Fabrice Pannekoucke s'est rendu dans l'usine d'embouteillage de Volvic, le mercredi 3 mai. L'occasion de mettre en lumière l'une des entreprises emblématiques du territoire Auvergne Rhône-Alpes.
Pour le président de Région, la visite de l'usineVolvic n'avait rien d'une première, il connaissait le dossier. Mais voir le site de l'intérieur était pour lui une nécessité. « C'est une grande fierté pour notre territoire », dit-il, et surtout un exemple de ce qu'une grande région d'eau est capable de produire.
Je ne vois pas qui d'autre serait capable de faire aussi bien que ce que Volvic fait ici. »
Une entreprise « inspirante »
Ce qui l'a frappé, c'est l'ampleur des efforts réalisés en dix ans sur la gestion de la ressource. La consommationd'eau a été réduite de 13 % depuis 2017, grâce à 38 millions d'euros d'investissements (nouvelles lignes, cuves de stockage…). Depuis octobre 2025, 100 % des bouteillesvendues en France sont fabriquées à partir de matériauxentièrementrecyclés.
Et pour le transport, 30 % de la production quitte le site par le train. Un mode de transport dont l'empreintecarbone est dix fois inférieure à la route ; avec 12 800 wagons chargés par an, c'est 21 000 camions qui sont évités.
Il évoque aussi les projets en cours : une chaudièrebiomasse, la réutilisation de l'eau de process prévue d'ici 2028, et l'engagement de Volvic à sécuriser l'approvisionnement en eaupotable du territoire en cas de sécheresse.
S'il n'y a pas d'impluvium, il n'y a pas d'eau », résume-t-il.
La protection de ce bassin-versant est, pour lui, le socle de tout le reste.
Sur le plan institutionnel, la Région n'apporte pas de financement direct à Volvic. Mais la visite poursuit un but précis : identifier les blocagesadministratifs et interpeller les ministères concernés pour accélérer les dossiers.
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Ici on a une industriecathédrale permanente. Concernant l'innovation, il ne faut pas attendre que tout cela évolue à un petit rythme. Il faut qu'on aille plus vite », insiste-t-il.
Emmanuel Gérardin, directeur de la Société des Eaux de Volvic
Depuis 2021, la Société des Eaux de Volvic s'est engagée dans un Plan d'Utilisation Rationnelle de l'Eau (PURE), signé conjointement avec les services de l'État. L'enjeu est de réduire significativement les prélèvements dans la nappe, sans toucher aux volumes de production, et donc sans impacter l'emploilocal.
EmmanuelGérardin l'affirme, depuis 2022, les prélèvements ont déjà été réduits de 360 millions de litres. D'ici 2028, 220 millions supplémentaires seront économisés. Sur cinq ans, ce sont 640 millions de litres prélevés en moins.
La solution se trouve dans ce qu'il appelle le « ratio eneau » : le rapport entre ce qu'on prélève et ce qui finit réellement en bouteille. Une partie de l'eauextraite sert en effet aux rinçages de lignes, aux changements de recettesaromatisées, ainsi, de l'eauminérale qui ne va jamais en bouteille. Réduire ces usages intermédiaires permet d'abaisser les prélèvementsglobaux tout en maintenant la production stable. « On se rapproche du un litre prélevé pour un litre embouteillé. Ce qui nous permet de réduire les prélèvements sans impacter les volumes deproduction, et donc notre impact sur le territoire reste stable. »
Face aux accusations concernant des prélèvements abusifs, EmmanuelGérardin répond que l'activité est encadrée, surveillée, et les autorisations sont délivrées et mises à jour régulièrement par l'État. « Moins 10 % de prélèvements il y a quelques années, moins 5 % les dernières et moins 10 % prévus dans 3 ans. C'est colossal à la fois en termes de quantité, mais aussi en termes de délai de mise en œuvre », déclare-t-il.
Sur les températuresestivales, le directeur affirme que si la chaleur devait faire grimper la demande cet été, Volvic ne cherchera pas à produire davantage. Mieux vaut, dit-il, « fabriquer les bons produits, plutôt que de pousser les volumes ».