Ouverture de la chasse : sangliers, sécheresse et biodiversité au cœur des préoccupations

- - 6 min

À quelques jours de l’ouverture générale de la chasse, la Fédération des chasseurs de la Corrèze a dressé le bilan de l’année cynégétique écoulée et présenté ses principaux dossiers pour la saison à venir. Entre explosion des populations de sangliers, inquiétudes liées aux conséquences de la sécheresse et nouveaux projets en faveur de la biodiversité, les responsables fédéraux ont rappelé le rôle croissant des chasseurs dans la gestion des territoires ruraux.

Une pression toujours plus forte du sanglier

Le dossier sanglier demeure la préoccupation majeure. Avec plus de 8 200 animaux prélevés la saison dernière, la Corrèze a battu pour la troisième année consécutive son record de prélèvements. Malgré cet effort important des chasseurs, les populations continuent de progresser. 

En cinq ans, les prélèvements sont passés de 3 000 à plus de 8 000 sangliers. Cela montre bien l’ampleur du phénomène auquel nous sommes confrontés. »

Selon les responsables de la fédération, l’abondance de nourriture en forêt et l’évolution des conditions climatiques favorisent une reproduction toujours plus importante. Les dégâts agricoles restent conséquents et représentent chaque année entre 200 000 et 400 000 euros d’indemnisation financés par les chasseurs.

A lire aussi : Agriculteurs et chasseurs sur le terrain  pour faire face aux dégâts de sangliers

Dans un contexte où les cultures de maïs ont particulièrement souffert des conditions climatiques de l’été, la pression sur les parcelles encore productives est forte. 

Nous avons tout intérêt à réduire les populations de sangliers. Moins il y a de dégâts, mieux se portent les relations entre chasseurs et agriculteurs », 

lance le secrétaire général, qui appelle donc les sociétés de chasse à maintenir un effort important de prélèvement afin de limiter les dégâts.

Le retour de l’agrainage encadré

Parmi les nouveautés de cette saison figure la réintroduction de l’agrainage dissuasif du sanglier. Interdite depuis plusieurs années, cette pratique sera à nouveau autorisée sous conditions strictes à partir de cet automne.

Objectif : maintenir les animaux dans les secteurs boisés afin de réduire leur présence dans les cultures agricoles. Les sociétés de chasse devront signer un contrat avec la fédération, respecter des périodes précises et se conformer à un cahier des charges particulièrement strict.

Une faune sauvage qui résiste à la sécheresse

Alors que la sécheresse estivale a suscité de nombreuses interrogations, les premiers constats dressés par la fédération se veulent plutôt rassurants. Aucun épisode de mortalité massive n’a été observé sur la faune sauvage corrézienne. 

Contrairement à ce que certains craignaient cet été, nous constatons globalement une bonne reproduction des espèces sauvages. Le lièvre est particulièrement abondant cette année et les populations de sangliers et de cervidés se portent bien. Aujourd’hui, rien ne justifie de remettre en cause l’ouverture de la chasse en Corrèze. Les chasseurs restent toutefois vigilants et feront remonter toutes les observations réalisées sur le terrain »,

 insiste Philippe Redon, secrétaire de la FDC19, faisant référence à une pétition lancée dans le courant de l’été par des militants anti-chasse.

Seul le chevreuil fait l’objet d’une vigilance particulière, les naissances ayant coïncidé avec les fortes chaleurs du printemps. Les chasseurs sont invités à faire remonter toutes leurs observations au cours des prochains mois.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour les responsables fédéraux, la présence des chasseurs sur le terrain constitue également un précieux réseau de surveillance permettant de détecter rapidement d’éventuels problèmes sanitaires ou des impacts liés au changement climatique.

Loups et ratons laveurs sous surveillance

Sur le plateau de Millevaches, la fédération poursuit également son étude sur l’impact du loup. Grâce à un important réseau de pièges photographiques, les techniciens cherchent à mesurer les éventuelles conséquences de la présence du prédateur sur les populations de cerfs, chevreuils et sangliers. À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut être tirée.

Autre sujet émergent : le raton laveur. Cette espèce invasive, déjà bien installée dans plusieurs régions françaises, commence à être observée en Corrèze. La fédération participera prochainement à un programme régional destiné à suivre son expansion et à limiter son développement.

A lire aussi :  Loup en Corrèze : les revendications de la FDSEA et des JA de la Corrèze

Restaurer les mares pour préserver la biodiversité

Au-delà des questions cynégétiques, la fédération poursuit son engagement sur les projets environnementaux. Un vaste programme de restauration des mares sera officiellement lancé le 17 septembre prochain.

L’objectif est de recenser puis restaurer d’anciens points d’eau (de moins de 1 000 m²) aujourd’hui abandonnés ou comblés. Ces aménagements profiteront non seulement au gibier, mais également aux amphibiens, insectes, oiseaux et, plus largement, à l’ensemble de la biodiversité locale. Plusieurs partenaires institutionnels, dont l’Agence de l’eau Adour-Garonne et le Conseil départemental, ont été associés à cette démarche.

Une fédération qui se renforce

Avec près de 8 100 chasseurs, un effectif globalement stable, et plus de 500 structures de chasse adhérentes, la fédération corrézienne résiste mieux que la moyenne nationale.

L’opération « permis à 0 euro », relancée en 2025, continue d’ailleurs de porter ses fruits en attirant des pratiquants plus jeunes et davantage de femmes. 

Les sessions 2026 sont complètes, mais nous avons décidé que tous les candidats inscrits avant le 31 décembre 2026 pourront bénéficier du permis à 0 €, même s’ils passent leur examen lors d’une session organisée en 2027. Nous ne voulons laisser personne au bord du chemin »,

 prévient David Murat, directeur de la structure.

Au sein de la structure, les missions se diversifient et se renforcent. La fédération compte désormais seize salariés, alternants compris, afin de répondre à l’élargissement de ses activités et aux enjeux croissants liés à la gestion de la faune, à l’environnement, aux études scientifiques et à l’accompagnement des territoires ruraux. 

« Les chasseurs corréziens veulent continuer à chasser demain, mais ils veulent aussi comprendre, suivre et gérer la faune sauvage. C’est cette chasse responsable que nous défendons aujourd’hui ».

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires