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Sécheresse : Une enveloppe insuffissante pour répondre à l'ampleur de la crise agricole

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Les élus de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes se sont réunis, lundi à la Tour-de-Salvagny dans le Rhône. Crédits : © MCSB

Réuni récémment à La Tour-de-Salvagny (Rhône), le conseil d’administration de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes a réagi aux annonces formulées par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Si l’enveloppe de plus d’un milliard d’euros constitue un premier signal, les responsables syndicaux estiment qu’elle reste très loin de répondre à l’ampleur de la crise.

Sécheresse 2026 : les agriculteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes face à une crise majeure

L’été 2026 a été hors-norme. Météo-France est formel : 

Il n’y a eu que quinze à vingt jours de pluie sur le pays. 

En moyenne sur le pays, l’été 2026 est ainsi le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959 avec 40 % de déficit. 

En première ligne de cette sécheresse : le monde agricole dont aucune filière n’est aujourd’hui épargnée. L’inquiétude, parfois même la détresse, règne dans les rangs des agriculteurs dont le conseil d’administration de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, réuni le 7 septembre dans le Rhône, en a été l’écho.

Sur le terrain, les témoignages remontés des départements dressent un tableau particulièrement sombre. Dans le Rhône, où près de 300 retours de terrain ont déjà été collectés, les situations de détresse se multiplient. Dans le Puy-de-Dôme, les centres de gestion alertent sur la dégradation rapide des résultats économiques, tant en élevage laitier qu’en grandes cultures. Même constat dans la Drôme.

« Il y a le feu dans la chaumière », résume Frédéric Gontard, président de la section régionale ovine.

Dans certaines exploitations existantes depuis plusieurs générations, les agriculteurs s’interrogent désormais sur la poursuite même de leur activité.

« On ne parle plus d’une vision à cinq ans, mais bien immédiate », insiste-t-il.

Dans l’Allier, les colzas implantés sont qualifiés de « catastrophiques » et certains secteurs ne parviennent plus à envisager les prochains semis.

« Il est urgent de faire remonter que la région Auvergne-Rhône-Alpes est en très grandes difficultés », alerte Jérôme Martin, président de la section grandes cultures de la FRSEA.

Lire aussi : Le bilan très lourd de la sécheresse pour l'agriculture française

En élevage, les stocks fourragers fondent à vue d’œil

Dans certains élevages bovins, les réserves pourraient être épuisées dès le mois d’octobre. Pourtant, plusieurs responsables syndicaux dénoncent un dispositif d’indemnisation toujours inadapté. En particulier, l’indice satellitaire utilisé pour évaluer les pertes de prairies demeure vivement contesté.

« Nous sommes remontés contre cet indice satellitaire. Ce système est inopérant », a insisté Jean-Luc Perrin, secrétaire général de la FRSEA Aura, rejoignant les critiques déjà formulées au niveau national par les organisations d’éleveurs.

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Face à cette situation, l’annonce gouvernementale d’un milliard d’euros a été accueillie avec beaucoup de scepticisme. Pour David Chauve, président de la FRSEA Aura, une grande partie des mesures présentées correspond en réalité à des dispositifs déjà existants.

« C’est un milliard d’euros qui nous est dû. Rien d’exceptionnel. Ce sont des mécanismes qui doivent se déclencher dans de telles situations », estime-t-il.

Les représentants professionnels déplorent notamment l’absence de réponses concrètes sur la trésorerie des exploitations, alors que les charges continuent de courir et que la prochaine campagne se prépare dans un contexte extrêmement dégradé. Les reports d’échéances bancaires, les besoins en financement des semences ou des intrants restent aujourd’hui sans réponse.

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Crise agricole : anticiper la gestion d’après

Au-delà de l’urgence, les responsables syndicaux demandent également une véritable reconnaissance des difficultés économiques rencontrées par les producteurs.

« Je n’attends plus rien de l’État, j’attends du prix », a lancé Nicolas Merle, président de la FDSEA de Haute-Loire, résumant le sentiment de nombreux agriculteurs qui attendent aujourd’hui un engagement fort des industriels et de la distribution.

Plusieurs administrateurs ont également dénoncé l’absence d’application effective des lois Égalim et la lenteur des démarches engagées localement pour réunir l’ensemble des maillons des filières.

Pour autant, la FRSEA entend porter un discours qui dépasse le seul cadre des aides d’urgence. Michel Joux, président de la chambre régionale d’agriculture, a appelé à profiter de cette crise pour accélérer les mesures d’adaptation des exploitations. Stockage de l’eau, irrigation, simplification réglementaire ou encore investissements de résilience figurent parmi les priorités évoquées.

« La souveraineté alimentaire est en jeu », a-t-il rappelé.

« Il est urgent que les décrets d'application de la loi d'urgence agricole soient votés. Nous saurons être vigilants », ajoute Jérôme Martin.

À l’issue des échanges, un consensus s’est dégagé : la mobilisation syndicale doit se poursuivre dans les prochains jours pour peser sur les décisions de l’État et exiger des mesures à la hauteur des enjeux. Pour la FRSEA Aura, il ne s’agit plus seulement de gérer une crise ponctuelle, mais bien de préparer l’avenir d’une agriculture confrontée à des épisodes climatiques qui deviennent structurels.

« Si nous ne disons rien aujourd’hui, nous sommes en train de valider la façon dont ces crises seront gérées demain », a conclu David Chauve.

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