L’Uruguay pourrait profiter de l’interdiction européenne sur le bœuf du Brésil, tout en restant tourné vers les États-Unis. Le pays intensifie sa production et va se montrer très présent sur le marché mondial en 2027. Le Paraguay n’est pas un fournisseur clé de l’Europe.
Les exportations de viande bovine du Paraguay pourraient atteindre 460 000 tonnes équivalent carcasse (tec) en 2027, ce qui en ferait une année du top 5 pour le pays. En Uruguay, les envois pourraient atteindre 520 000 téc l’an prochain, un plus haut depuis 2021, selon les prévisions de l’USDA. A comparer avec les 4,1 millions de téc que devrait exporter, en 2027, leur voisin brésilien, premier producteur et exportateur de viande bovine au monde.
En Uruguay, l’élevage bovin s’intensifie
La hausse des exportations de viande bovine de l’Uruguay est à mettre sur le compte de celle de la production, qui, à plus de 650 000 téc, devrait-elle aussi se situer à un plus haut depuis 2021. Plus de 80 % de la production de viande bovine du pays est ainsi exportée. Au total, ce seront 2,35 millions de bovins qui devraient être abattus dans le pays, un chiffre dont la hausse est liée à la dynamique des vêlages en 2025 et 2026. L’élevage bovin uruguayen s’intensifie, et ce sont plus de 40 % des animaux abattus en 2027 qui auront été nourris au grain, selon l’USDA. De quoi voir les poids carcasses atteindre des records. La participation de l’Uruguay au contingent de viande bovine de haute qualité ouvert par l’UE, pour les animaux nourris aux céréales, a également contribué à accélérer l’adoption de l’engraissement au grain. Les feed-lots se développent et près de 900 000 bovins pourraient y être engraissés en 2026, avec une hausse attendue de 10 % en 2027. Pourtant l’Uruguay continue de promouvoir son élevage à l’herbe, avec un élevage sans accélérateurs de croissance ni farines animales.
Le bœuf uruguayen, moins présent en Chine, plus aux États-Unis
Alors que la Chine était, de loin, le principal débouché de la viande bovine exportée par l’Uruguay il y a quelques années, les envois ont chuté tandis que ceux vers les États-Unis grimpaient. Au premier semestre 2026, ces deux marchés étaient équivalent en volume, tandis que les exportations vers les États-Unis dépassaient, en valeur de 25 % celles vers la Chine. Ces deux pays sont les débouchés des trois quarts des exportations de viande bovine de l’Uruguay.
L’Uruguay est peu pénalisé par les quotas mis en place par la Chine puisqu’ils sont généreux, basés sur des années à forts volumes. Les exportations de l’Uruguay vers l’Union européenne sont toniques et profitent depuis 2024 du manque d’offre dans l’UE et pourraient tirer parti de l’interdiction de la viande bovine brésilienne en UE. Israël est un autre débouché important du bœuf uruguayen.
L’Uruguay développe ses exportations de bovins vifs sur la Turquie, le Maroc et Israël
En parallèle, l’Uruguay devrait exporter 350 000 à 400 000 bovins vivants, comme en 2025 et 2026. La Turquie en est la principale destination, avec des veaux et des broutards pour l’engraissement. Israël développe ses achats de veaux, broutards et génisses tandis que le Maroc est devenu une destination importante depuis 2025, avec des taurillons de boucherie.
Le Paraguay pourrait abattre 2,4 millions de bovins en 2027, une progression limitée par le cheptel qui est au plus bas depuis 15 ans. Mais l’intensification de l’élevage entraîne une hausse des poids carcasse. Un tiers des bovins au Paraguay sont finis en feed-lot, un tiers dans les prairies tropicales productives et un tiers en prairies avec complémentation.
Le Paraguay, comme l’Uruguay, disposent d’un système de traçabilité complet.
Le Paraguay tourne peu ses exportations de viande vers l’UE
Les principaux débouchés de la viande bovine paraguayenne à l’export sont le Chili, les États-Unis, Taïwan et Israël, qui comptent pour 78 % des volumes exportés au premier semestre. Le Paraguay a envoyé seulement 1 000 téc de viande congelée désossées (-28 %) et 600 téc de viande réfrigérée (-29 %) vers l’UE sur les 7 premiers mois de l’année.