Tempête : bilan sévère pour la filière palmipèdes

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L’Ouest de la France se remet à peine de la tempête Klaus qui a secoué le pays fin janvier qu’un nouvel épisode de vents violents a frappé une grande partie du territoire dans la nuit de lundi à mardi. Si l’on ignorait encore hier l’ampleur des dégâts matériels causés par cette deuxième vague –a priori mineure par rapport au premier-, le bilan de la tempête de janvier commence à être connu avec précision. Il en ressort que la filière palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest a été particulièrement affectée.

Le plus souvent réunis au sein de groupements de producteurs, éleveurs et gaveurs du Sud-Ouest ont cependant joué sur leur esprit de solidarité. Tous ceux qui avaient des bâtiments disponibles, encore debout, ont accueilli les animaux de leurs collègues sinistrés, si bien que la filière a limité la casse.

80 000 canards tués chez Euralis

«Nous déplorons 80 tunnels d’élevage, 10 salles de gavage et 20 bâtiments de démarrage de canetons détruits dans les Landes et le Gers, indique Claude Larberdesque, président du groupement Euralis Palmipèdes. La mortalité est d’environ 80 000 canards, si l’on compte ceux qui ont été tués par la tempête et ceux qui n’ont pu échapper, ensuite, aux prédateurs. De plus, bien que toutes les salles de gavages des adhérents d’Euralis soient équipées de groupes électrogènes, pour le fonctionnement des gaveuses, et n’ont donc pas souffert des coupures d’électricité, certaines n’avaient plus d’eau, ce qui a quand même gravement handicapé leur fonctionnement.»

«Le fait d’être un groupement de producteurs nous a permis d’identifier rapidement les problèmes et d’apporter notre aide, poursuit Claude Laberdesque. J’ai par exemple accueilli 3 000 canards sans abris sur mon exploitation de Lay-Lamidou (Pyrénées-Atlantiques). Certaines exploitations ont cependant tout perdu. Selon leur âge, il n’est pas sûr que les producteurs reconstruisent, mais nous serons de toute façon auprès d’eux pour les aider à monter les dossiers d’assurance. Au final, il risque de nous manquer des millions de canards, ce qui entrainera forcément un manque à gagner.»

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«Depuis un an, tous nos parcours étaient équipés d’abris, devenus obligatoires pour répondre aux mesures de protection sanitaire, explique quant à lui Pascal Azam, directeur des productions animales chez Maïsadour. Suite à la tempête, on compte 140 tunnels d’élevage abîmés ou détruits, soit 80 à 90 % du parc, et 50 000 jeunes canards tués. En revanche, les canetonnières chauffées sont des structures solides qui ont résisté. Mais comme il n’est pas possible de transférer les canetons sur les parcours d’élevage, faute de place, nous avons dû en abattre au moins 70 000. Nous avons, en revanche, demandé l’autorisation à l’Inao d’augmenter momentanément les densités. Notre requête devait être examinée vendredi après-midi.» En matière de gavage, Maïsadour déplore 31 000 places (soit 30 salles) endommagées. La coopérative estime que la reconstruction prendra environ cinq mois, ce qui signifie que 300 000 canards ne pourront pas être gavés d’ici-là. De grosses pertes devraient également être enregistrées dans les abattoirs, par déclassement des produits de qualité, lié au stress des animaux qui aura provoqué griffures et hématomes.

Dès le 30 janvier, le conseil d’administration de Maïsadour avait décidé de mobiliser 2,2 M€ pour soutenir ses adhérents en difficulté. «Nous proposons des avances de trésorerie à taux préférentiel pour aider à passer le cap, précise Pascal Azam. Les dossiers seront étudiés au cas par cas.»

«En ce qui nous concerne, nous sommes encore en train de constater et de chiffrer les dégâts, confie pour sa part Christian Pèes, président d’Euralis. Mais nous allons de toute façon accompagner nos adhérents dans la reconstruction des bâtiments et des outils de production.» La coopérative devrait, en tout cas, suspendre les prélèvements chez les producteurs touchés auxquels elle a prêté de l’argent pour s’installer.

Enfin, si l’épisode Klaus œuvre en faveur de la nouvelle baisse de production de 10 %, prévue pour l’année 2009 par le CIFOG (interprofession du foie gras), pour éviter la surproduction et les stocks, il change cependant les règles du jeu. Au lieu d’être répartie de façon égale chez tous les éleveurs et gaveurs, celle-ci concernera surtout les producteurs sinistrés, les autres étant sollicités pour faire fonctionner leurs installations à plein régime.

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