Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche, était lundi 12 juin à Massiac pour signer
avec le président de l’association des maires du Cantal, les
parlementaires et le président du Conseil général une “convention
d’aménagement du territoire scolaire”. Première du genre en France,
elle organise une concertation entre services de l’Education nationale
et collectivités locales qui définiront désormais ensemble la carte
scolaire, en tenant compte des contraintes du territoire et plus
seulement sur la base d’éléments chiffrés. Cette concertation doit
permettre de réfléchir l’avenir des écoles à une échelle le plus
souvent intercommunale et de favoriser une réorganisation concertée du
maillage scolaire.
Une initiative des maires du Cantal
La convention signée dans les locaux de l’école publique de Massiac est
l’aboutissement d’un travail réalisé par l’association des maires du
Cantal. Il s’agit de “passer d’une démarche annuelle subie à une
démarche réfléchie et partagée”, a expliqué son président Bernard
Filhol, en faisant allusion à une carte scolaire définie exclusivement
par référence au nombre d’enfants scolarisés et au taux d’encadrement
des élèves, “sans intégrer les contraintes liées aux zones rurales
profondes et à une nécessaire répartition des écoles sur le
territoire”. Bref, chaque année, “tout le monde appréhendait avec
beaucoup d’inquiétude la présentation de la carte scolaire, qui se
traduisait toujours par des réductions du nombre d’enseignants et des
fermetures de classes, y compris lorsque les effectifs scolaires
progressaient comme ces deux dernières années”, a remarqué M. Filhol,
jugeant que ces fermetures “ne sont plus acceptables dans l’intérêt
même des enfants”.
Une démarche pionnière
Cette convention, signée pour trois ans, prévoit notamment
l’élaboration conjointe par l’inspection d’académie et les élus
cantaliens, d’un “schéma prospectif d’aménagement du territoire
scolaire privilégiant le niveau intercommunal et tenant compte des
perspectives d’évolution du département (économie, démographie,
logement...)”. Car, selon Bernard Filhol, l’avenir de l’école ne peut
plus s’envisager au niveau communal, mais doit être réfléchi à
l’échelle “d’un territoire cohérent, le plus souvent la communauté de
communes”, en intégrant la problématique des transports scolaires et
l’offre éducative globale. “Vous êtes ici des pionniers. C’est la
première fois que nous signons ce type de convention à l’échelle d’un
département”, a relevé Gilles de Robien au moment de parapher le texte.
Pour autant, s’il a remarqué que “les écoles intercommunales
bénéficient de meilleurs financements”, Gilles de Robien n’a pris aucun
engagement sur les moyens, notamment en personnel. “Notre demande
concernant le gel de toute suppression de postes d’enseignants dans le
Cantal n’a pas été retenue”, a regretté le président de l’association
des maires. Tout au plus, le ministre a-t-il promis avec le recteur
qu’il n’y aurait pas de fermeture de classe à la prochaine rentrée dans
le département.
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