des températures plus froides et de la pluie, qui favoriserait la croissance rapide des colzas, tout en limitant les infestations.

Ces invasions de punaises peuvent gagner des habitations proches des parcelles touchées. La Fredon (fédération de défense contre les organismes nuisibles) rappelle que ces insectes ne présentent aucun danger pour les personnes, même si leur présence est « désagréable ».

Une enquête pour comprendre

Terres Inovia édite un questionnaire d’enquête sur les attaques de punaises sur les jeunes colzas. L’objectif est d’identifier la répartition et l’intensité des attaques, de suivre leur évolution au fil des années et de préciser les conditions déclenchant ces pullulations. Le questionnaire prend deux minutes à remplir.

L’insecticide Minecto Gold réautorisé contre les larves d’altises d’hiver

Une autorisation de mise en marché à titre de dérogation 120 jours a été accordée pour l’utilisation de l’insecticide Minecto Gold, du 25 septembre 2026 au 23 janvier 2027. Comme pour la campagne passée, la dérogation couvre l’ensemble du territoire, avec les mêmes conditions d’utilisation : lutte contre l’altise d’hiver, application unique à la dose maximale de 100 g/ha à partir du stade « 6 feuilles » du colza (BBCH16), test Berlèse à réaliser au préalable…

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