Le ministère de l’Agriculture vient de publier les indicateurs de suivi de la stratégie Écophyto 2030 pour 2024. Selon lui, le nouvel indicateur HRI1 est en recul de 47% par rapport à la période de référence 2011-2013. Il passe toutefois de 50 en 2023 à 53 en 2024, une évolution justifiée par le recours à certains fongicides et herbicides des groupes 2 et 3 dans le cadre d'une année particulièrement pluvieuse. Les autres indicateurs publiés par le ministère sont également en hausse, dont le Nodu (ancien indicateur de référence) ou encore les ventes de glyphosate.
[Avec Nathalie Marchand]
Le ministère de l’Agriculture a publié, le 9 septembre, les indicateurs de suivi de la stratégie Écophyto 2030 pour 2024. Et selon lui, la valeur du HRI1, qui a remplacé le Nodu comme indicateur de référence du plan Ecophyto en France s'affiche à 53, en baisse de 47 % par rapport à la période de référence (2011-2013). La valeur moyenne du HRI1 à l’échelle européenne pour 2024 est de 41, en baisse de 59 % par rapport à la période de référence.
Pour rappel le HRI1 correspond à la somme des quantités de substances actives (QSA) vendues en année N, pondérée par les coefficients liés à la classification des substances actives en différents groupes de risque.
La valeur de l’indicateur pour la France passe de 50 en 2023 à 53 en 2024
Le ministère de l’Agriculture ajoute que la valeur de l’indicateur pour la France passe de 50 en 2023 à 53 en 2024. « Le recours plus important à certains fongicides et herbicides des groupes 2 et 3 contribue principalement à cette évolution. Cette situation s’explique par une année 2024 très pluvieuse, particulièrement au printemps. Les conditions météorologiques ont intensifié le développement des adventices en réhydratant les graines dans le sol, et la pression de maladies fongiques comme l’oïdium et le mildiou », explique le ministère sur son site internet.Et de préciser que le retrait des substances actives les plus dangereuses (groupe 4) se poursuit .
Le ministère de l’Agriculture livre aussi d’autres indicateurs complémentaires de suivi de la stratégie Ecophyto 2030 dont le Nodu, ancien indice de référence préféré à HRI1 par l’ONG Générations futures notamment.
En 2024, le Nodu, qui correspond à la surface qui serait traitée annuellement avec les produits phytopharmaceutiques vendus au cours de l’année, aux doses maximales homologuées, s’est ainsi élevé à 94,8 millions d’hectares. Soit 6% de plus qu’en 2023. Là aussi le ministère de l’agriculture explique cette hausse par un recours plus important aux fongicides (+3,5 millions d’hectares traités).
Le Nodu progresse de 3,1% par rapport à la période de référence 2011-2013.
Hausse des ventes de substances actives et notamment de glyphosate en 2024
Le ministère de l’Agriculture rapporte aussi que la quantité de substances actives (QSA) a crû de 8% par rapport à 2023 pour atteindre 69 800 tonnes dont 28 670 tonnes de substances actives autorisées en agriculture bio et/ou biocontrôle. Selon les régions, une pression accrue de ravageurs (pucerons) et de maladies cryptogamiques (mildiou) sur vigne a pu être constatée, induisant une hausse par rapport à 2023 du recours aux fongicides (+2 300 tonnes) et insecticides (+1 750 tonnes soit près de 4 fois plus qu’en 2023), note le ministère de l’Agriculture.
Parmi les substances actives vendues, « le glyphosate remonte à 8 269 tonnes en 2024 (soit +2410 tonnes), retrouvant ainsi son niveau moyen historique » après une dynamique à baisse (-32,2%) sur la période 2020-2022, grâce notamment au crédit d’impôt de 2500 euros si justificatif de non usage, peut-on également lire sur le site du ministère de l’Agriculture.