À l’occasion d’une visite de terrain le 17 septembre en Seine-et-Marne, la CGB (syndicat des betteraviers français) a fait un état des lieux « des conséquences dramatiques de la sécheresse et de la canicule » sur la betterave sucrière. Elle demande des mesures d’aide à la hauteur des préjudices aux pouvoirs publics et aux professionnels du secteur.
La CGB, syndicat des betteraviers français, est montée au créneau le 17 septembre en organisant une visite de parcelle de betteraves sinistrées en Seine-et-Marne à Bray-sur-Seine, en présence des médias, du préfet et d’agriculteurs locaux. C’était l’occasion de constater sur le terrain l’impact de la sécheresse et de la canicule. « La betterave a dû fonctionner en mode survie tout l’été, mais dans plusieurs parcelles, elle n’y parvient plus. Ce que nous constatons aujourd’hui est extrêmement préoccupant, d’autant que la pluie n’est toujours pas annoncée, a témoigné Cyrille Milard, planteur en Seine-et-Marne et président de CGB Île-de-France. Localement, les pertes de rendement atteignent 70 %. Encore plus grave, des planteurs vont tout perdre car des milliers d’hectares ne seront pas récoltés. »
Le Bassin parisien, le Centre et l’Alsace particulièrement touchés
Dans toutes les régions betteravières, les effets de la sécheresse et de la chaleur ont été marquants, mais davantage dans des secteurs tels que l’Aube, l’Yonne, la Champagne, l’Île-de-France, l’Oise, le Centre-Val de Loire, l’Alsace et l’Eure, communique la CGB. La sécheresse a généré des dessèchements du feuillage de la betterave, des disparitions de couronnes de feuilles, un développement perturbé des racines. Des ravageurs et pathogènes se sont développés comme jamais sur les plantes affaiblies : Rhizopus, charançon Lixus, teigne…
Le charançon Lixus touche jusqu’à 100 % des betteraves localement
Ces parasites touchent plusieurs dizaines de pourcents de betteraves dans certains secteurs. Pour prendre l’un d’eux, les larves de charançon sont particulièrement préjudiciables selon les observations compilées par l’ITB dans les régions (Tour de plaine publié le 10 septembre) : jusqu’à 90 % de betteraves présentant des galeries dans la racine sur certaines parcelles de l’Eure, des galeries observées dans 62 % des parcelles suivies en Champagne, 11 parcelles sur 12 avec des symptômes en Île-de-France avec parfois 100 % des betteraves touchées. La teigne et le Rhizopus surtout ne sont pas moins préjudiciables.
Une estimation de perte de production betteravière de 30 % par rapport à 2025
Quel va être l’impact global sur la production ? Pour ne prendre que l’exemple du charançon, des sucreries pourraient refuser de récolter les parcelles dont plus de 20 % des racines de betterave montrent des galeries, craint-on sur le terrain. Des milliers d’hectares ne seront pas récoltés, avec un impact économique pour les agriculteurs, les sucreries, les ETA chargées des arrachages… Le ministère de l’Agriculture (service statistique Agreste) prévoyait début septembre « une production de betterave au plus bas depuis 1980 avec une récolte attendue à 26,4 millions de tonnes (Mt), en baisse de 29 % par rapport à 2025 sous l’effet d’une diminution de surface (- 6 %) et de rendement estimé à 68,2 t/ha (- 24 % par rapport à 2025). » Ce rendement est le plus faible enregistré après ceux de 2020 (sécheresse et jaunisse) et 2001 (excès de pluie).
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Une perte économique d’1 milliard d’euros pour la filière betteravière
La CGB évoque également une perte de 30 % de la production nationale qu’elle chiffre en valeur à environ 1 milliard d’euros pour l’ensemble de la filière de la betterave sucrière. Le 18 septembre, dans un communiqué, le syndicat demandait « des réponses à la hauteur de cette situation exceptionnelle », à savoir une récolte et une réception du maximum de betteraves par tous les moyens par les groupes sucriers, une indemnisation juste et rapide, par les assureurs, des betteraviers ayant souscrit une assurance climatique, un plan de sauvegarde pour les planteurs de betteraves afin de préserver les trésoreries mais aussi une politique ambitieuse d’accès à l’eau et un renforcement des solutions phytosanitaires de la part de l’État.
Une campagne de récolte des betteraves raccourcie à cent jours
La campagne de récolte démarre doucement avec des sols secs qui compliquent les arrachages. Elle sera raccourcie à cent jours pour les deux coopératives Tereos et Cristal Union, contre 130 jours en 2025.
Des estimations de rendements de betteraves variables selon les régions