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Astuce de viticulteur : « J’ai installé ma tour antigel sur une remorque »

Camille Balacey, viticulteur à Viviers, dans l’Yonne, a confectionné une remorque pour installer son éolienne antigel mobile. Il peut ainsi l’amener au cœur des parcelles en vignes étroites.

La remorque confectionnée par le viticulteur permet de passer dans des vignes d'un mètre de large.
La remorque confectionnée par le viticulteur permet de passer dans des vignes d'un mètre de large.
© X. Delbecque
 

1 Coopérateur à la cave de la Chablisienne, dans l’Yonne, Camille Balacey s’est équipé d’une tour mobile antigel Tow and Blow. « Mais le châssis d’origine est large, il ne passe pas dans nos vignes en 1 mètre, regrette le viticulteur. Sans compter qu’il est monté sur des petites roues de voiture, peu pratiques dans les chemins. » Les devis pour construire une remorque avoisinant les 10 000 euros, il s’est lancé dans une confection maison. Il a ainsi récupéré chez un voisin un vieil enjambeur complet hors d’état, qu’il a payé 400 euros. Son père et lui l’ont ensuite entièrement désossé, découpé en deux pour ne garder que les jambes arrière, puis repeint.

 

 
La remorque est constituée d'un vieux châssis d'enjambeur et d'un timon de benne avec la flèche.
La remorque est constituée d'un vieux châssis d'enjambeur et d'un timon de benne avec la flèche. © C. Balacey

2 Camille Balacey s’est procuré par la suite une ancienne benne à vendange, pour 50 euros, afin de récupérer la flèche et le timon. Et il a relié le cadre d’enjambeur avec cette flèche par deux poutres métalliques verticales, faites de tube carré de section 70 mm et 4 mm d’épaisseur. Ces dernières sont soudées en partie haute (au niveau du cadre), mais montées sur pivot en partie basse (au contact de la flèche). Pour réaliser ce pivot, le viticulteur a soudé sur la flèche un fer plat avec deux pattes dans lesquelles passe une barre métallique en fer rond de diamètre 20 mm. Cette barre traverse le bas des deux poutres (voir photo).

 

 
Une barre de poussée entre la flèche et la remorque permet de régler l'horizontalité de l'éolienne.
Une barre de poussée entre la flèche et la remorque permet de régler l'horizontalité de l'éolienne. © X. Delbecque

3 Puis le viticulteur bourguignon a adapté une barre de poussée afin de régler l’horizontalité dans les parcelles en pente. Elle est comprise entre deux brides, installées respectivement sur la flèche et entre les deux poutres verticales. « Nous avons tenté avec un vérin hydraulique, mais cela ne fonctionnait pas », précise Camille Balacey.

 

 
Camille Balacey a déboulonné des petites roues de voiture et a fixé le châssis de l'éolienne sur la nouvelle remorque, à l'aide de grosses brides.
Camille Balacey a déboulonné des petites roues de voiture et a fixé le châssis de l'éolienne sur la nouvelle remorque, à l'aide de grosses brides. © X. Delbecque

4 Pour finir, le viticulteur a démonté le timon et la flèche de la remorque d’origine, et déboulonné les roues de voiture initiales. Puis a installé l’éolienne de 2 tonnes sur le nouvel attelage, qu’il a fixé au cadre à l’aide de deux grosses brides réalisées avec du fer plat de 20 mm d’épaisseur et des tiges filetées-boulons. Enfin Camille Balacey a rallongé les quatre pieds de stabilisation (de 150 cm à l’avant et 70 cm à l’arrière) avec du tube carré de même section. Pour le côté pratique, il a achevé la construction en installant une échelle et du treillis métallique pour faire une plateforme au pied de l’éolienne.

 

 
Les quatre pieds de stabilisation de l'éolienne ont dû être renforcés.
Les quatre pieds de stabilisation de l'éolienne ont dû être renforcés. © X. Delbecque

Coût environ 1 000 euros

Temps une dizaine de jours

Difficulté assez difficile

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